vers la mort sociale, quand vous quitter ne suffit pas

Joe 11
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vers la mort sociale, quand vous quitter ne suffit pas

Message par Joe 11 »

Bonjour Andy,
Ça fait un bien fou de te lire, un message plein d'espoir pour ceux qui sont encore dans la tourmente.
Le détachement et le recul dont tu fais preuve au bout d'un an, me laissent admirative et même un peu envieuse...
Merci beaucoup ça met du baume au cœur..
Bonne contination sur ton nouveau chemin
Il faut savoir quitter la table, quand le respect n'est plus servi
H_D_Car
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Message par H_D_Car »

Salut Andy,

Je suis content du chemin que t'as parcouru, en 1 an voire moins si on suit ton périple étape par étape.

On voit que t'as fait un bon travail d'introspection (qui continue), que dans ton malheur t'as choisi la voie de l'amélioration et non celle de la détérioration.
Et quelque part, t'as eu "la chance" d'avoir eu une femme assez claire dans ses actes pour que, passée l'émotion, tu puisses avoir une prise de compte "nette" pour ne plus avoir de regrets (les si , les mais...). Un plus gros mal pour un retour à la normale à sens unique.

Fais juste attention à ne pas avoir le cerveau qui carbure à longueur de temps, j'en fais les frais (j'ai toujours été comme ça dès l'adolescence) ca m'a toujours aidé à anticiper, à ne pas me faire berner, à avoir une intelligence qui aide dans le milieu pro et qui plait en société (surtout en couple), mais ca pompe beaucoup d'énergie, surtout dans les contextes qu'on a connus (chacun à des degrés différents).

En tout cas je suis content pour toi cher Andy :4:
MissPollock
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Message par MissPollock »

Cher Andy,

Quand je lis ton histoire avec PN, la rupture, ton parcours depuis, ta prise de conscience et ton changement (c'est toi qui donnait pour ne pas être quitté... et désormais, tu t'écoute :) ), j'ai franchement l'impression que c'est la même histoire que moi... au masculin

Ravie de voir que tu as, toi aussi bien avancé ;)
Quand tu t’es battue si dur pour te remettre debout, ne retourne jamais vers ceux qui t’ont mise à terre
H_D_Car
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Message par H_D_Car »

*une prise de conscience.


C'est dommage qu'on puisse pas corriger nos interventions après validation! Sur mon sujet, je me rends compte que les posts longs (par passage) sont illisibles ou hachés à cause des reliquats de reformulation, de la perte du fil si on fait des pauses, du manque de concordance des temps...
Mais bon :D
Lapsus
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Message par Lapsus »

Ce que j'en retiens, c'est que c'est toujours la faute à Lapsus!

:122:

Ma réponse sera sans appel, espèce de :61:

À part ça, belle remontée dans ton estime de toi, avec un nouveau regard sur toi et sur le monde!
C'est super!

:3:
On a deux vies, et la deuxième commence quand on se rend compte qu’on n'en a qu’une.
Confucius

11294e jour de contact (recalculé, mais toujours à peu près :lol: )
Andouille81
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Message par Andouille81 »

H_D_Car a écrit :Salut Andy,


Fais juste attention à ne pas avoir le cerveau qui carbure à longueur de temps, j'en fais les frais (j'ai toujours été comme ça dès l'adolescence) ca m'a toujours aidé à anticiper, à ne pas me faire berner, à avoir une intelligence qui aide dans le milieu pro et qui plait en société (surtout en couple), mais ca pompe beaucoup d'énergie, surtout dans les contextes qu'on a connus (chacun à des degrés différents).
Exactement.

Pas tellement que comme tout PN elle n'est tenté de se "masquer" tout en changeant de "posture" d'un moment sur l'autre... mais l'avantage avec mon spécimen c'est qu'elle a cumulé tellement de choses (j'ai parfois l'impression d'avoir eu le "catalogue") qu'au final avec le recul il n'y a aucun doute à avoir quant à ce qu'elle est. Malheureusement même ainsi sur le moment j'étais sous emprise mais à posteriori ça facilite l'analyse.

J'ai oublié une chose dans mon message... pendant longtemps durant l'année j'ai eu une "peur" que je n'osais trop aborder même ici mais qu'on doit être nombreux à avoir. Je doutais de ma propre force face à elle, j'étais persuadé que si elle redébarquait dans ma vie elle me récupérerait en claquant des doigts car j'aurai été incapable de lui faire face.

Et à un moment j'ai eu une prise de conscience, lui résister j'en étais capable, je l'avais déjà fait... un mois après la rupture en refusant de revenir... et pourtant j'étais "bas" à ce moment là. Mais ce moment de "gloire" je l'avais oublié, du moins pas pesé à sa juste valeur, dans le maestrome qui avait suivi.

Bref, on en est tous capable.

Merci à tous pour vos encouragements, on a tous partagé le même banc de rame sur cette galère et je sais que vous comprennez quand je vous parle.

C'est énorme ;)
Andouille81
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Message par Andouille81 »

Salut les Louloups partant pour un petit état des lieux post-confinement de la vie d'Andy ? :twisted:

La dernière fois que j'ai fait un "point" c'était début mars, j'avais un moral du feu de Dieu... un nouveau job, je m'amusais à fond au sport et j'étais reparti à draguer comme à 20 ans (donc mal mais avec obstination :lol: )

Boum... je ne vous apprend rien mais Covid pour tout le monde.

Du coup:
-Boulot perdu, bah oui le job c'était d'organiser des visites scolaires dans un lieu accueillant du public...fermé depuis le 12 mars et pas prêt de ré-ouvrir donc contrat d'essai non prolongé forcément.

-Mes 2 heures de sport en salle par jour... bah disons que je fais ça dans le salon depuis le 15 mars.

-Les filles, la drague... no comment :lol: . Dur... bon j'adore les filles, je n'y peux rien... mais j'aime surtout parler aux gens en fait (mais bon de préférence des filles :lol: ) et clairement là je suis en manque de social.

Autre effet kisskool, faute d'argent etc...depuis PN je suis retourné vivre chez mes parents. Avec mon nouveau taff j'avais sérieusement préparé mon départ...raté :4: . D... donc coincé 2 mois sans pouvoir sortir avec mes parents de 70 ans. Heureusement qu'on s'entend bien mais pas facile certains jours.

Allez un dernier... fin mars j'ai passé 3 semaines avec une crève carabinée... mon docteur m'a dit : "grippe ou Covid mais on ne peut pas vous tester..."

Bref je vous apprend rien, aucun de nous n'a vécu une période facile. Pour autant, je suis plutôt de bonne humeur, ça va bien.

Ca a été une période propice à l'introspection. J'avoue avoir sourie en pensant au karma... l'année dernière mars-avril-mai c'était pile le moment de la fin avec PN et tout ce que j'ai déjà longuement raconté. Mars-avril chez Andy c'est pas fête...

Même en allant bien mieux, intérieurement je me préparais à faire "feu de tout bois" durant les mois qui viennent de passer. A m'occuper l'esprit encore plus que d'habitude histoire de ne prendre aucun risque et d'éviter tout moment de "bad"... les circonstances on fait que non.

Coincé à la maison, sans grand chose à faire, pile à cette période, difficile de ne pas y repenser du tout.

Très vite mes pensées ont glissé de PN à ma vie amoureuse en générale de ces 25 dernières années...de mes 15 ans à aujourd'hui. J'ai pensé aux femmes qui ont partagé ma vie... à 3 en particulier avec qui ça a duré des années.

La conclusion c'est que je ne regrettais d'avoir vécu aucune de ces histoires. Aujourd'hui quand j'y pense j'ai les bons moments qui me reviennent comme autant de petits trésors... la première fois que je vois qu'elle me regarde, un premier tour en voiture avec l'une juste après le permis de conduire, j'en vois une à Venise qui tente de prendre les pigeons en photo, une qui m'annonce qu'on va avoir un bébé...

Je ne suis pas dupe, je sais qu'il y a aussi des mauvais souvenirs, sinon aucune de ces histoires ne se serait fini... mais je ne regrette rien. Je me rend compte que même dans les pires moments de colère ou de tristesse je n'en ai jamais vraiment voulu à aucune de ces femmes et qu'aujourd'hui je ne leur souhaite que du bien. Je suis content quand j'ai encore des nouvelles...

La vie amoureuse de"môssieur tout le monde" comme tout le reste... avant je trouvais ça sans relief, anecdotique, je ne voyais que les "erreurs"... aujourd'hui je m'en fous, c'est la mienne et je regrette rien.

Bien sûr il faut bien réussir à caser le paradoxe PN dedans... celle que j'ai pensé le plus aimer, le plus vite, sans aucun doute... et le bordel que ça a été. La seule qui n'avait que l'amour à la bouche et qui m'en a donné le moins. J'y reviens pas, j'en ai parlé en long et en large, l'opinion est faite.

Mais au final, je sens que le moment approche où je n'aurai même plus envie de renier cette histoire dans mon "paysage amoureux". De mon côté, comme déjà dit, je suis au clair, je les aimais sans aucun doute, peut être même plus que les autres et j'ai fait de mon mieux ... les 2 ans avec elle font aussi parti de l'histoire même si je n'arriverai probablement jamais à invoquer de "bons souvenirs" sur commande comme je peux le faire pour les autres.

Je suis encore là pour en parler... et surtout encore là pour guetter la prochaine ;)
Mia13
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Message par Mia13 »

Andouille81 a écrit :Salut les Louloups partant pour un petit état des lieux post-confinement de la vie d'Andy ? :twisted:

La dernière fois que j'ai fait un "point" c'était début mars, j'avais un moral du feu de Dieu... un nouveau job, je m'amusais à fond au sport et j'étais reparti à draguer comme à 20 ans (donc mal mais avec obstination :lol: )

Boum... je ne vous apprend rien mais Covid pour tout le monde.

Du coup:
-Boulot perdu, bah oui le job c'était d'organiser des visites scolaires dans un lieu accueillant du public...fermé depuis le 12 mars et pas prêt de ré-ouvrir donc contrat d'essai non prolongé forcément.

-Mes 2 heures de sport en salle par jour... bah disons que je fais ça dans le salon depuis le 15 mars.

-Les filles, la drague... no comment :lol: . Dur... bon j'adore les filles, je n'y peux rien... mais j'aime surtout parler aux gens en fait (mais bon de préférence des filles :lol: ) et clairement là je suis en manque de social.

Autre effet kisskool, faute d'argent etc...depuis PN je suis retourné vivre chez mes parents. Avec mon nouveau taff j'avais sérieusement préparé mon départ...raté :4: . D... donc coincé 2 mois sans pouvoir sortir avec mes parents de 70 ans. Heureusement qu'on s'entend bien mais pas facile certains jours.

Allez un dernier... fin mars j'ai passé 3 semaines avec une crève carabinée... mon docteur m'a dit : "grippe ou Covid mais on ne peut pas vous tester..."

Bref je vous apprend rien, aucun de nous n'a vécu une période facile. Pour autant, je suis plutôt de bonne humeur, ça va bien.

Ca a été une période propice à l'introspection. J'avoue avoir sourie en pensant au karma... l'année dernière mars-avril-mai c'était pile le moment de la fin avec PN et tout ce que j'ai déjà longuement raconté. Mars-avril chez Andy c'est pas fête...

Même en allant bien mieux, intérieurement je me préparais à faire "feu de tout bois" durant les mois qui viennent de passer. A m'occuper l'esprit encore plus que d'habitude histoire de ne prendre aucun risque et d'éviter tout moment de "bad"... les circonstances on fait que non.

Coincé à la maison, sans grand chose à faire, pile à cette période, difficile de ne pas y repenser du tout.

Très vite mes pensées ont glissé de PN à ma vie amoureuse en générale de ces 25 dernières années...de mes 15 ans à aujourd'hui. J'ai pensé aux femmes qui ont partagé ma vie... à 3 en particulier avec qui ça a duré des années.

La conclusion c'est que je ne regrettais d'avoir vécu aucune de ces histoires. Aujourd'hui quand j'y pense j'ai les bons moments qui me reviennent comme autant de petits trésors... la première fois que je vois qu'elle me regarde, un premier tour en voiture avec l'une juste après le permis de conduire, j'en vois une à Venise qui tente de prendre les pigeons en photo, une qui m'annonce qu'on va avoir un bébé...

Je ne suis pas dupe, je sais qu'il y a aussi des mauvais souvenirs, sinon aucune de ces histoires ne se serait fini... mais je ne regrette rien. Je me rend compte que même dans les pires moments de colère ou de tristesse je n'en ai jamais vraiment voulu à aucune de ces femmes et qu'aujourd'hui je ne leur souhaite que du bien. Je suis content quand j'ai encore des nouvelles...

La vie amoureuse de"môssieur tout le monde" comme tout le reste... avant je trouvais ça sans relief, anecdotique, je ne voyais que les "erreurs"... aujourd'hui je m'en fous, c'est la mienne et je regrette rien.

Bien sûr il faut bien réussir à caser le paradoxe PN dedans... celle que j'ai pensé le plus aimer, le plus vite, sans aucun doute... et le bordel que ça a été. La seule qui n'avait que l'amour à la bouche et qui m'en a donné le moins. J'y reviens pas, j'en ai parlé en long et en large, l'opinion est faite.

Mais au final, je sens que le moment approche où je n'aurai même plus envie de renier cette histoire dans mon "paysage amoureux". De mon côté, comme déjà dit, je suis au clair, je les aimais sans aucun doute, peut être même plus que les autres et j'ai fait de mon mieux ... les 2 ans avec elle font aussi parti de l'histoire même si je n'arriverai probablement jamais à invoquer de "bons souvenirs" sur commande comme je peux le faire pour les autres.

Je suis encore là pour en parler... et surtout encore là pour guetter la prochaine ;)
MM si pas parfait ton bilan est plutôt bien andy tu est libre de penser d'agir comme tu veut et tu peu pisser mtn dans les WC sans déranger personne
Moi de mon avis extérieur je trouve que tu t'es plutôt bien relever
Le boulot sa va revenir et les filles aussi
Courage à toi andy et à toute les personne de forum
ce qui t'attend et bien plus merveilleux que ce qui est derrière toi

Donne de l'importance à une cacahuète elle se prendra pour un M&MS
Andouille81
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Re: vers la mort sociale, quand vous quitter ne suffit pas

Message par Andouille81 »

Salut les enfants, aujourd'hui sur ce fil je viens vous partager mes réflexions sur un sujet qui me trotte dans la tête depuis longtemps maintenant, la problématique PN y aura une place mais pas primordiale, voyez ça comme un travail sur soi-même ;) .

Si un jour j'écris mes mémoires ce chapitre s'intitulera "Quant à la Violence".

Pour ceux ont suivi mon histoire il ne vous aura pas échappé, au détour de mes propos, que l'un des stigmates les plus prégnant que j'ai retiré de mon histoire avec ma PN est au sujet des violences physiques qu'elle me faisait subir. J'en ai rapporté certains au fil de mes interventions et il paraît clair à la relecture, même pour moi que c'est vraiment l'un des éléments les plus marquant de mon histoire... une calamité parmi tant d'autres dans cette aventure, mais une des plus durable. L'une des choses avec laquelle il m'a été le plus difficile vivre, pendant mais aussi après.

La violence a toujours été plus ou moins présente dans mon existence et je pensais y avoir développé une résilience au dessus de la moyenne. Il ne s'agit pas ici de me présenter comme un "guerrier invincible", vivant hommage aux films d'action des années 80, ou comme un mâle alpha dur à cuir... non juste d'établir le fait que j'ai souvent était en présence de la violence physique.

Dans le milieu familiale d'abord... ma famille est assez exhaustive niveau composition, allant du "grand bourgeois" local (type chirurgien) au "zônard" arrondissant ses fins de mois en donnant dans le braquage à la roulotte, certains vivants comme des moines tandis que d'autres s'adonnent à tous les vices. J'ai vraiment de tout dans mon cercle familiale élargie... et forcément des violents (pas toujours ceux qu'on croit).

Dans le noyau familiale du foyer de mon enfance (moi et mes parents) ? Un foyer moyen/bas. L'essentiel dans le quotidien, mais pas beaucoup plus... heureusement pas de "violence", pas de mère battue, d'alcoolisme, d'inceste... néanmoins une "éducation à l'ancienne", mes parents n'ayant pas l'habitude d'utiliser 10 mots là où une paire de claque suffisait... si je n'agissais pas correctement d'abord j'en prenais une ensuite éventuellement on m'expliquait. Pour autant je ne me suis jamais considéré comme un enfant battu, c'était rude oui, mais sous un certain angle jamais "gratuit" ni disproportionné... même si je conçois que beaucoup pourront trouver à redire sur la méthode d'éducation et que je ne l'ai pas reproduit une fois père moi-même.

J'évoque cela uniquement pour préciser que "physiquement" je savais très tôt ce que c'était que de prendre un coup, pas toujours justifié et qu'assez vite j'ai relativiser l'impact de ce genre de chose.

Arrivé à la préadolescence j'ai vraiment connu la violence physique quotidienne. Je vivais dans un quartier très glauque (visualisait barres d'HLM et autres) cumulant tous les classiques du genre (bandes, drogues,...) et j'ai fait ma scolarité dans des établissements scolaires très malfamés.

Rentrer pieds nus à 12 ans parce qu'on m'a racketté mes baskets ou me faire tabassé gratuitement à un arrêt de bus, j'ai connu plusieurs fois. Très vite je me suis retrouvé devant le choix classique dans ce genre de quartier, rester une victime et subir ou intégrer "une meute"... comment j'ai fait ce choix ? Aucune idée, ça s'est fait, c'est tout et je me suis retrouvé à courir avec les loups.

Jusqu'à la vingtaine je suis devenu un vrai petit voyou, les bagarres, les petits larcins, petits trafics, les incivilités... rien d'exceptionnel et encore moi de glorieux, un parmi tant d'autres. La violence physique à un degrés plus ou moins importants était le quotidien, comme on dit sur internet "la violence n'est pas une solution, c'est la solution ;) ". C'était vrai... quasiment tout passer par un usage plus ou moins important de cette dernière, même dans les rapports quotidiens entre amis.

Aucune volonté ici de me glorifié ou de "passer pour un dur". Dans ma quotidien je n'étais pas plus dur qu'un autre, en y réfléchissant j'ai même dû recevoir plus de coups qu'en donner... mais je tenais ma place.

Quand je parlais "de meute" au-delà de l'image, j'avais déjà conscience à l'époque que tout fonctionner bel et bien ainsi dans ma vie, même dans "la bande", les "alphas" s'imposant aux autres par coups et intimidation. Moi dans tout ça ? Dans la "bonne moyenne". J'étais l'un des plus calme avec le recul, un beau petit salopard mais un des plus "raisonnable", j'avais conscience que c'était une manière de vivre qui n'était pas normale pour tout le monde.

Pourquoi ? C'est la que mon speech sur mon éducation prend un peu son sens... inutile de vouloir jouer au "caïd" à la maison, j'avais beaucoup trop peur de mon père. Surtout, ça m'a obligé à poursuivre une scolarité "normale" en parallèle de ma vie dans le quartier. Pour résumer, j'étais le genre d'ado à voler des autoradios mais qui rendait ses dissertations en temps et en heure.

C'est comme ça que je me suis retrouvé à quitter ma zone pour aller faire de études et que je suis rentré dans le "monde normale" et j'ai mis un peu de temps pour m'adapter. Alors que je me considérais comme un calme et un cérébral par rapport à mon milieu, je me suis rendu compte que pour les autres j'étais une brute, un "sauvage"... mon rapport à la violence était disproportionné.

Les gens me racontaient leurs "embrouilles" dans les bars, quand ils s'étaient bousculés avec un gars et "regardé méchamment" où qu'il était à "2 doigts de se battre" en voiture... et moi je les regardais les yeux ahuri en leur expliquant que "c'était pas violent ça... une bagarre c'est quand tout y passe... à coup de tabouret, de cendrier et que tu pars en courant avant que la BAC arrive". Paradoxe, dans ma rue on me trouvait "trop calme", dans le monde "normal", je passais pour un fauve. Mais dans l'ensemble je m'assagissais peu à peu en vivant avec des gens "normaux".

En parallèle quand je rentrais dans mon quartier je reprenais mes habitudes avec "les potes" passant mon temps dans les milieux nyctalopes et les cours d'immeuble...

Au bout d'u moment j'ai fini par m'assagir de plus en plus, j'ai "rencontré une nana", poursuivi mes études, fait des projets... j'avais même trouvé des petits jobs de sécu dans des bars, ça "cartonnait" de temps en temps mais c'était presque relaxant par rapport à avant... le temps a fait son oeuvre, ma "nana" avec qui j'allais avoir des enfants m'a dit qu'elle ne voulait plus "de bagarres avec des inconnus, plus d'embrouilles pour rien" dans notre vie etc, etc... j'ai eu mes enfants j'ai décidé de ne pas les éduquer comme je l'avais été... je suis devenu un "papa", le gars qui baisse les yeux quand on l'emmerde dans une file ou qui ne s'énerve même pas quand on sifflait sa femme dans la rue... plus d'embrouilles.

Pourtant j'avais toujours "un fond"...c'était toujours là au fond de moi quand on me marchait dessus, je baissais les yeux alors même que dans ma tête la petite voix me disait "allez éclate ce con, ça sera facile". Mais c'était sous cloche, je tenais la bride court... je ne voulais pas me battre avec "monsieur tout le monde" pour une histoire de feu rouge parce que je savais que si je descendais de ma bagnole je ne me contenterai pas de "faire les gros yeux". J'étais même plus "passif" que la moyenne, frisant la lâcheté, pas tant effrayé par la violence que par ses conséquences. Même sans être particulièrement doué, on apprend des trucs avec le temps et on prend de "mauvais" réflexes... si j'en viens aux mains avec quelqu'un je ne gonfle pas le torse en battant des bras, je tape le plus fort possible en visant là où ça fera le plus mal possible.

Tout ce passif un peu long pour expliquer où j'en étais dans la vie quand PN y a déboulé comme dans un jeu de quille mais surtout pour dire que la vie a fait que j'ai développé une forme de tolérance à la violence physique à force de la voir, deux poivrots qui se cognent dans la rue ne m'émeuvent pas, un gars qui m'agresse verbalement me sort de la tête au bout de 10 minutes,... la plupart des "violences" que les gens me racontent avoir vécu n'en seraient pas pour moi. Pire avec le temps je me suis rendu compte que je la tolérais sans trop de problèmes à mon encontre alors que je n'en exerçais plus du tout contre les autres.

Et PN est arrivée décelant chez le gars rangé que j'étais les braises du "petit voyou".

Comme je les déjà racontais ici, son kiff était que ses mecs se battent pour elle... elles déclenchaient des "embrouilles" pour tout et n'importe quoi, en sortie, au volant et comptait sur son mec pour aller "donner du coup de poing". L'autre méthode était d'allumer tout ce qui bouge ou de se laisser draguer sous les yeux de son mec jusqu'à ce que ça dégénère. Ses ex y ont eu droit tout comme moi. Je pense qu'elle n'éprouvait jamais autant de plaisir que lorsque on se battait physiquement pour elle, son mec s'imposant comme un "alpha" et elle jouissant d'avoir tout contrôle sur cette "force".

Mais ça, il fallait l'avoir pratiqué pendant un certain temps pour l'avoir compris... moi au début j'étais juste ébahi. Quelqu'un trouvait un avantage à une partie de moi répréhensible que je taisais depuis des années, en plus c'était toujours pour la "bonne cause", défendre la femme que j'aimais. C'est comme que j'ai recommencé à me battre de temps en temps... pourtant je n'étais plus la racaille de mes 18 ans. Très vite je me suis rendu compte que ce n'était pas normal, ça faisait longtemps que je savais qu'un samedi soir réussi ne se terminait pas par une baston.

Dans le même style elle m'encourageait à raconter mes "histoire d'anciens combattants" à la cantonade, se rengorgeant du "sensationnel" que ça engendrait... en parallèle ça contribuait à me forger auprès de notre entourage une image de "mec violent", l'idée sous-jacente "voyou un jour, voyou toujours"... image qui me collerait à la peau le jour où elle voudrait que je disparaisse.

Surtout alors qu'elle s'efforçait de faire ressortir mes mauvais réflexes en publique, dans notre quotidien elle entendait profité du "mec calme" que j'étais devenu. Ainsi quand elle a commencé à me frapper c'est sur cette aspect "soumis" de ma personne qu'elle comptait.

Mon à priori sur la violence a joué à fond quant aux coups qu'elle me donnait... les coups physiques ne me tracassaient pas, ils n'avaient pas d'impacte sur la durée. J'en avais déjà pris plus que mon lot, je ne craignais pas grand chose de cette nana de 50kg, j'avais mangeais bien pire. Du coup les premières fois je n'y ai pas accordé l'importance que j'aurai dû, ce n'était pas important, ni extraordinaire... paradoxe, je la plaignais même un peu, je savais ce que c'était d lutter contre l'envie de cogner la personne en face et "la pauvre n'avait pas pu se contrôler" elle devait s'en vouloir. C'est le côté symbolique qui m'a impacté quand j'ai compris que ça devenait une habitude. Toute ma vie d'adulte j'avais fait l'effort de juguler ma violence personnelle au maximum, pour les gens qui m'entouraient... et j'étais coincé avec elle sous mon propre toit victime de la personne que j'aimais.

Pourtant l'impact psychologique que ses coups engendraient à la longue n'était pas suffisant pour elle. Du fait que ses coups n'aient pas le résultat physique espéré, on est passé d'excès de rage convulsifs à des assauts pensés pour faire le plus de dommage possible, quasiment une démarche tactique de l'affrontement. Puisque les gifles ne me faisaient ni chaud ni froid, autant prendre des objets pour me frapper avec, des assiettes, son téléphone, tout et n'importe quoi... faire semblant de se calmer pour me foncer dessus et me faucher les jambes avant de me savater, attendre que je m'endorme pour se lever soudainement et me frapper de toutes ses forces (et prétexter un cauchemar), si je bloquais ses bras elle me mordait, visait les burnes... pire je l'ai vu utiliser des techniques que je n'avais pas vu dans les pires rades comme viser les yeux avec ses doigts ou me mettre des manchettes dans la gorge... il m'est arrivé de finir avec des plais ouvertes, de boiter ou d'avoir les oreilles qui bourdonnent pendant plusieurs jour.

Ma "tolérance" à la violence se retournait contre moi, j'étais capable d'endurer plus donc j'allais "manger plus".

Et pendant ce temps là, ma violence personnelle, longuement jugulée ne faisait qu'enfler au fond de moi. D'un côté elle me faisait la relâcher contre autrui dès qu'elle le pouvait et de l'autre elle l'attisait et la faisait monter comme dans une cocotte minute. Aujourd'hui je pense sincèrement qu'une des raisons inconsciente qui m'a fait la quitter et que j'avais confiance qu'à un moment ou un autre j'allais exploser et me retourner contre elle... un truc qui aurait fini de démolir ma vie. Quelque part ça a été un "sauve qui peut".

Mais ce n'était pas fini pour autant, elle avait redonné une place à la violence physique dans ma vie et ça allait perduré même hors sa présence. Son père et son frère m'ont menacé de venir "me casser la gueule", nos connaissances me tournaient le dos ou jouaient les "singes volants", elle prétendait que je l'avais frappé... et moi au milieu de ça je fluctuais entre moment d'abattement extrême et rage froide ou je n'attendais que l'occasion de me déchainer.

Même en "émergeant" peu à peu, la colère envers tout et tout le monde a perduré longtemps... j'étais hargneux et je cherchais les occasions. Je m'embrouillais avec les gens pour le moindre manque de respect, n'importe où... heureusement personne n'a relevé le gant durant cette période, les gens sont plus civilisés qu'on ne croit au final (ou j'ai vraiment l'air patibulaire :lol: ). Surtout j'ai compris que devenir un sale con aveugle, c'était donner raison aux autres mais aussi qu'il était hors de question que je redevienne le gars gentil avec tout le monde.

Aujourd'hui je pense avoir atteint un "juste milieu" qui me satisfait. Dans ma jeunesse la moindre broutille était sujet à "violence" puis par la suite je me suis forcé à tout accepter au motif d'être "quelqu'une de bien", mais ce n'était pas "moi", ça s'entassait à l'intérieur à n'attendait que l'occasion de sortir, ce que PN a favorisé. La plupart du temps je suis gentil et serviable, comme avant PN, parce que ça me vient naturellement... mais je ne me force plus à rester calme coûte que coûte. Je ne module plus mon ton ou mes propos au motif de ne pas heurter, le gars qui me grille une priorité a plutôt intérêt à me faire un signe d'excuse de la main plutôt qu'un doigt une fois bloqué à côté de moi au feu suivant.

Au final le "petit voyou" ou "le gars raisonnable et lâche" ont été 2 rôles que je me suis forcé à jouer pour être ce que les gens attendaient de moi durant des périodes de ma vie et je n'étais bien dans aucun des rôles. PN l'avait à moitié compris, mais pensait que je pouvais endosser les 2 positions à l'envie selon les moments et ses besoins, ce qui était impossible à réaliser et surtout pas souhaitable pour moi, me mettant en contradiction avec moi-même d'un instant sur l'autre.

Le vrai moi se situe quelque part entre les 2 et j'ai arrêté de le cacher... je pense comprendre un peu mieux aujourd'hui pourquoi les violences de PN m'ont marqué plus que tout le reste. Ses violences me mettaient devant un choix impossible entre 2 parties de moi qui s'excluaient mutuellement celle qui m'interdisait de lui rendre la réciproque et celle qui l'aurait éparpillé façon puzzle au premier geste... au final les coups continuaient et moi je m'autodétruisais à l'intérieur, j'étais en guerre avec moi-même.

Seul, je me suis réconcilié.
armando
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Re: vers la mort sociale, quand vous quitter ne suffit pas

Message par armando »

Bravo Andouile41..... il n'y a pas de lâcheté dans le refus de la violence que peut avoir un père avec des responsabilités. Mon petit doigt me dit que si on avait touché à tes enfants, et si la violence avait été le dernier recours, tu n'aurais pas hésité. Mise à part ça, on comprend mieux pourquoi tu a "accepté " la violence de la PN . Franchement, on te sent beaucoup plus fort intérieurement....
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