Peut on protéger ses enfants en quittant un PN ?

Artifice3
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Peut on protéger ses enfants en quittant un PN ?

Messagepar Artifice3 » 18 Oct 2018, 16:30

Je vous propose une réflexion sur les PN et les conseils qui en grande majorité sont systématiquement les mêmes :
Il faut s’eloigner du PN dès qu'on peut, le quitter est encore mieux, même quand il y a des enfants.
L’argument est de dire que l’influence du PN est tellement néfaste que pour la « survie » à tous points de vue de la victime il vaut mieux qu’elle s’éloigne.

Donc je suis ok avec tout ça sur le principe général. Par contre je trouve contradictoire qu’on dise que même avec des enfants il faille partir pour les protéger. Sauf qu’en partant on est obligée d’entrer dans une procédure pour la garde des enfants et que celle ci peut facilement aboutir au partage de la garde. En effet dans le même temps il est aussi dit que les juges n’apprecient pas forcément le qualificatif de PN et ils réclament surtout des actes et des faits démontrables (ce qui est compréhensible mais difficile à exposer).
Du coup ce qui se passe quand on veut se séparer d’un PN et qu’on a des enfants (ce qui est mon cas, j’en ai parlé sur un autre fil de discussion) car on veut les protéger d’une athmosphere toxique, c’est qu’au final il y ait une garde partagée et l’influence du PN pourra s’exercer sans contrainte sur les enfants quand il en aura la garde.
Alors que lorsqu'on est en couple on peut s’assurer que les enfants ne soient pas attaqués d’une manière ou d’une autre par le PN.
C’est le premier point qui m’etonne dans les conseils donnés généralement.

Le deuxième c’est que lorsque le PN voit que sa victime lui échappe, ce qui peut être le cas quand on part ou bien même quand on reste mais qu’on ne donne plus de prise au PN. Dans ce cas il apparaît qu’il va chercher une autre victime et cela peut être les enfants, d’autant qu’ils sont en première ligne pour avoir ce rôle. Du coup c’est double peine en cas de séparation : le PN aura non seulement le loisir d’agir à sa guise une fois la conjointe partie et la garde partagée acquise, mais en plus il y a de fortes chances que sa névrose trouve les enfants comme cibles, en remplacement de la maman !

Ça pose une autre perspective au problème ne trouvez vous pas ? Évidemment je ne parle pas des cas où le PN a des comportements violents dangereux parce que dans ce cas il y a une question de protection physique urgente a mettre en place. Je parle du cas où le PN est bien identifié mais qu’il n’agit pas (encore ?) de manière dangereuse d’un point de vue physique.

Par ailleurs un autre point m’interpelle : une fois qu’on a compris qu’on est avec un PN, on apprend à gérer le cas et les situations, on se distancie comme on le conseil de sorte à ne plus être la victime du PN. Mais je me dis que du coup le PN ne va plus être « rassasié » de nous faire du mal et va donc chercher une autre victime à proximité. Et encore une fois les enfants sont en première ligne. Du coup et là encore pour les épargner et pour neutraliser l’impact du PN, ne peut on pas feindre d’être toujours la victime ? Par exemple en jouant la comédie d’avoir l’air touché par ses remarques.
Ainsi on protège tout le monde au prix d’un moindre effort quotidien. Le PN croit qu’il a sa victime et laisse les enfants tranquilles et la victime d’origine peut continuer à protéger ses enfants du PN.
C’est un peu ce que j’en pensais faire dès lors que je me suis dit hier soir, après avoir visionné des vidéos sur les PN, que va faire mon PN une fois qu’il aura compris que je ne suis plus sa victime ? Et là mon sang n’a fait qu’un tour : mes enfants !

Qu’en pensez vous ? Est-ce que vous même c’est quelque chose à laquelle vous avez pensée ?

J’avoue aussi que j’ai été un peu « choquée » de certains propos vus et lus à différents endroits sommant presque la victime de partir même en ayant des enfants du PN, argumentant qu’il vaut mieux qu’ils voient qu’on sache mettre un terme à une mauvaise relation plutôt que d'éduquer à subir quelque chose de pas bien. J’ai eu l’impression de devenir coupable de non protection et de mauvaise éducation de mes enfants. Sauf que je me suis aussi demandée est ce que la personne qui donne ce conseil à imaginé que le PN pourrait agresser littéralement ses enfants une fois la victime hors de portée ? Et là je n’ai vu aucune réponse. D'où ce fil de discussion.

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Peut on protéger ses enfants en quittant un PN ?

Messagepar Profil supprimé » 18 Oct 2018, 17:14

Bonjour Artifice,
Pour mon cas, qui n'engage que moi, tout ce que je peux dire c'est que si j'étais restée, aujourd'hui je serai morte, j'en ai réellement la certitude.
C'est monsieur qui a voulu la rupture, officiellement. Mais en réalité, il pensait que j'allais encore le supplier de rester. Et puis, il y a eu la fameuse fois de trop, celle où tu comprends au plus profond de toi-même qu'à présent il faut partir ou mourir. Ou devenir folle, et perdre définitivement tes enfants.
Ce que je pense sincèrement c'est qu'il n'y a pas de jugement à porter, ni dans un cas ni dans l'autre. Chacun fait comme il peut. Je suis restée longtemps, j'ai supporté tout ce que j'ai pu supporter. Pour les enfants. J'ai lutté, fort, très fort. Des centaines de fois par jour une phrase s'affichait dans ma tête, sans que je ne la commande: "j'ai envie de disparaitre". C'était tant de souffrances, mais je suis restée, et j'ai lutté contre ce précipice. Pour les enfants. Et le jour où j'ai senti que cela dérapait vraiment, j'ai compris qu'il ne fallait pas que je reste plus longtemps. J'en serai morte. Les violences psychologiques étaient trop fortes. Trop destructrices. J'ai pensé que mes enfants avaient besoin de moi. Besoin d'une maman en forme pour pouvoir s'occuper d'eux.
Mon cas est peut être différent du vôtre car moi je n'avais pas conscience alors de tout ça, de ce qu'il était, du fonctionnement des ces "personnalités particulières". C'est mon instinct de survie qui m'a poussée à partir. Je ne connaissais pas ce site, ni le terme de PN.
Toujours est-il qu'il me semble mal venu de culpabiliser des mamans qui font au mieux pour leurs enfants, que ce soit dans un sens ou dans un autre.

Artifice3
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Peut on protéger ses enfants en quittant un PN ?

Messagepar Artifice3 » 18 Oct 2018, 17:42

Et bien alors vous avez bien fait de partir. Votre intuition à joué même sans mettre de mot sur la pathologie du monsieur.
Avant les PN on ne les appelait pas comme ça, on disait que c’était des malades ou des C.o.n.s.

Mais que vous faisait il subir pour que vous en arriviez à vous dire que vous alliez mourrir ?
Sa violence était donc extrême psychologiquement et pas physiquement ?

angy0981
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Peut on protéger ses enfants en quittant un PN ?

Messagepar angy0981 » 18 Oct 2018, 17:58

alors moi j'ai un petit de 18 mois avec mon pn, enfant qu'il a voulu (il en parlait à tout le monde à l'époque) mais qui "dieu merci" a été dire à tout le monde que je lui avais fait dans le dos!!!, je suis pour le moment dans l'impossibilité de partir, mais je prends et récupère tout ce que je peux pour pouvoir prouver tout ces agissements, pour faire en sorte de lui faire retirer l'autorité parental, il est hors de question que ce malade ai un contact avec mon fils, fils qu'il n'assume pas financièrement, fils à qui il ne donne de l'intérêt que quand ces deux premiers enfants sont là pour ne pas passer pour un con... mais comme pn ne gère pas du tout ces colère, du coup, tout le monde autour de nous à pu constater ce que je dis...

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Peut on protéger ses enfants en quittant un PN ?

Messagepar Profil supprimé » 18 Oct 2018, 18:40

C'est très difficile à expliquer. Psychologiquement, j'étais devenue peu à peu complètement soumise. Je ne faisais rien sans que mon raisonnement ne passe par lui (lui faire plaisir, puis ne pas le contrarier et à la fin pour ne pas le mettre en colère). Il contrôlait mes dépenses (j'ai pourtant toujours travaillé) et s'était débrouillé pour que j'en dépense le moins possible. Je me sentais coupable de la moindre dépense et n'achetais plus rien pour moi, ou alors je me justifiais quand je le faisais. Je tiens à préciser que j'avais toujours été autonome financièrement et dans ma vie. Que tout cela n'est pas arrivé d'un coup, cela s'est fait très insidieusement. Et que ça, j'aurais pu le supporter longtemps.
Et puis il y a eu tout le reste.
Je me suis perdue, complètement, avec lui, j'étais l'ombre de moi-même. Ma personnalité s'était éteinte.
Et puis malgré tout je n'étais pas assez docile pour lui ("de toutes façons tu n'as jamais obéi") et les violences psychologiques ont commencé. Celles liées d'abord à son infidélité. Mais j'ai résisté, là encore j'ai supporté, longtemps. Pour les enfants. J'ai alors volontairement un jour cessé de me préoccuper de ses tromperies. J'ai fait l'autruche, et je pouvais le supporter. Les petites remarques, les reproches, le fait que je ne fasse jamais ce qu'il faut/comme il faut etc ça aussi j'aurais pu le supporter longtemps.
Puis les disputes qui ne mènent à rien ont redoublé. Je pense qu'il savait qu'il n'avait plus rien à tirer de moi et jetait ses dernières forces pour me détruire. Au début je répondais, puis j'ai compris que c'était inutile alors je partais lorsqu'il commençait à me crier dessus. Seulement son plaisir résidait dans le fait que je réagisse à ses propos, que je m'emporte, pour qu'il me fasse remarquer combien j'étais ridicule alors dans ma "rage". C'est vraiment à partir de ce moment que cela a commencé à être très dur. En effet, lorsque je sentais qu'il voulait se disputer, je m'enfuyais. Mais il se mettait à me suivre et à me bloquer dans les pièces pour déverser tout ce qu'il voulait sur moi. Ca c'était vraiment dur, même si je me bouchais les oreilles ou si je parvenais à m'enfuir, parfois pieds nus… Psychologiquement c'était vraiment l'enfer. Je te promets, c'était pour moi une véritable torture. Et c'était de plus en plus fréquent.
Un jour alors qu'il faisait ça j'ai pris mon téléphone pour le filmer. Il s'est arrêté alors j'ai arrêté de filmer. Moi je voulais juste qu'il cesse. Qu'il cesse de me crier dessus. Je suis partie de la pièce. Il m'a rattrapée. M'a saisi la main pour prendre mon téléphone et m'a jetée par terre en me criant que je devais "le respecter". Le lendemain j'ai eu un sms: "je n'aurais pas dû m'énerver mais bon tu dois me respecter, je me casse le cul au travail toute la journée etc"( tout ça parce que le matin avant de partir bosser je n'avais pas eu le temps de balayer la cuisine).
Là encore je ne suis pas partie. J'en étais d'ailleurs incapable. Pour les enfants.
Il s'est mis à être de plus en plus violent et passait ses nerfs sur les enfants. Ca c'était très dur aussi. Un jour où j'ai senti pendant un repas qu'il avait besoin/envie de se disputer et qu'il s'énervait sur les petits pour rien, j'ai pris les enfants en catastrophe dans la voiture et on est parti. J'ai bien fait. Il était fou. Fou furieux. Pour une broutille. Il a même violemment lancé une chaussure sur ma voiture quand j'ai démarré. J'ai dû expliquer aux enfants que papa était un peu en colère, qu'il était un peu fatigué en ce moment, qu'on allait aller se promener et qu'il serait calmé quand on rentrerait etc...
Là encore je ne suis pas partie. Pour les enfants.
Tout ça n'a cessé d'augmenter et il poussait toujours plus loin sur moi les violences psychologiques. Je peux dire avec certitude qu'il a essayé (de façon plus ou moins consciente) de me rendre folle, voire de me pousser au suicide (par besoin de me détruire et/ou pour récupérer les enfants). Il a failli y parvenir. Mais j'ai du caractère et jamais je n'aurais laissé mes enfants seuls aux mains de leur père.
J'ai sauvé ma peau.
Je répète que tout cela est arrivé très insidieusement (ça et tout ce que je n'ai pas raconté), il ne faut pas croire que j'étais une fille paumée ou autre quand je l'ai rencontré. Je vivais seule dans une grande ville, j'étais une fille très indépendante, j'avais mon boulot, mes amis etc. Et je me suis retrouvée par amour à vivre dans un tout petit village dans lequel je me suis bien intégrée...mais peu à peu perdue dans une vie dont je n'arrivais pas à saisir les codes malgré tous mes efforts. Sans les violences psychologiques je pense que j'aurais pu tenir encore des années de plus comme ça.
Bref… C'est peut être dur à comprendre de l'extérieur, peut être que d'autres pensent que j'aurais dû continuer à le supporter mais en réalité j'ai la certitude que j'en serai morte, d'une façon ou d'une autre.

Cristal009
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Peut on protéger ses enfants en quittant un PN ?

Messagepar Cristal009 » 18 Oct 2018, 20:38

Bonjour,

cela fait un moment que je n'ai pas écrit mais ce sujet m'interpelle et je voudrai témoigner. J'ai quitté PN il y a maintenant un an et j'ai un enfant avec qui a 28 mois aujourd'hui, j'ai également un grand de 10 ans né d'une premiére union. lorsque je vivais avec mon plus petit se reveillait toutes les 2H c'était l'enfer, on vivait dans une atmosphére étouffante et j'étais moi même au fond du trou, bien évidemment mon plus grand n'aimait pas PN et se renfermait petit à petit.. Bref j'ai recommencé ma vie de zéro et une semaine aprés mon entrée dans mon appt, bébé a fait ses nuits, il est aujourd'hui serein et la vie est plus belle même si c'est dur d'élever seule deux enfants, on est heureux ! j'ai mis une année à récupérer mon plus grand des dégats causés par PN et je m'en veux aussi de lui avoir fait vivre ça. quand à la garde de mon petit avec PN il le prend quand il en a envie, je ne lui met pas la pression pour avoir un rythme régulier car sinon il se déchaine..Mon petit voit son pére de temps à autre et pour ma part je prefere qu'il voit son pére de temps à autre plutôt que de vivre dans cette atmosphére si malsaine. Je sais à tel point ce type de choix est difficile j'ai moi même mis trois ans avant de me libérer mais sans regret..

Artifice3
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Peut on protéger ses enfants en quittant un PN ?

Messagepar Artifice3 » 18 Oct 2018, 21:44

Oh la la, je vois bien à quel moment vous avez dû partir, lorsque les crises et les violences verbales sont devenues récurrentes. Ça plus les pressions qutodiennes qui étaient supportables mais qui ne l’etaient plus une fois additionnées de ces crises. Et tout ça insidieusement.
Évidemment on ne sait pas quand partir jusqu’au jour où ça dépasse les bornes mais à ce moment là non pas qu’il soit trop tard mais beaucoup de mal a déjà été fait.

Du coup la question qu’on peut se poser c’est quand partir avant que ça dépasse les bornes ? Et est ce que ça va forcément dépasser les bornes ?
Est-ce qu’un PN va forcément pousser le bouchon jusqu’a faire craquer sa victime ? Ou bien se peut il qu’il n’aille pas si loin pour la raison que tous les PN ne sont pas forcément jusque boutistes ?

Dans mon cas le PN est actuellement dans une phase de mutisme quasi totale : il boude si on peut dire depuis qu’il a réalisé que je l’avais en partie démasqué et depuis le jour où il s’est ligué contre moi avec son père pour ne pas me payer la réparation de ce que ce dernier m’avait cassé.
Mais cette situation ne peut pas durer ad vitam aeternam. Et j’ignore comment ça va évoluer.
Que de questionnements...

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Peut on protéger ses enfants en quittant un PN ?

Messagepar Nala » 18 Oct 2018, 22:43

Bonsoir,

Je n'ai pas eu d'enfant avec "PN" alors je ne sais pas si je peux m'incruster mais le sujet m'interpelle aussi.. Alors j'ose une question.

Le PN "attaque" avec son discours et ses mots, ses attitudes ..
Tu ne peux pas empêcher les mots de sortir de sa bouche.. Tu ne peux pas empêcher ses sourires narquois, ses réflexions malaisantes et provocatrices, ses crises de colère ou de rage pour tout et n'importe quoi, sa réalité déformée et ses mensonges, sa façon de retourner toutes les situations et de rien assumer, de chercher le conflit dès que possible. le phagocytage de cerveau qui t'empêche de réfléchir, son sentiment d'être le roi du monde à qui tout est dû.. Et tout le reste.. c'est lui. ça vient de lui tout ça..
comment protéger mieux de tout ça en étant physiquement là ?
Ne plus avoir peur de la solitude, du regard des autres et de leur jugement, c'est ne plus laisser la moindre prise au pervers. Et sans prise, pas d'emprise. :64:

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Peut on protéger ses enfants en quittant un PN ?

Messagepar Artifice3 » 18 Oct 2018, 23:03

Pardon mais je ne comprends pas bien la question « comment protéger mieux de tout ça en étant physiquement là ?».

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Peut on protéger ses enfants en quittant un PN ?

Messagepar Nala » 18 Oct 2018, 23:13

Ben que fais tu de plus contre ça, donc ses mots attitudes, en étant là physiquement à côté de lui ?
S'il décide de dénigrer l'enfant en lui disant par exemple "tu ne sers à rien" ou autre rabaissement, que tu sois là où pas ne l'empêchera pas de le faire..
Ne plus avoir peur de la solitude, du regard des autres et de leur jugement, c'est ne plus laisser la moindre prise au pervers. Et sans prise, pas d'emprise. :64:


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