Mon PN, ma drogue, mon histoire

agapanthe35
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Inscription : mar. 18 août 2020 12:45

Mon PN, ma drogue, mon histoire

Message par agapanthe35 »

Bonjour à toutes et tous.

Je vais tenter de coucher par écrit mes 7 dernières années. Je vous préviens il y aura de la lecture...

Et suis preneuse de vos avis. La rupture étant toute fraiche et son empreinte en moi si vivace, comme vous, je suis dans cet état d’errements où l'on ne sait plus si l'on est dingue ou si la petite voix qui nous souffle qu'il était toxique est la bonne.

2012/2013, mariée, deux enfants, le couple et foyer idéal, en vrai je me fais ma crise de la quarantaine, mon mari est adorable, mais trop pantouflard, je me fais chier, routine, vivre comme des colocs, devoir prendre toutes les décisions, être plus pour lui une seconde maman qu'une épouse. Quasi plus de sexe, bref, je prends la décision de tout arrêter et de casser ce cocon familial en divorçant.
Nous restons soudés car n'ayant à nous reprocher dans le fond. Je porte néanmoins la culpabilité de cette séparation. La sur empathie et la culpabilité de tout forgeant mon caractère.

Inscription sur un site de rencontre. Comme je suis une bille en la matière, je "flashe" par erreur sur un profil juste visité. La photo est pas mal, mais il ne m'aurait pas attirée de prime abord, il fait "trop vieux" trouves-je.
Bing dis donc, ça va vite, il me répond. Dans un excellent français auquel je suis tout de suite très sensible, et avec beaucoup d'humour, en effet cet homme vit en Alsace et moi je suis en Bretagne, il y a mieux pour entamer une relation! Nous en rions. Et, le courant passant bien continuons d'échanger sur le ton de l'humour, d'abord un peu, puis plus, et de ces échanges au départ informels viennent d'autres échanges plus personnels, je suis en confiance, il est "loin" on se raconte nos vies. Très vite cela devient des mails. Puis des sms. Puis des appels qui durent 3h. On se raconte tout, ma vie de routine, le manque de sexe dans mon mariage, sa vie difficile, son ex épouse qui a tous les torts du monde, qui est égocentrique et ne s'est jamais occupée de ses enfants, qui l'a trompé tant de fois, qui l'a rendu alcoolique, ses problèmes de boulot ( mise au placard) sa plongée dans l'alcool et ses problèmes de santé, ses 6 mois d'hospitalisation récents pour de graves problèmes pulmonaires et digestifs, son licenciement, sa mise en invalidité, son épouse qui (selon lui) se voyait déjà veuve et flirtait alors qu'il se battait sur son lit d’hôpital pour survivre mon dieu qu'il m'émeut, que je le trouve extraordinaire et fort de s'être remis de tant d'épreuves.
Il m'explique aussi qu'il aurait dû partir plus tôt, qu'il avait quitté cette femme au bout d'un an car il ne se voyait pas vivre avec elle et sa gamine de 3 ans qu'elle avait d'un 1er lit, que la gamine était mal élevée, qu'il est donc parti, et qu'il a "replongé" lorsque cette femme l'a invité pour son anniversaire, ayant sorti le grand jeu (il était capable de me restituer sa tenue avec force détails. Il parlait toujours d’elle avec un mélange de passion et de haine) qu'ils avaient recouché ensemble et qu'elle était tombée enceinte. Grand prince, il l'avait donc épousée et reconnue sa fille, pour qu'elle porte son nom comme le fils à venir.

Bref tout toute la misère du monde lui était tombé dessus, il était fidèle, travailleur, et avait été trahit par son ex épouse, et par son entreprise.

Il m’apprit qu'il avec des racines en Bretagne, en effet ses parents y vivaient, rejoignant l'Alsace (père breton mère alsacienne) en Hiver. Là aussi il y avait beaucoup à dire sur son enfance, il m'expliqua qu'à 11 ans il avait surpris sa mère au lit avec un autre homme, s'en était suivi un divorce houleux et une nouvelle vie dans un foyer recomposé avec l'amant de sa mère et ses filles, il disait avoir beaucoup souffert de l'autorité de son beau-père, et du désintérêt de sa mère qui partait en vacances en corse ou au ski avec ses belles filles mais l'envoyait, lui, passer ses vacances en Bretagne chez son père.

Pour en finir de camper ce joyeux portrait de famille, sa mère s'était retrouvée à la rue des années plus tard, (alors qu'il fêtait ses 32 ans) trompée par son compagnon, et son père l'avait recueillie...et ré épousée (aurait-elle un côté pn également?).

Il se disait traumatisé par ce divorce et ce remariage bien des années plus tard.

Nous nous rencontrâmes au bout de 2 mois de longues discussions, à l'occasion d'une visite à ces parents en Bretagne. Ces 3 jours furent magiques. Il avait entendu toutes mes envies de sexualité épanouie et bien que très diminué par ses différentes pathologies, il se montrait si tendre, si doux, si impliqué à me donner du plaisir, ce fut. Ouah. L'alchimie. Une connexion intellectuelle forte et une entente sexuelle parfaite.

Outre me charmer, ‘m’ouvrir la porte de la voiture, me livrer ainsi sa vie et m'émouvoir, il me faisait miroiter des choses. En effet, il envisageait de quitter l'Alsace et de venir se reconstruire en Bretagne (ce que naïvement j'interprétais comme un rapprochement vers moi également). Ces propos faisaient toujours planer un doute, j’avais la sensation de devoir déchiffrer. En retour parfois, il me taquinait « arrête de penser pour les autres ».

Il quitta donc l'Alsace, une fois son divorce finalisé, laissant derrière lui son passé, deux fils de 16 et 19 ans, et sa fille par alliance de 24 ans. " Ils volent de leurs propres ailes " disait-il. Je dois dire que je m’étais interrogée sur cette facilité de tout laisser derrière lui, ses enfants en particulier, sans émotion apparente.

Il s'installa chez ses parents le temps de trouver un logement (4 mois!) à 200 kilomètres de chez moi. Nous pouvions nous voir plus régulièrement, mais jamais là-bas. Toujours chez moi. Et à peu près toutes les 3 semaines car sinon cela faisait "trop". Et selon « ses » dispos ( sachant qu’étant en invalidité totale il ne travaillait pas)
J'ai souvenir d'un weekend end romantique au cours duquel il avait loué un gite, et m'envoyait des énigmes à résoudre tout au long de la journée, pour que je devine la destination de ce gite. Il me faisait ainsi passer de villes en villages, et moi petite marionnette je trouvais cela tellement touchant et magique...
Il m'appelait sans arrêt, m’inondait de sms.
Et je tombais éperdument amoureuse. Peu m'importait ses problèmes de santé l'empêchant de travailler, de randonner, ses hurlements de douleurs nocturnes, il était mon prince charmant, son côté plus âgé (5 ans) me rassurait, il attisait mes sens.. M’offrait des petits cadeaux (toujours en en parlant beaucoup d'ailleurs " tu as vu j'ai fait ci, je t'ai offert ça" parfois souvent d’ailleurs des goodies yves rocher piqués je présume à sa mère) je me sentais redevenue femme.

Il finit par s'installer dans une maison en location à 900 mètres de chez ses parents. J'appris plus tard que c'est sa mère qui l'avait dénichée. Tout comme sa nouvelle voiture d'ailleurs.

J’étais ravie, on allait enfin se voir un peu plus. C'est là que tout a commencé à basculer. Tantôt amoureux fou, me couvrant de "je te veux" ou de sobriquets comme "petite chose fragile" il devenait distant dès que je me faisais plus insistante pour le voir. Nous en étions à un an de relation, j'avais l'envie de le voir au moins tous les weekends, il me culpabilisait en me disant que je lui mettais trop de pression, qu'il n'était pas prêt... Devenait distant, moins de sms, moins d'appels, puis de nouveau amoureux dès lors où je m'excusais de manquer de patience.

Bref il ne souhaitait pas que l'on se voit chez lui.
Je souhaitais parallèlement laisser mes enfants en dehors de notre relation tant que celle-ci n’était pas plus régulière et lui avais dit que je les lui présenterai plus tard, mais il vint me rejoindre par surprise dans un camping j’avais une location. Dès que j’étais arrivée là-bas il n’avait d’ailleurs pas arrêté de m’envoyer des messages, du genre « tu dragues les beaux mecs du camping ? Une belle blonde seule ça doit attirer... « Et pour le coup, était venu vérifier… et avait rencontré mes filles.

Cela dura encore 6 mois, de relation à distance avec un weekend par ci par là. Puis lors d'une de nos (longues) conversations téléphoniques un soir je craquais, lui disant que ça me pesait vraiment de ne pas se voir plus souvent que tous les 15 jours 3 semaines.

Il me dit," j'en peux plus, j’étouffe, mes parents m’étouffent, tu m'étouffe, j'ai besoin d'un break. " Et raccrocha me laissant en pleurs.

Il me laissa sans nouvelles pendant 3 semaines, j'étais anéantie, et ce vide. Un vide immense, comme une droguée sans sa dose, fini les sms qui faisaient bipper mon téléphone toutes les minutes, finis les longs appels à parler de tout.. Il ne décrochait pas, ne répondait pas. Je lui écrivis un long mail me mettant plus bas que terre et m'accusant de tous les maux, c'était ma faute, ma trèèèès grande faute. Il accepta qu'on se parle au téléphone et m'expliqua qu'il avait décidé de rompre, car il étouffait, mais que ce n'était pas moi, c'était lui, sa vie avait été trop dure etc.. Qu'il gardait une grande tendresse pour moi etc.. Qu'il souhaitait que nous restions amis car il adorait nos échanges. Que physiquement je n'étais pas vraiment son style aussi, que ce grain de beauté sur ma joue il n'aimait pas, que ma façon de m'habiller n'allait pas, que je serais si jolie les cheveux courts..

S'en suivit une période de "non sevrage" en effet je ne faisais que penser à lui, il était l'amour de ma vie, j’espérai un retour. Espoir qu'il entretenait avec cruauté, il m'appelait quasi tous les soirs, me racontait ses conversations sur meetic, ses rendez-vous, j'étais sa meilleure amie, il n'avait jamais discuté comme ça avec personne, ces filles de site de rencontre ne m'arrivaient pas à la cheville, etc etc..

3 mois de souffrance à préférer garder l'ami par peur de perdre l'amour. A me couper les cheveux. Faire enlever le grain de beauté. Dépenser des fortunes pour changer ma garde-robe.

Puis une amie me secoua un peu, elle me dit coupe les ponts, sors, vis!
Je reprenais ma vie en main, je ne donnais quasi plus de nouvelles, ne lui répondant que peu, je sortais, refaisais du sport (du fait de son invalidité je ne faisais quasi plus rien, et il m’avait tant parlé de son épouse frivole qui sortait en célibataire que je culpabilisais de sortir en semaine avec des amis. Amis, qui par ailleurs, n’avait pas bonne presse auprès de lui, il les critiquait sans les connaitre, allant voir leurs profils facebook) puis un soir à l'occasion d'un repas entre ami je rencontrais un homme, l'amie entremetteuse postant allègrement des photos de la soirée sur les réseaux sociaux.


Il m'appela le lendemain, sous un prétexte dont je ne me souviens plus, puis en vint très vite à ces photos vues sur Facebook " tu as l'air d'être bien, tu rayonnes, c'était bien cette soirée? Que tu es magnifique les cheveux courts. J'aurais laissé néanmoins un peu plus de longueur, là. Tu portes toujours cette robe bleue que je n'aimais pas? Tu as légèrement mincis dirait on"... Et moi je buvais ses paroles, notant mentalement de jeter cette robe, et de laisser un peu de longueur à mes cheveux la prochaine fois.
Il me dit enfin "c'est qui machin, là sur les photos, il like toutes tes publications.."
Dans un sursaut de fierté je lui expliquais alors que cet homme et moi commencions une relation, que j’allais le revoir, qu'il était top...Il changea de voix, prenant une voix sourde, disant qu'il était heureux pour moi, que ça lui faisait quelque chose, qu'il avait une boule au ventre. Il raccrocha et me rappela 1 h après, cette fois ci me suppliant de revenir, de lui donner une chance, il avait été con, il se rendait compte que je lui manquais, sa période d'installation en Bretagne avait été dure, parents omniprésents, c'est moi qui avait trinqué, il n'était pas prêt à ce moment, mais il voulait me prouver qu'il l'était maintenant...

Je tombais littéralement dans le panneau et le week end suivant partais en voiture le rejoindre chez lui où il me conviait.

S'en suivirent 5 années de « on se voit tous les 15 jours le weekend et les vacances».
Il s’était acheté une petit bateau, vivant en bord de mer, il me disait, « tu vois je pense aux autres c’est un achat pour qu’on puisse en profiter à deux ou avec ma famille ». Il aimait avoir sa cour sur la grève où le bateau était amarré, son éloquence fascinait aussi les quelques pêcheurs, aussi fut il très vite élu président de l’association des plaisanciers, titre dont il se rengorgeait, il adorait la flatterie, le compliment, se rengorgeait et était intarissable sur ses qualités de leader. Tous des emmerdeurs, mais lui il allait réorganiser tout cela. Il se frittait régulièrement avec d’autres qui osaient le contredire. Allait également toquer chez les voisins lorsqu’ils avaient le malheur de ne pas être garés correctement.
Mais à mes yeux il était le meilleur, charismatique, si « mâle »…
Mes enfants passaient désormais les vacances là-bas avec nous, il disait qu’il n’était pas nécessaire de partir ailleurs, il y avait la mer, le bateau.
Il plaisantait « femme ! Tu t’occupes de l’intendance » = je faisais toutes les courses, et le ménage ainsi que les repas. Je mettais un point d’honneur à être parfaite pour lui. Il relevait tellement facilement un trop plein de sel ou un sol mal nettoyé. Il était dur avec mes enfants. J’ai des principes d’éducation, mais là c’était des reproches incessants à mots couverts, il me prenait à part et me disait « elles ont fait ceci et pas cela ». Il ne nous accompagnait pas sur des sorties, ou rarement.
Il oubliait mes anniversaires. Plus de cadeaux, plus de portes de voiture ouverte, mais je me disais que je n’avais pas encore fait assez pour le satisfaire. Et je voulais tellement le garder...
Il me signalait souvent préférer que nous soyons seuls.

Sa maison était décorée de tableaux réalisés par lui.
Tous ses tableaux tournaient autour du sexe, certains très très crus représentant des scènes…Mais je les trouvais beaux car forcément il était le meilleur à mes yeux.
Dans sa chambre trônaient des nus qu’il avait fait de son ex-femme, cela nous valut d’ailleurs une dispute car je lui faisais remarquer qu’il est peu commun d’afficher les seins et fesses de son ex au-dessus du lit, remarque que j’avais du ravaler très vite car taxée de « crise de jalousie infantile ». De même un jour il me demande de lui dépanner son pc et je tombe devant lui sur un historique pornographique, « ne fais pas d’ingérence, ni de jalousie, si on a plus le droit de s’amuser » !

J’en devenais jalouse petit à petit moi qui ne le suis pas. De même je devais tolérer qu’il me tienne la main mais se retourne sur une paire de fesses en s’extasiant.

Tout reproche (enfin toute tentative de discussion) se terminait en grande discussion où je finissais par abandonner, vaincue, convaincue d’être la coupable, car il maitrisait l’art de tout retourner contre moi. Je m’en voulais, culpabilisais.

Dans son salon trônait une seule photo : lui petit. Mise en évidence. Aucune photo de ses enfants nulle part. Ni de moi. Le temps passa ainsi, au rythme de week-end et vacances, d’anniversaires oubliés « je n’ai pas la mémoire des dates tu le sais » de compliments reproches « tu es toute jolie mais ta robe est trop courte » ou de reproches non déguisés qui parfois me faisaient pleurer, mes larmes ne provoquant aucune réaction si ce n’est « pff, tu n’as plus d’humour toi ».

Puis j’ai eu une opportunité professionnelle. Je suis passée cadre. Il le vivait mal pour son égo. Je vantais souvent mon entreprise, stable, grosse boite. Il me demanda de l’aider à refaire son cv et une lettre pour y postuler, se sentant « réparé ».
Bien entendu je ne me contentais pas de satisfaire à sa demande, j’allais déposer le tout chez les rh, ne tarissant pas d’éloges à son sujet. Il fut vite recruté en contrat de professionnalisation. Il choisit de rester sur sa zone et de ne pas se rapprocher de moi (déception, au bout de temps d’années il me tardait de faire enfin vie commune, il me disait donne-moi du temps j’ai souffert..).

Au bout de 6 mois de contrat il était le meilleur, selon lui, critiquant ses collègues, et léchant habilement les bottes de la hiérarchie. Il apprit qu’aucun poste en cdi ne serait proposé sur zone, mais qu’il y en aurait dans mon département. (nous étions toujours séparés de 250 km) .
Il se cassa le plateau tibia. La terre s’effondrait, je le vis pleurer pour la première fois, il n’allait pas pouvoir finaliser son contrat et espérer une embauche. Je lui proposais de venir chez moi, le site étant adapté aux handicapés il pourrait faire une reprise anticipée et aller bosser en béquille. Je l’emmenais et allais le chercher en jonglant avec mon boulot, et j’étais aux petits soins pendant qu’il regardait netflix sur mon canapé. Durant cette période de 2 mois il n’a jamais participé aux frais…

Un CDI se profilant sur ma zone, il postula, brusquement pris d’une envie de vie en commun.
Il restait donc chez moi, et les choses se passaient globalement bien, enfin il s’investissait dans notre relation ! (sic) mais il était différent lorsque les enfants étaient là. Tatillon, toujours à surveiller faits et gestes, à l’affut de la moindre erreur, me faisant comprendre que j’étais trop laxiste, provoquant par là même des tensions.
Il décrocha le cdi. Nous décidâmes de déménager de mon appart pour une grande maison. Les meubles étant quasi tous les miens, il imposa ses tableaux et sa photo de lui enfant pour « mettre sa touche ».
Je m’en foutais, j’allais vivre avec lui, construire enfin, je m’appliquais à suivre tous ces conseils à la lettre sur la tenue de la maison ou ma tenue à moi.
Je rêvais de barbecue entre amis mais il ne les aimait pas trop…
Donc on ne recevait que ces parents.
Puis fin Novembre il se cassa de nouveau une jambe, cette fois ci grosse fracture nécessitant plusieurs opérations du fait de complications et staphylocoque doré. Je me transformais alors en aide-soignante aide-ménagère. Négociant un télé travail à 100% pour être présente.
Il bottait en touche dès lors il je lui demandais de faire jouer sa mutuelle pour une aide au ménage ou repassage. « Tu ne comprends pas que j’ai failli perdre ma jambe, j’ai autre chose en tête, tu ne penses qu’à toi ».
Je devais aller le voir tous les soirs après le boulot à l’hôpital quand il y était, il avait toujours besoin de sa bouteille d’eau pétillante au sirop agrumes (je devais veiller à ce qu’il y ai toujours des bouteilles et du sirop en réserve sinon c’était le drame) ou du coca.. Il me reprochait de ne pas prendre de temps pour moi mais m’envoyais un sms pour me dire « tu m’apporteras cela ? »

Idem lorsqu’il trônait dans son lit médicalisé dans le salon, épiant nos faits et gestes, je terminais ma journée de télétravail et suggérai d’aller un peu à la piscine me délasser, il écoutait d’une oreille distraite puis « tu peux aller me chercher ça à la pharmacie ? »
Mes filles étaient surnommées « esclaves » et il leur demandait « va vider mon urinal, apporte moi du coca, ah tiens redescends à la cave, j’ai oublié que j’ai besoin de ceci » .
Il les culpabilisait, j’étais fatiguée, je ne souriais plus, selon lui car elles ne m’aidaient pas assez. Pour autant l’ainée devait passer l’aspirateur tous les jours car le sol était trop sale. Je ne disais rien, dans un couple il faut aller dans dans le même sens avec les enfants disait-il, ne pas se contredire.

Le confinement arriva là-dessus et nous nous trouvâmes h24 tous les 4. Les repas devinrent infernaux. Il fixait chaque geste des filles et les reprenait pour une bouteille posée trop prêt de son assiette ou un bout de pain coupé de travers.
Quant à moi c’était un regard moqueur « tu ne mets plus que des tee shorts et des leggins ! » ou le lendemain alors que j’avais mis une robe pour lui « tu vas voir un amant ? » Je ne savais plus que faire pour avoir grâce à ses yeux.
Aux beaux jours toujours confinés je sortais la piscine dans le jardin et les filles riaient (enfin !) dans l’eau, pendant que je me posais 5 min sur un transat, il est arrivé furieux et hurlant sur son déambulateur, brandissant la bonde de douche et gesticulant vers mon ainée « votre attention ! Tu sors de la piscine immédiatement et viens me nettoyer ça c’est inadmissible tous ces cheveux ! » (regardant ma fille nettoyer je constatais que les cheveux en question étaient poivre et sel…donc les siens)
Je ne pouvais pas prendre une pause douche ou cigarette sans qu’il vienne critiquer mes enfants « tu te rends compte elle a pris deux mouchoirs au lieu d’un, aucun sens de l’économie ! « pour des broutilles.
Puis un jour en allant faire des courses avec mon ainée, elle me dit « maman tu n’es pas la même quand il est là ou quand il est à l’hosto, cette relation est toxique. Il te lobotomise, on peut rien lui dire, il a toujours raison, moi je fais tout pour que tu sois bien et j’obéis, mais c’est dur maman, il prend plaisir à nous traiter mal »
Ce fut un électro choc.
Ce soir-là j’ai pris 3 verres de vin, puis j’ai explosé à la première de ses remarques. Lui disant que finalement ces problèmes avec son ex ne m’étonnaient pas. Qu’il était égocentrique. Et manipulateur.
S’en suivi un orage sans fond ni sans fin, où tout était retourné contre moi par une véritable diarrhée verbale. Les filles, repliées dans leurs chambres, entendaient tout… Il me lâcha alors « de toute façon je me projette plus avec toi. Je ne peux pas partir car je ne peux pas marcher. Mais je partirai dès que je le pourrais »
Moi en larme le suppliant de réfléchir, lui disant que le confinement et sa jambe lui pesaient.
(Oubliant totalement mon bref éclair de lucidité)
Lui promettant de cohabiter et de l’aider jusqu’à son rétablissement. Une véritable serpillière.

S’en suivirent des jours tendus, plus de mots gentils, des regards haineux, puis une nouvelle dispute à table. Mon ainée sortant un plat du four pour m’aider et demandant où le poser car la table était encombrée, il explosa contre elle « tu es définitivement incapable de prise de décision » . Je tentais de la défendre, mais il ignorait littéralement ma voix et me coupait, j’ai donc saisit mon téléphone et lancé l’enregistrement de cette dispute, pour me souvenir…. Puis je lui ai dit devant mes filles « de toute façon tu veux partir. Alors arrête de nous pourrir la vie » il s’est mis à hurler que j’étais en dessous de tout de dire ça devant mes filles. Etouffant chacune de mes paroles.
Une véritable joute verbale s’est alors engagée entre lui et mon ainée, tellement mure et posée, calme. Dieu que je suis fière d’elle. Le coup final lui fut portée par la cadette qui lui dit « de toute façon tu ne nous a jamais aimé ni nous ni maman, tu ne fais rien ni pour elle ni pour nous tu ne vois que toi » là je l’ai vu bégayer pour la première fois. J’étais spectatrice, éteinte, en pleurs.

J’ai lâché « retourne chez ta mère ».
Le lendemain il m’accusa de tous les mots (conversation également enregistrée pour me souvenir et ne pas replonger) « j’ai attendu toute la nuit et espéré que tu viennes faire amende honorable et t’excuser » « tu étais hystérique » tes filles sont insolentes ». J’ai ré itéré calmement ma demande, à savoir qu’il contacte sa chère maman et qu’elle vienne le chercher. « Tu ne pourras pas garder la maison seule, tu me fous aussi dans la merde.. »
Ses parents sont venus. Il est reparti à 250 km de mois.
C’était début Juin. Un vide intersidéral. Un manque affreux. La sensation que je ne peux vivre sans lui, l’homme de ma vie. Qu’il a peut-être raison, je suis hystérique et mes filles insolentes. Je me répète que ce n’est pas du manque mais un vide généré par une sur pression mentale. Mais un côté de moi pense toujours l’aimer plus que tout. Dieu qu’il est fort.

Il me demande de lui router ses courriers chez ses parents, ne pouvant faire de changement d’adresse tant qu’il n’est pas « chez lui ». Bien sûr je fais aussi garde meubles et tableaux. Il m’a gentiment dit « tu pourras jouir de mes affaires tant que je ne suis pas sur pieds et revenu faire mes cartons »
Je suis allée voir une psy, une seule séance pour le moment. Elle me dit je n’ai jamais été si catégorique en une fois, il a un sérieux problème. Je ne pose pas de mot pour le moment, on y reviendra.

Nous sommes fin Aout. Il est revenu. Il a pris un studio meublé sous prétexte de devoir chercher une maison et faire des visites. Il est revenu faire des cartons. Mécaniquement, j’avais revêtu une robe qu’il aimait, dans une teinte qu’il aimait. Il avait son côté charmeur. S’excusant d’avoir été difficile à vivre. J’ai failli me jeter dans ses bras.

Merci à ceux ou celles qui auront pris la peine de lire. Est-ce un PN comment je le ressens ?
Comment survivre à ses visites à venir pour préparer ses cartons ?
J’ai cette dualité en moi qui me culpabilise : être encore sous son charme tout en souhaitant que tout lien soit coupé au plus vite. Idiote que je suis-je lui ai dit que cela m’émouvait de le revoir, que tout cela est un beau gâchis. Avez-vous eu ce genre de réaction/dualité ?

Merci pour votre patience à la lecture de ce roman improbable.
Jess2021
Messages : 15075
Inscription : mar. 1 janv. 2019 17:36

Mon PN, ma drogue, mon histoire

Message par Jess2021 »

agapanthe35 a écrit :Bonjour à toutes et tous.

Je vais tenter de coucher par écrit mes 7 dernières années. Je vous préviens il y aura de la lecture...

Et suis preneuse de vos avis. La rupture étant toute fraiche et son empreinte en moi si vivace, comme vous, je suis dans cet état d’errements où l'on ne sait plus si l'on est dingue ou si la petite voix qui nous souffle qu'il était toxique est la bonne.

2012/2013, mariée, deux enfants, le couple et foyer idéal, en vrai je me fais ma crise de la quarantaine, mon mari est adorable, mais trop pantouflard, je me fais chier, routine, vivre comme des colocs, devoir prendre toutes les décisions, être plus pour lui une seconde maman qu'une épouse. Quasi plus de sexe, bref, je prends la décision de tout arrêter et de casser ce cocon familial en divorçant.
Nous restons soudés car n'ayant à nous reprocher dans le fond. Je porte néanmoins la culpabilité de cette séparation. La sur empathie et la culpabilité de tout forgeant mon caractère.

Inscription sur un site de rencontre. Comme je suis une bille en la matière, je "flashe" par erreur sur un profil juste visité. La photo est pas mal, mais il ne m'aurait pas attirée de prime abord, il fait "trop vieux" trouves-je.
Bing dis donc, ça va vite, il me répond. Dans un excellent français auquel je suis tout de suite très sensible, et avec beaucoup d'humour, en effet cet homme vit en Alsace et moi je suis en Bretagne, il y a mieux pour entamer une relation! Nous en rions. Et, le courant passant bien continuons d'échanger sur le ton de l'humour, d'abord un peu, puis plus, et de ces échanges au départ informels viennent d'autres échanges plus personnels, je suis en confiance, il est "loin" on se raconte nos vies. Très vite cela devient des mails. Puis des sms. Puis des appels qui durent 3h. On se raconte tout, ma vie de routine, le manque de sexe dans mon mariage, sa vie difficile, son ex épouse qui a tous les torts du monde, qui est égocentrique et ne s'est jamais occupée de ses enfants, qui l'a trompé tant de fois, qui l'a rendu alcoolique, ses problèmes de boulot ( mise au placard) sa plongée dans l'alcool et ses problèmes de santé, ses 6 mois d'hospitalisation récents pour de graves problèmes pulmonaires et digestifs, son licenciement, sa mise en invalidité, son épouse qui (selon lui) se voyait déjà veuve et flirtait alors qu'il se battait sur son lit d’hôpital pour survivre mon dieu qu'il m'émeut, que je le trouve extraordinaire et fort de s'être remis de tant d'épreuves.
Il m'explique aussi qu'il aurait dû partir plus tôt, qu'il avait quitté cette femme au bout d'un an car il ne se voyait pas vivre avec elle et sa gamine de 3 ans qu'elle avait d'un 1er lit, que la gamine était mal élevée, qu'il est donc parti, et qu'il a "replongé" lorsque cette femme l'a invité pour son anniversaire, ayant sorti le grand jeu (il était capable de me restituer sa tenue avec force détails. Il parlait toujours d’elle avec un mélange de passion et de haine) qu'ils avaient recouché ensemble et qu'elle était tombée enceinte. Grand prince, il l'avait donc épousée et reconnue sa fille, pour qu'elle porte son nom comme le fils à venir.

Bref tout toute la misère du monde lui était tombé dessus, il était fidèle, travailleur, et avait été trahit par son ex épouse, et par son entreprise.

Il m’apprit qu'il avec des racines en Bretagne, en effet ses parents y vivaient, rejoignant l'Alsace (père breton mère alsacienne) en Hiver. Là aussi il y avait beaucoup à dire sur son enfance, il m'expliqua qu'à 11 ans il avait surpris sa mère au lit avec un autre homme, s'en était suivi un divorce houleux et une nouvelle vie dans un foyer recomposé avec l'amant de sa mère et ses filles, il disait avoir beaucoup souffert de l'autorité de son beau-père, et du désintérêt de sa mère qui partait en vacances en corse ou au ski avec ses belles filles mais l'envoyait, lui, passer ses vacances en Bretagne chez son père.

Pour en finir de camper ce joyeux portrait de famille, sa mère s'était retrouvée à la rue des années plus tard, (alors qu'il fêtait ses 32 ans) trompée par son compagnon, et son père l'avait recueillie...et ré épousée (aurait-elle un côté pn également?).

Il se disait traumatisé par ce divorce et ce remariage bien des années plus tard.

Nous nous rencontrâmes au bout de 2 mois de longues discussions, à l'occasion d'une visite à ces parents en Bretagne. Ces 3 jours furent magiques. Il avait entendu toutes mes envies de sexualité épanouie et bien que très diminué par ses différentes pathologies, il se montrait si tendre, si doux, si impliqué à me donner du plaisir, ce fut. Ouah. L'alchimie. Une connexion intellectuelle forte et une entente sexuelle parfaite.

Outre me charmer, ‘m’ouvrir la porte de la voiture, me livrer ainsi sa vie et m'émouvoir, il me faisait miroiter des choses. En effet, il envisageait de quitter l'Alsace et de venir se reconstruire en Bretagne (ce que naïvement j'interprétais comme un rapprochement vers moi également). Ces propos faisaient toujours planer un doute, j’avais la sensation de devoir déchiffrer. En retour parfois, il me taquinait « arrête de penser pour les autres ».

Il quitta donc l'Alsace, une fois son divorce finalisé, laissant derrière lui son passé, deux fils de 16 et 19 ans, et sa fille par alliance de 24 ans. " Ils volent de leurs propres ailes " disait-il. Je dois dire que je m’étais interrogée sur cette facilité de tout laisser derrière lui, ses enfants en particulier, sans émotion apparente.

Il s'installa chez ses parents le temps de trouver un logement (4 mois!) à 200 kilomètres de chez moi. Nous pouvions nous voir plus régulièrement, mais jamais là-bas. Toujours chez moi. Et à peu près toutes les 3 semaines car sinon cela faisait "trop". Et selon « ses » dispos ( sachant qu’étant en invalidité totale il ne travaillait pas)
J'ai souvenir d'un weekend end romantique au cours duquel il avait loué un gite, et m'envoyait des énigmes à résoudre tout au long de la journée, pour que je devine la destination de ce gite. Il me faisait ainsi passer de villes en villages, et moi petite marionnette je trouvais cela tellement touchant et magique...
Il m'appelait sans arrêt, m’inondait de sms.
Et je tombais éperdument amoureuse. Peu m'importait ses problèmes de santé l'empêchant de travailler, de randonner, ses hurlements de douleurs nocturnes, il était mon prince charmant, son côté plus âgé (5 ans) me rassurait, il attisait mes sens.. M’offrait des petits cadeaux (toujours en en parlant beaucoup d'ailleurs " tu as vu j'ai fait ci, je t'ai offert ça" parfois souvent d’ailleurs des goodies yves rocher piqués je présume à sa mère) je me sentais redevenue femme.

Il finit par s'installer dans une maison en location à 900 mètres de chez ses parents. J'appris plus tard que c'est sa mère qui l'avait dénichée. Tout comme sa nouvelle voiture d'ailleurs.

J’étais ravie, on allait enfin se voir un peu plus. C'est là que tout a commencé à basculer. Tantôt amoureux fou, me couvrant de "je te veux" ou de sobriquets comme "petite chose fragile" il devenait distant dès que je me faisais plus insistante pour le voir. Nous en étions à un an de relation, j'avais l'envie de le voir au moins tous les weekends, il me culpabilisait en me disant que je lui mettais trop de pression, qu'il n'était pas prêt... Devenait distant, moins de sms, moins d'appels, puis de nouveau amoureux dès lors où je m'excusais de manquer de patience.

Bref il ne souhaitait pas que l'on se voit chez lui.
Je souhaitais parallèlement laisser mes enfants en dehors de notre relation tant que celle-ci n’était pas plus régulière et lui avais dit que je les lui présenterai plus tard, mais il vint me rejoindre par surprise dans un camping j’avais une location. Dès que j’étais arrivée là-bas il n’avait d’ailleurs pas arrêté de m’envoyer des messages, du genre « tu dragues les beaux mecs du camping ? Une belle blonde seule ça doit attirer... « Et pour le coup, était venu vérifier… et avait rencontré mes filles.

Cela dura encore 6 mois, de relation à distance avec un weekend par ci par là. Puis lors d'une de nos (longues) conversations téléphoniques un soir je craquais, lui disant que ça me pesait vraiment de ne pas se voir plus souvent que tous les 15 jours 3 semaines.

Il me dit," j'en peux plus, j’étouffe, mes parents m’étouffent, tu m'étouffe, j'ai besoin d'un break. " Et raccrocha me laissant en pleurs.

Il me laissa sans nouvelles pendant 3 semaines, j'étais anéantie, et ce vide. Un vide immense, comme une droguée sans sa dose, fini les sms qui faisaient bipper mon téléphone toutes les minutes, finis les longs appels à parler de tout.. Il ne décrochait pas, ne répondait pas. Je lui écrivis un long mail me mettant plus bas que terre et m'accusant de tous les maux, c'était ma faute, ma trèèèès grande faute. Il accepta qu'on se parle au téléphone et m'expliqua qu'il avait décidé de rompre, car il étouffait, mais que ce n'était pas moi, c'était lui, sa vie avait été trop dure etc.. Qu'il gardait une grande tendresse pour moi etc.. Qu'il souhaitait que nous restions amis car il adorait nos échanges. Que physiquement je n'étais pas vraiment son style aussi, que ce grain de beauté sur ma joue il n'aimait pas, que ma façon de m'habiller n'allait pas, que je serais si jolie les cheveux courts..

S'en suivit une période de "non sevrage" en effet je ne faisais que penser à lui, il était l'amour de ma vie, j’espérai un retour. Espoir qu'il entretenait avec cruauté, il m'appelait quasi tous les soirs, me racontait ses conversations sur meetic, ses rendez-vous, j'étais sa meilleure amie, il n'avait jamais discuté comme ça avec personne, ces filles de site de rencontre ne m'arrivaient pas à la cheville, etc etc..

3 mois de souffrance à préférer garder l'ami par peur de perdre l'amour. A me couper les cheveux. Faire enlever le grain de beauté. Dépenser des fortunes pour changer ma garde-robe.

Puis une amie me secoua un peu, elle me dit coupe les ponts, sors, vis!
Je reprenais ma vie en main, je ne donnais quasi plus de nouvelles, ne lui répondant que peu, je sortais, refaisais du sport (du fait de son invalidité je ne faisais quasi plus rien, et il m’avait tant parlé de son épouse frivole qui sortait en célibataire que je culpabilisais de sortir en semaine avec des amis. Amis, qui par ailleurs, n’avait pas bonne presse auprès de lui, il les critiquait sans les connaitre, allant voir leurs profils facebook) puis un soir à l'occasion d'un repas entre ami je rencontrais un homme, l'amie entremetteuse postant allègrement des photos de la soirée sur les réseaux sociaux.


Il m'appela le lendemain, sous un prétexte dont je ne me souviens plus, puis en vint très vite à ces photos vues sur Facebook " tu as l'air d'être bien, tu rayonnes, c'était bien cette soirée? Que tu es magnifique les cheveux courts. J'aurais laissé néanmoins un peu plus de longueur, là. Tu portes toujours cette robe bleue que je n'aimais pas? Tu as légèrement mincis dirait on"... Et moi je buvais ses paroles, notant mentalement de jeter cette robe, et de laisser un peu de longueur à mes cheveux la prochaine fois.
Il me dit enfin "c'est qui machin, là sur les photos, il like toutes tes publications.."
Dans un sursaut de fierté je lui expliquais alors que cet homme et moi commencions une relation, que j’allais le revoir, qu'il était top...Il changea de voix, prenant une voix sourde, disant qu'il était heureux pour moi, que ça lui faisait quelque chose, qu'il avait une boule au ventre. Il raccrocha et me rappela 1 h après, cette fois ci me suppliant de revenir, de lui donner une chance, il avait été con, il se rendait compte que je lui manquais, sa période d'installation en Bretagne avait été dure, parents omniprésents, c'est moi qui avait trinqué, il n'était pas prêt à ce moment, mais il voulait me prouver qu'il l'était maintenant...

Je tombais littéralement dans le panneau et le week end suivant partais en voiture le rejoindre chez lui où il me conviait.

S'en suivirent 5 années de « on se voit tous les 15 jours le weekend et les vacances».
Il s’était acheté une petit bateau, vivant en bord de mer, il me disait, « tu vois je pense aux autres c’est un achat pour qu’on puisse en profiter à deux ou avec ma famille ». Il aimait avoir sa cour sur la grève où le bateau était amarré, son éloquence fascinait aussi les quelques pêcheurs, aussi fut il très vite élu président de l’association des plaisanciers, titre dont il se rengorgeait, il adorait la flatterie, le compliment, se rengorgeait et était intarissable sur ses qualités de leader. Tous des emmerdeurs, mais lui il allait réorganiser tout cela. Il se frittait régulièrement avec d’autres qui osaient le contredire. Allait également toquer chez les voisins lorsqu’ils avaient le malheur de ne pas être garés correctement.
Mais à mes yeux il était le meilleur, charismatique, si « mâle »…
Mes enfants passaient désormais les vacances là-bas avec nous, il disait qu’il n’était pas nécessaire de partir ailleurs, il y avait la mer, le bateau.
Il plaisantait « femme ! Tu t’occupes de l’intendance » = je faisais toutes les courses, et le ménage ainsi que les repas. Je mettais un point d’honneur à être parfaite pour lui. Il relevait tellement facilement un trop plein de sel ou un sol mal nettoyé. Il était dur avec mes enfants. J’ai des principes d’éducation, mais là c’était des reproches incessants à mots couverts, il me prenait à part et me disait « elles ont fait ceci et pas cela ». Il ne nous accompagnait pas sur des sorties, ou rarement.
Il oubliait mes anniversaires. Plus de cadeaux, plus de portes de voiture ouverte, mais je me disais que je n’avais pas encore fait assez pour le satisfaire. Et je voulais tellement le garder...
Il me signalait souvent préférer que nous soyons seuls.

Sa maison était décorée de tableaux réalisés par lui.
Tous ses tableaux tournaient autour du sexe, certains très très crus représentant des scènes…Mais je les trouvais beaux car forcément il était le meilleur à mes yeux.
Dans sa chambre trônaient des nus qu’il avait fait de son ex-femme, cela nous valut d’ailleurs une dispute car je lui faisais remarquer qu’il est peu commun d’afficher les seins et fesses de son ex au-dessus du lit, remarque que j’avais du ravaler très vite car taxée de « crise de jalousie infantile ». De même un jour il me demande de lui dépanner son pc et je tombe devant lui sur un historique pornographique, « ne fais pas d’ingérence, ni de jalousie, si on a plus le droit de s’amuser » !

J’en devenais jalouse petit à petit moi qui ne le suis pas. De même je devais tolérer qu’il me tienne la main mais se retourne sur une paire de fesses en s’extasiant.

Tout reproche (enfin toute tentative de discussion) se terminait en grande discussion où je finissais par abandonner, vaincue, convaincue d’être la coupable, car il maitrisait l’art de tout retourner contre moi. Je m’en voulais, culpabilisais.

Dans son salon trônait une seule photo : lui petit. Mise en évidence. Aucune photo de ses enfants nulle part. Ni de moi. Le temps passa ainsi, au rythme de week-end et vacances, d’anniversaires oubliés « je n’ai pas la mémoire des dates tu le sais » de compliments reproches « tu es toute jolie mais ta robe est trop courte » ou de reproches non déguisés qui parfois me faisaient pleurer, mes larmes ne provoquant aucune réaction si ce n’est « pff, tu n’as plus d’humour toi ».

Puis j’ai eu une opportunité professionnelle. Je suis passée cadre. Il le vivait mal pour son égo. Je vantais souvent mon entreprise, stable, grosse boite. Il me demanda de l’aider à refaire son cv et une lettre pour y postuler, se sentant « réparé ».
Bien entendu je ne me contentais pas de satisfaire à sa demande, j’allais déposer le tout chez les rh, ne tarissant pas d’éloges à son sujet. Il fut vite recruté en contrat de professionnalisation. Il choisit de rester sur sa zone et de ne pas se rapprocher de moi (déception, au bout de temps d’années il me tardait de faire enfin vie commune, il me disait donne-moi du temps j’ai souffert..).

Au bout de 6 mois de contrat il était le meilleur, selon lui, critiquant ses collègues, et léchant habilement les bottes de la hiérarchie. Il apprit qu’aucun poste en cdi ne serait proposé sur zone, mais qu’il y en aurait dans mon département. (nous étions toujours séparés de 250 km) .
Il se cassa le plateau tibia. La terre s’effondrait, je le vis pleurer pour la première fois, il n’allait pas pouvoir finaliser son contrat et espérer une embauche. Je lui proposais de venir chez moi, le site étant adapté aux handicapés il pourrait faire une reprise anticipée et aller bosser en béquille. Je l’emmenais et allais le chercher en jonglant avec mon boulot, et j’étais aux petits soins pendant qu’il regardait netflix sur mon canapé. Durant cette période de 2 mois il n’a jamais participé aux frais…

Un CDI se profilant sur ma zone, il postula, brusquement pris d’une envie de vie en commun.
Il restait donc chez moi, et les choses se passaient globalement bien, enfin il s’investissait dans notre relation ! (sic) mais il était différent lorsque les enfants étaient là. Tatillon, toujours à surveiller faits et gestes, à l’affut de la moindre erreur, me faisant comprendre que j’étais trop laxiste, provoquant par là même des tensions.
Il décrocha le cdi. Nous décidâmes de déménager de mon appart pour une grande maison. Les meubles étant quasi tous les miens, il imposa ses tableaux et sa photo de lui enfant pour « mettre sa touche ».
Je m’en foutais, j’allais vivre avec lui, construire enfin, je m’appliquais à suivre tous ces conseils à la lettre sur la tenue de la maison ou ma tenue à moi.
Je rêvais de barbecue entre amis mais il ne les aimait pas trop…
Donc on ne recevait que ces parents.
Puis fin Novembre il se cassa de nouveau une jambe, cette fois ci grosse fracture nécessitant plusieurs opérations du fait de complications et staphylocoque doré. Je me transformais alors en aide-soignante aide-ménagère. Négociant un télé travail à 100% pour être présente.
Il bottait en touche dès lors il je lui demandais de faire jouer sa mutuelle pour une aide au ménage ou repassage. « Tu ne comprends pas que j’ai failli perdre ma jambe, j’ai autre chose en tête, tu ne penses qu’à toi ».
Je devais aller le voir tous les soirs après le boulot à l’hôpital quand il y était, il avait toujours besoin de sa bouteille d’eau pétillante au sirop agrumes (je devais veiller à ce qu’il y ai toujours des bouteilles et du sirop en réserve sinon c’était le drame) ou du coca.. Il me reprochait de ne pas prendre de temps pour moi mais m’envoyais un sms pour me dire « tu m’apporteras cela ? »

Idem lorsqu’il trônait dans son lit médicalisé dans le salon, épiant nos faits et gestes, je terminais ma journée de télétravail et suggérai d’aller un peu à la piscine me délasser, il écoutait d’une oreille distraite puis « tu peux aller me chercher ça à la pharmacie ? »
Mes filles étaient surnommées « esclaves » et il leur demandait « va vider mon urinal, apporte moi du coca, ah tiens redescends à la cave, j’ai oublié que j’ai besoin de ceci » .
Il les culpabilisait, j’étais fatiguée, je ne souriais plus, selon lui car elles ne m’aidaient pas assez. Pour autant l’ainée devait passer l’aspirateur tous les jours car le sol était trop sale. Je ne disais rien, dans un couple il faut aller dans dans le même sens avec les enfants disait-il, ne pas se contredire.

Le confinement arriva là-dessus et nous nous trouvâmes h24 tous les 4. Les repas devinrent infernaux. Il fixait chaque geste des filles et les reprenait pour une bouteille posée trop prêt de son assiette ou un bout de pain coupé de travers.
Quant à moi c’était un regard moqueur « tu ne mets plus que des tee shorts et des leggins ! » ou le lendemain alors que j’avais mis une robe pour lui « tu vas voir un amant ? » Je ne savais plus que faire pour avoir grâce à ses yeux.
Aux beaux jours toujours confinés je sortais la piscine dans le jardin et les filles riaient (enfin !) dans l’eau, pendant que je me posais 5 min sur un transat, il est arrivé furieux et hurlant sur son déambulateur, brandissant la bonde de douche et gesticulant vers mon ainée « votre attention ! Tu sors de la piscine immédiatement et viens me nettoyer ça c’est inadmissible tous ces cheveux ! » (regardant ma fille nettoyer je constatais que les cheveux en question étaient poivre et sel…donc les siens)
Je ne pouvais pas prendre une pause douche ou cigarette sans qu’il vienne critiquer mes enfants « tu te rends compte elle a pris deux mouchoirs au lieu d’un, aucun sens de l’économie ! « pour des broutilles.
Puis un jour en allant faire des courses avec mon ainée, elle me dit « maman tu n’es pas la même quand il est là ou quand il est à l’hosto, cette relation est toxique. Il te lobotomise, on peut rien lui dire, il a toujours raison, moi je fais tout pour que tu sois bien et j’obéis, mais c’est dur maman, il prend plaisir à nous traiter mal »
Ce fut un électro choc.
Ce soir-là j’ai pris 3 verres de vin, puis j’ai explosé à la première de ses remarques. Lui disant que finalement ces problèmes avec son ex ne m’étonnaient pas. Qu’il était égocentrique. Et manipulateur.
S’en suivi un orage sans fond ni sans fin, où tout était retourné contre moi par une véritable diarrhée verbale. Les filles, repliées dans leurs chambres, entendaient tout… Il me lâcha alors « de toute façon je me projette plus avec toi. Je ne peux pas partir car je ne peux pas marcher. Mais je partirai dès que je le pourrais »
Moi en larme le suppliant de réfléchir, lui disant que le confinement et sa jambe lui pesaient.
(Oubliant totalement mon bref éclair de lucidité)
Lui promettant de cohabiter et de l’aider jusqu’à son rétablissement. Une véritable serpillière.

S’en suivirent des jours tendus, plus de mots gentils, des regards haineux, puis une nouvelle dispute à table. Mon ainée sortant un plat du four pour m’aider et demandant où le poser car la table était encombrée, il explosa contre elle « tu es définitivement incapable de prise de décision » . Je tentais de la défendre, mais il ignorait littéralement ma voix et me coupait, j’ai donc saisit mon téléphone et lancé l’enregistrement de cette dispute, pour me souvenir…. Puis je lui ai dit devant mes filles « de toute façon tu veux partir. Alors arrête de nous pourrir la vie » il s’est mis à hurler que j’étais en dessous de tout de dire ça devant mes filles. Etouffant chacune de mes paroles.
Une véritable joute verbale s’est alors engagée entre lui et mon ainée, tellement mure et posée, calme. Dieu que je suis fière d’elle. Le coup final lui fut portée par la cadette qui lui dit « de toute façon tu ne nous a jamais aimé ni nous ni maman, tu ne fais rien ni pour elle ni pour nous tu ne vois que toi » là je l’ai vu bégayer pour la première fois. J’étais spectatrice, éteinte, en pleurs.

J’ai lâché « retourne chez ta mère ».
Le lendemain il m’accusa de tous les mots (conversation également enregistrée pour me souvenir et ne pas replonger) « j’ai attendu toute la nuit et espéré que tu viennes faire amende honorable et t’excuser » « tu étais hystérique » tes filles sont insolentes ». J’ai ré itéré calmement ma demande, à savoir qu’il contacte sa chère maman et qu’elle vienne le chercher. « Tu ne pourras pas garder la maison seule, tu me fous aussi dans la merde.. »
Ses parents sont venus. Il est reparti à 250 km de mois.
C’était début Juin. Un vide intersidéral. Un manque affreux. La sensation que je ne peux vivre sans lui, l’homme de ma vie. Qu’il a peut-être raison, je suis hystérique et mes filles insolentes. Je me répète que ce n’est pas du manque mais un vide généré par une sur pression mentale. Mais un côté de moi pense toujours l’aimer plus que tout. Dieu qu’il est fort.

Il me demande de lui router ses courriers chez ses parents, ne pouvant faire de changement d’adresse tant qu’il n’est pas « chez lui ». Bien sûr je fais aussi garde meubles et tableaux. Il m’a gentiment dit « tu pourras jouir de mes affaires tant que je ne suis pas sur pieds et revenu faire mes cartons »
Je suis allée voir une psy, une seule séance pour le moment. Elle me dit je n’ai jamais été si catégorique en une fois, il a un sérieux problème. Je ne pose pas de mot pour le moment, on y reviendra.

Nous sommes fin Aout. Il est revenu. Il a pris un studio meublé sous prétexte de devoir chercher une maison et faire des visites. Il est revenu faire des cartons. Mécaniquement, j’avais revêtu une robe qu’il aimait, dans une teinte qu’il aimait. Il avait son côté charmeur. S’excusant d’avoir été difficile à vivre. J’ai failli me jeter dans ses bras.

Merci à ceux ou celles qui auront pris la peine de lire. Est-ce un PN comment je le ressens ?
Comment survivre à ses visites à venir pour préparer ses cartons ?
J’ai cette dualité en moi qui me culpabilise : être encore sous son charme tout en souhaitant que tout lien soit coupé au plus vite. Idiote que je suis-je lui ai dit que cela m’émouvait de le revoir, que tout cela est un beau gâchis. Avez-vous eu ce genre de réaction/dualité ?

Merci pour votre patience à la lecture de ce roman improbable.
Bonjour agapanthe35

Tout d'abord je te dis bienvenue sur le forum.

Ce mec ressemble a un toxique pur et dur.!!!

Tu peux faire le test du forum tu verras combien il a de point sur 30.. pour voir s'il est PN mais il a de gros points communs avec les histoires lues ici.

Quelqu un qui t'humilie.. te lobotomise.. te possède ne t'aime pas. C'est pas ça aimer. !!!

Tes filles ont tout dit. Elles sont lucides.

Le meilleur moyen contre un toxique c'est 0 contact.

Le poison de la manipulation partira et tu verras plus clair au fur et a mesure.
C'est le seul moyen de s'en sortir.

Avec de la lecture et un travail sur soi.
Tu y es retourné deja plusieirs fois et a chaque fois ce fut pire..
Cet homme ne t'aime pas. Son but estdete détruire..

Le debut c'est le love bombing . En fait en te confiant tu lui as tout der i sur un plateau il n avait plus qua t apporter la relation idéale mais pas celle qui va t'épanouir.. celle qui une fois que tu seras accros se retournera contre toi.

Tu n'es plus seule alors courage.
Tu dois reprendre confiance en toi
Jess2021
Messages : 15075
Inscription : mar. 1 janv. 2019 17:36

Mon PN, ma drogue, mon histoire

Message par Jess2021 »

agapanthe35 a écrit :Bonjour à toutes et tous.

Je vais tenter de coucher par écrit mes 7 dernières années. Je vous préviens il y aura de la lecture...

Et suis preneuse de vos avis. La rupture étant toute fraiche et son empreinte en moi si vivace, comme vous, je suis dans cet état d’errements où l'on ne sait plus si l'on est dingue ou si la petite voix qui nous souffle qu'il était toxique est la bonne.

2012/2013, mariée, deux enfants, le couple et foyer idéal, en vrai je me fais ma crise de la quarantaine, mon mari est adorable, mais trop pantouflard, je me fais chier, routine, vivre comme des colocs, devoir prendre toutes les décisions, être plus pour lui une seconde maman qu'une épouse. Quasi plus de sexe, bref, je prends la décision de tout arrêter et de casser ce cocon familial en divorçant.
Nous restons soudés car n'ayant à nous reprocher dans le fond. Je porte néanmoins la culpabilité de cette séparation. La sur empathie et la culpabilité de tout forgeant mon caractère.

Inscription sur un site de rencontre. Comme je suis une bille en la matière, je "flashe" par erreur sur un profil juste visité. La photo est pas mal, mais il ne m'aurait pas attirée de prime abord, il fait "trop vieux" trouves-je.
Bing dis donc, ça va vite, il me répond. Dans un excellent français auquel je suis tout de suite très sensible, et avec beaucoup d'humour, en effet cet homme vit en Alsace et moi je suis en Bretagne, il y a mieux pour entamer une relation! Nous en rions. Et, le courant passant bien continuons d'échanger sur le ton de l'humour, d'abord un peu, puis plus, et de ces échanges au départ informels viennent d'autres échanges plus personnels, je suis en confiance, il est "loin" on se raconte nos vies. Très vite cela devient des mails. Puis des sms. Puis des appels qui durent 3h. On se raconte tout, ma vie de routine, le manque de sexe dans mon mariage, sa vie difficile, son ex épouse qui a tous les torts du monde, qui est égocentrique et ne s'est jamais occupée de ses enfants, qui l'a trompé tant de fois, qui l'a rendu alcoolique, ses problèmes de boulot ( mise au placard) sa plongée dans l'alcool et ses problèmes de santé, ses 6 mois d'hospitalisation récents pour de graves problèmes pulmonaires et digestifs, son licenciement, sa mise en invalidité, son épouse qui (selon lui) se voyait déjà veuve et flirtait alors qu'il se battait sur son lit d’hôpital pour survivre mon dieu qu'il m'émeut, que je le trouve extraordinaire et fort de s'être remis de tant d'épreuves.
Il m'explique aussi qu'il aurait dû partir plus tôt, qu'il avait quitté cette femme au bout d'un an car il ne se voyait pas vivre avec elle et sa gamine de 3 ans qu'elle avait d'un 1er lit, que la gamine était mal élevée, qu'il est donc parti, et qu'il a "replongé" lorsque cette femme l'a invité pour son anniversaire, ayant sorti le grand jeu (il était capable de me restituer sa tenue avec force détails. Il parlait toujours d’elle avec un mélange de passion et de haine) qu'ils avaient recouché ensemble et qu'elle était tombée enceinte. Grand prince, il l'avait donc épousée et reconnue sa fille, pour qu'elle porte son nom comme le fils à venir.

Bref tout toute la misère du monde lui était tombé dessus, il était fidèle, travailleur, et avait été trahit par son ex épouse, et par son entreprise.

Il m’apprit qu'il avec des racines en Bretagne, en effet ses parents y vivaient, rejoignant l'Alsace (père breton mère alsacienne) en Hiver. Là aussi il y avait beaucoup à dire sur son enfance, il m'expliqua qu'à 11 ans il avait surpris sa mère au lit avec un autre homme, s'en était suivi un divorce houleux et une nouvelle vie dans un foyer recomposé avec l'amant de sa mère et ses filles, il disait avoir beaucoup souffert de l'autorité de son beau-père, et du désintérêt de sa mère qui partait en vacances en corse ou au ski avec ses belles filles mais l'envoyait, lui, passer ses vacances en Bretagne chez son père.

Pour en finir de camper ce joyeux portrait de famille, sa mère s'était retrouvée à la rue des années plus tard, (alors qu'il fêtait ses 32 ans) trompée par son compagnon, et son père l'avait recueillie...et ré épousée (aurait-elle un côté pn également?).

Il se disait traumatisé par ce divorce et ce remariage bien des années plus tard.

Nous nous rencontrâmes au bout de 2 mois de longues discussions, à l'occasion d'une visite à ces parents en Bretagne. Ces 3 jours furent magiques. Il avait entendu toutes mes envies de sexualité épanouie et bien que très diminué par ses différentes pathologies, il se montrait si tendre, si doux, si impliqué à me donner du plaisir, ce fut. Ouah. L'alchimie. Une connexion intellectuelle forte et une entente sexuelle parfaite.

Outre me charmer, ‘m’ouvrir la porte de la voiture, me livrer ainsi sa vie et m'émouvoir, il me faisait miroiter des choses. En effet, il envisageait de quitter l'Alsace et de venir se reconstruire en Bretagne (ce que naïvement j'interprétais comme un rapprochement vers moi également). Ces propos faisaient toujours planer un doute, j’avais la sensation de devoir déchiffrer. En retour parfois, il me taquinait « arrête de penser pour les autres ».

Il quitta donc l'Alsace, une fois son divorce finalisé, laissant derrière lui son passé, deux fils de 16 et 19 ans, et sa fille par alliance de 24 ans. " Ils volent de leurs propres ailes " disait-il. Je dois dire que je m’étais interrogée sur cette facilité de tout laisser derrière lui, ses enfants en particulier, sans émotion apparente.

Il s'installa chez ses parents le temps de trouver un logement (4 mois!) à 200 kilomètres de chez moi. Nous pouvions nous voir plus régulièrement, mais jamais là-bas. Toujours chez moi. Et à peu près toutes les 3 semaines car sinon cela faisait "trop". Et selon « ses » dispos ( sachant qu’étant en invalidité totale il ne travaillait pas)
J'ai souvenir d'un weekend end romantique au cours duquel il avait loué un gite, et m'envoyait des énigmes à résoudre tout au long de la journée, pour que je devine la destination de ce gite. Il me faisait ainsi passer de villes en villages, et moi petite marionnette je trouvais cela tellement touchant et magique...
Il m'appelait sans arrêt, m’inondait de sms.
Et je tombais éperdument amoureuse. Peu m'importait ses problèmes de santé l'empêchant de travailler, de randonner, ses hurlements de douleurs nocturnes, il était mon prince charmant, son côté plus âgé (5 ans) me rassurait, il attisait mes sens.. M’offrait des petits cadeaux (toujours en en parlant beaucoup d'ailleurs " tu as vu j'ai fait ci, je t'ai offert ça" parfois souvent d’ailleurs des goodies yves rocher piqués je présume à sa mère) je me sentais redevenue femme.

Il finit par s'installer dans une maison en location à 900 mètres de chez ses parents. J'appris plus tard que c'est sa mère qui l'avait dénichée. Tout comme sa nouvelle voiture d'ailleurs.

J’étais ravie, on allait enfin se voir un peu plus. C'est là que tout a commencé à basculer. Tantôt amoureux fou, me couvrant de "je te veux" ou de sobriquets comme "petite chose fragile" il devenait distant dès que je me faisais plus insistante pour le voir. Nous en étions à un an de relation, j'avais l'envie de le voir au moins tous les weekends, il me culpabilisait en me disant que je lui mettais trop de pression, qu'il n'était pas prêt... Devenait distant, moins de sms, moins d'appels, puis de nouveau amoureux dès lors où je m'excusais de manquer de patience.

Bref il ne souhaitait pas que l'on se voit chez lui.
Je souhaitais parallèlement laisser mes enfants en dehors de notre relation tant que celle-ci n’était pas plus régulière et lui avais dit que je les lui présenterai plus tard, mais il vint me rejoindre par surprise dans un camping j’avais une location. Dès que j’étais arrivée là-bas il n’avait d’ailleurs pas arrêté de m’envoyer des messages, du genre « tu dragues les beaux mecs du camping ? Une belle blonde seule ça doit attirer... « Et pour le coup, était venu vérifier… et avait rencontré mes filles.

Cela dura encore 6 mois, de relation à distance avec un weekend par ci par là. Puis lors d'une de nos (longues) conversations téléphoniques un soir je craquais, lui disant que ça me pesait vraiment de ne pas se voir plus souvent que tous les 15 jours 3 semaines.

Il me dit," j'en peux plus, j’étouffe, mes parents m’étouffent, tu m'étouffe, j'ai besoin d'un break. " Et raccrocha me laissant en pleurs.

Il me laissa sans nouvelles pendant 3 semaines, j'étais anéantie, et ce vide. Un vide immense, comme une droguée sans sa dose, fini les sms qui faisaient bipper mon téléphone toutes les minutes, finis les longs appels à parler de tout.. Il ne décrochait pas, ne répondait pas. Je lui écrivis un long mail me mettant plus bas que terre et m'accusant de tous les maux, c'était ma faute, ma trèèèès grande faute. Il accepta qu'on se parle au téléphone et m'expliqua qu'il avait décidé de rompre, car il étouffait, mais que ce n'était pas moi, c'était lui, sa vie avait été trop dure etc.. Qu'il gardait une grande tendresse pour moi etc.. Qu'il souhaitait que nous restions amis car il adorait nos échanges. Que physiquement je n'étais pas vraiment son style aussi, que ce grain de beauté sur ma joue il n'aimait pas, que ma façon de m'habiller n'allait pas, que je serais si jolie les cheveux courts..

S'en suivit une période de "non sevrage" en effet je ne faisais que penser à lui, il était l'amour de ma vie, j’espérai un retour. Espoir qu'il entretenait avec cruauté, il m'appelait quasi tous les soirs, me racontait ses conversations sur meetic, ses rendez-vous, j'étais sa meilleure amie, il n'avait jamais discuté comme ça avec personne, ces filles de site de rencontre ne m'arrivaient pas à la cheville, etc etc..

3 mois de souffrance à préférer garder l'ami par peur de perdre l'amour. A me couper les cheveux. Faire enlever le grain de beauté. Dépenser des fortunes pour changer ma garde-robe.

Puis une amie me secoua un peu, elle me dit coupe les ponts, sors, vis!
Je reprenais ma vie en main, je ne donnais quasi plus de nouvelles, ne lui répondant que peu, je sortais, refaisais du sport (du fait de son invalidité je ne faisais quasi plus rien, et il m’avait tant parlé de son épouse frivole qui sortait en célibataire que je culpabilisais de sortir en semaine avec des amis. Amis, qui par ailleurs, n’avait pas bonne presse auprès de lui, il les critiquait sans les connaitre, allant voir leurs profils facebook) puis un soir à l'occasion d'un repas entre ami je rencontrais un homme, l'amie entremetteuse postant allègrement des photos de la soirée sur les réseaux sociaux.


Il m'appela le lendemain, sous un prétexte dont je ne me souviens plus, puis en vint très vite à ces photos vues sur Facebook " tu as l'air d'être bien, tu rayonnes, c'était bien cette soirée? Que tu es magnifique les cheveux courts. J'aurais laissé néanmoins un peu plus de longueur, là. Tu portes toujours cette robe bleue que je n'aimais pas? Tu as légèrement mincis dirait on"... Et moi je buvais ses paroles, notant mentalement de jeter cette robe, et de laisser un peu de longueur à mes cheveux la prochaine fois.
Il me dit enfin "c'est qui machin, là sur les photos, il like toutes tes publications.."
Dans un sursaut de fierté je lui expliquais alors que cet homme et moi commencions une relation, que j’allais le revoir, qu'il était top...Il changea de voix, prenant une voix sourde, disant qu'il était heureux pour moi, que ça lui faisait quelque chose, qu'il avait une boule au ventre. Il raccrocha et me rappela 1 h après, cette fois ci me suppliant de revenir, de lui donner une chance, il avait été con, il se rendait compte que je lui manquais, sa période d'installation en Bretagne avait été dure, parents omniprésents, c'est moi qui avait trinqué, il n'était pas prêt à ce moment, mais il voulait me prouver qu'il l'était maintenant...

Je tombais littéralement dans le panneau et le week end suivant partais en voiture le rejoindre chez lui où il me conviait.

S'en suivirent 5 années de « on se voit tous les 15 jours le weekend et les vacances».
Il s’était acheté une petit bateau, vivant en bord de mer, il me disait, « tu vois je pense aux autres c’est un achat pour qu’on puisse en profiter à deux ou avec ma famille ». Il aimait avoir sa cour sur la grève où le bateau était amarré, son éloquence fascinait aussi les quelques pêcheurs, aussi fut il très vite élu président de l’association des plaisanciers, titre dont il se rengorgeait, il adorait la flatterie, le compliment, se rengorgeait et était intarissable sur ses qualités de leader. Tous des emmerdeurs, mais lui il allait réorganiser tout cela. Il se frittait régulièrement avec d’autres qui osaient le contredire. Allait également toquer chez les voisins lorsqu’ils avaient le malheur de ne pas être garés correctement.
Mais à mes yeux il était le meilleur, charismatique, si « mâle »…
Mes enfants passaient désormais les vacances là-bas avec nous, il disait qu’il n’était pas nécessaire de partir ailleurs, il y avait la mer, le bateau.
Il plaisantait « femme ! Tu t’occupes de l’intendance » = je faisais toutes les courses, et le ménage ainsi que les repas. Je mettais un point d’honneur à être parfaite pour lui. Il relevait tellement facilement un trop plein de sel ou un sol mal nettoyé. Il était dur avec mes enfants. J’ai des principes d’éducation, mais là c’était des reproches incessants à mots couverts, il me prenait à part et me disait « elles ont fait ceci et pas cela ». Il ne nous accompagnait pas sur des sorties, ou rarement.
Il oubliait mes anniversaires. Plus de cadeaux, plus de portes de voiture ouverte, mais je me disais que je n’avais pas encore fait assez pour le satisfaire. Et je voulais tellement le garder...
Il me signalait souvent préférer que nous soyons seuls.

Sa maison était décorée de tableaux réalisés par lui.
Tous ses tableaux tournaient autour du sexe, certains très très crus représentant des scènes…Mais je les trouvais beaux car forcément il était le meilleur à mes yeux.
Dans sa chambre trônaient des nus qu’il avait fait de son ex-femme, cela nous valut d’ailleurs une dispute car je lui faisais remarquer qu’il est peu commun d’afficher les seins et fesses de son ex au-dessus du lit, remarque que j’avais du ravaler très vite car taxée de « crise de jalousie infantile ». De même un jour il me demande de lui dépanner son pc et je tombe devant lui sur un historique pornographique, « ne fais pas d’ingérence, ni de jalousie, si on a plus le droit de s’amuser » !

J’en devenais jalouse petit à petit moi qui ne le suis pas. De même je devais tolérer qu’il me tienne la main mais se retourne sur une paire de fesses en s’extasiant.

Tout reproche (enfin toute tentative de discussion) se terminait en grande discussion où je finissais par abandonner, vaincue, convaincue d’être la coupable, car il maitrisait l’art de tout retourner contre moi. Je m’en voulais, culpabilisais.

Dans son salon trônait une seule photo : lui petit. Mise en évidence. Aucune photo de ses enfants nulle part. Ni de moi. Le temps passa ainsi, au rythme de week-end et vacances, d’anniversaires oubliés « je n’ai pas la mémoire des dates tu le sais » de compliments reproches « tu es toute jolie mais ta robe est trop courte » ou de reproches non déguisés qui parfois me faisaient pleurer, mes larmes ne provoquant aucune réaction si ce n’est « pff, tu n’as plus d’humour toi ».

Puis j’ai eu une opportunité professionnelle. Je suis passée cadre. Il le vivait mal pour son égo. Je vantais souvent mon entreprise, stable, grosse boite. Il me demanda de l’aider à refaire son cv et une lettre pour y postuler, se sentant « réparé ».
Bien entendu je ne me contentais pas de satisfaire à sa demande, j’allais déposer le tout chez les rh, ne tarissant pas d’éloges à son sujet. Il fut vite recruté en contrat de professionnalisation. Il choisit de rester sur sa zone et de ne pas se rapprocher de moi (déception, au bout de temps d’années il me tardait de faire enfin vie commune, il me disait donne-moi du temps j’ai souffert..).

Au bout de 6 mois de contrat il était le meilleur, selon lui, critiquant ses collègues, et léchant habilement les bottes de la hiérarchie. Il apprit qu’aucun poste en cdi ne serait proposé sur zone, mais qu’il y en aurait dans mon département. (nous étions toujours séparés de 250 km) .
Il se cassa le plateau tibia. La terre s’effondrait, je le vis pleurer pour la première fois, il n’allait pas pouvoir finaliser son contrat et espérer une embauche. Je lui proposais de venir chez moi, le site étant adapté aux handicapés il pourrait faire une reprise anticipée et aller bosser en béquille. Je l’emmenais et allais le chercher en jonglant avec mon boulot, et j’étais aux petits soins pendant qu’il regardait netflix sur mon canapé. Durant cette période de 2 mois il n’a jamais participé aux frais…

Un CDI se profilant sur ma zone, il postula, brusquement pris d’une envie de vie en commun.
Il restait donc chez moi, et les choses se passaient globalement bien, enfin il s’investissait dans notre relation ! (sic) mais il était différent lorsque les enfants étaient là. Tatillon, toujours à surveiller faits et gestes, à l’affut de la moindre erreur, me faisant comprendre que j’étais trop laxiste, provoquant par là même des tensions.
Il décrocha le cdi. Nous décidâmes de déménager de mon appart pour une grande maison. Les meubles étant quasi tous les miens, il imposa ses tableaux et sa photo de lui enfant pour « mettre sa touche ».
Je m’en foutais, j’allais vivre avec lui, construire enfin, je m’appliquais à suivre tous ces conseils à la lettre sur la tenue de la maison ou ma tenue à moi.
Je rêvais de barbecue entre amis mais il ne les aimait pas trop…
Donc on ne recevait que ces parents.
Puis fin Novembre il se cassa de nouveau une jambe, cette fois ci grosse fracture nécessitant plusieurs opérations du fait de complications et staphylocoque doré. Je me transformais alors en aide-soignante aide-ménagère. Négociant un télé travail à 100% pour être présente.
Il bottait en touche dès lors il je lui demandais de faire jouer sa mutuelle pour une aide au ménage ou repassage. « Tu ne comprends pas que j’ai failli perdre ma jambe, j’ai autre chose en tête, tu ne penses qu’à toi ».
Je devais aller le voir tous les soirs après le boulot à l’hôpital quand il y était, il avait toujours besoin de sa bouteille d’eau pétillante au sirop agrumes (je devais veiller à ce qu’il y ai toujours des bouteilles et du sirop en réserve sinon c’était le drame) ou du coca.. Il me reprochait de ne pas prendre de temps pour moi mais m’envoyais un sms pour me dire « tu m’apporteras cela ? »

Idem lorsqu’il trônait dans son lit médicalisé dans le salon, épiant nos faits et gestes, je terminais ma journée de télétravail et suggérai d’aller un peu à la piscine me délasser, il écoutait d’une oreille distraite puis « tu peux aller me chercher ça à la pharmacie ? »
Mes filles étaient surnommées « esclaves » et il leur demandait « va vider mon urinal, apporte moi du coca, ah tiens redescends à la cave, j’ai oublié que j’ai besoin de ceci » .
Il les culpabilisait, j’étais fatiguée, je ne souriais plus, selon lui car elles ne m’aidaient pas assez. Pour autant l’ainée devait passer l’aspirateur tous les jours car le sol était trop sale. Je ne disais rien, dans un couple il faut aller dans dans le même sens avec les enfants disait-il, ne pas se contredire.

Le confinement arriva là-dessus et nous nous trouvâmes h24 tous les 4. Les repas devinrent infernaux. Il fixait chaque geste des filles et les reprenait pour une bouteille posée trop prêt de son assiette ou un bout de pain coupé de travers.
Quant à moi c’était un regard moqueur « tu ne mets plus que des tee shorts et des leggins ! » ou le lendemain alors que j’avais mis une robe pour lui « tu vas voir un amant ? » Je ne savais plus que faire pour avoir grâce à ses yeux.
Aux beaux jours toujours confinés je sortais la piscine dans le jardin et les filles riaient (enfin !) dans l’eau, pendant que je me posais 5 min sur un transat, il est arrivé furieux et hurlant sur son déambulateur, brandissant la bonde de douche et gesticulant vers mon ainée « votre attention ! Tu sors de la piscine immédiatement et viens me nettoyer ça c’est inadmissible tous ces cheveux ! » (regardant ma fille nettoyer je constatais que les cheveux en question étaient poivre et sel…donc les siens)
Je ne pouvais pas prendre une pause douche ou cigarette sans qu’il vienne critiquer mes enfants « tu te rends compte elle a pris deux mouchoirs au lieu d’un, aucun sens de l’économie ! « pour des broutilles.
Puis un jour en allant faire des courses avec mon ainée, elle me dit « maman tu n’es pas la même quand il est là ou quand il est à l’hosto, cette relation est toxique. Il te lobotomise, on peut rien lui dire, il a toujours raison, moi je fais tout pour que tu sois bien et j’obéis, mais c’est dur maman, il prend plaisir à nous traiter mal »
Ce fut un électro choc.
Ce soir-là j’ai pris 3 verres de vin, puis j’ai explosé à la première de ses remarques. Lui disant que finalement ces problèmes avec son ex ne m’étonnaient pas. Qu’il était égocentrique. Et manipulateur.
S’en suivi un orage sans fond ni sans fin, où tout était retourné contre moi par une véritable diarrhée verbale. Les filles, repliées dans leurs chambres, entendaient tout… Il me lâcha alors « de toute façon je me projette plus avec toi. Je ne peux pas partir car je ne peux pas marcher. Mais je partirai dès que je le pourrais »
Moi en larme le suppliant de réfléchir, lui disant que le confinement et sa jambe lui pesaient.
(Oubliant totalement mon bref éclair de lucidité)
Lui promettant de cohabiter et de l’aider jusqu’à son rétablissement. Une véritable serpillière.

S’en suivirent des jours tendus, plus de mots gentils, des regards haineux, puis une nouvelle dispute à table. Mon ainée sortant un plat du four pour m’aider et demandant où le poser car la table était encombrée, il explosa contre elle « tu es définitivement incapable de prise de décision » . Je tentais de la défendre, mais il ignorait littéralement ma voix et me coupait, j’ai donc saisit mon téléphone et lancé l’enregistrement de cette dispute, pour me souvenir…. Puis je lui ai dit devant mes filles « de toute façon tu veux partir. Alors arrête de nous pourrir la vie » il s’est mis à hurler que j’étais en dessous de tout de dire ça devant mes filles. Etouffant chacune de mes paroles.
Une véritable joute verbale s’est alors engagée entre lui et mon ainée, tellement mure et posée, calme. Dieu que je suis fière d’elle. Le coup final lui fut portée par la cadette qui lui dit « de toute façon tu ne nous a jamais aimé ni nous ni maman, tu ne fais rien ni pour elle ni pour nous tu ne vois que toi » là je l’ai vu bégayer pour la première fois. J’étais spectatrice, éteinte, en pleurs.

J’ai lâché « retourne chez ta mère ».
Le lendemain il m’accusa de tous les mots (conversation également enregistrée pour me souvenir et ne pas replonger) « j’ai attendu toute la nuit et espéré que tu viennes faire amende honorable et t’excuser » « tu étais hystérique » tes filles sont insolentes ». J’ai ré itéré calmement ma demande, à savoir qu’il contacte sa chère maman et qu’elle vienne le chercher. « Tu ne pourras pas garder la maison seule, tu me fous aussi dans la merde.. »
Ses parents sont venus. Il est reparti à 250 km de mois.
C’était début Juin. Un vide intersidéral. Un manque affreux. La sensation que je ne peux vivre sans lui, l’homme de ma vie. Qu’il a peut-être raison, je suis hystérique et mes filles insolentes. Je me répète que ce n’est pas du manque mais un vide généré par une sur pression mentale. Mais un côté de moi pense toujours l’aimer plus que tout. Dieu qu’il est fort.

Il me demande de lui router ses courriers chez ses parents, ne pouvant faire de changement d’adresse tant qu’il n’est pas « chez lui ». Bien sûr je fais aussi garde meubles et tableaux. Il m’a gentiment dit « tu pourras jouir de mes affaires tant que je ne suis pas sur pieds et revenu faire mes cartons »
Je suis allée voir une psy, une seule séance pour le moment. Elle me dit je n’ai jamais été si catégorique en une fois, il a un sérieux problème. Je ne pose pas de mot pour le moment, on y reviendra.

Nous sommes fin Aout. Il est revenu. Il a pris un studio meublé sous prétexte de devoir chercher une maison et faire des visites. Il est revenu faire des cartons. Mécaniquement, j’avais revêtu une robe qu’il aimait, dans une teinte qu’il aimait. Il avait son côté charmeur. S’excusant d’avoir été difficile à vivre. J’ai failli me jeter dans ses bras.

Merci à ceux ou celles qui auront pris la peine de lire. Est-ce un PN comment je le ressens ?
Comment survivre à ses visites à venir pour préparer ses cartons ?
J’ai cette dualité en moi qui me culpabilise : être encore sous son charme tout en souhaitant que tout lien soit coupé au plus vite. Idiote que je suis-je lui ai dit que cela m’émouvait de le revoir, que tout cela est un beau gâchis. Avez-vous eu ce genre de réaction/dualité ?

Merci pour votre patience à la lecture de ce roman improbable.
Bonjour agapanthe35

Tout d'abord je te dis bienvenue sur le forum.

Ce mec ressemble a un toxique pur et dur.!!!

Tu peux faire le test du forum tu verras combien il a de point sur 30.. pour voir s'il est PN mais il a de gros points communs avec les histoires lues ici.

Quelqu un qui t'humilie.. te lobotomise.. te possède ne t'aime pas. C'est pas ça aimer. !!!

Tes filles ont tout dit. Elles sont lucides.

Le meilleur moyen contre un toxique c'est 0 contact.

Le poison de la manipulation partira et tu verras plus clair au fur et a mesure.
C'est le seul moyen de s'en sortir.

Avec de la lecture et un travail sur soi.
Tu y es retourné deja plusieirs fois et a chaque fois ce fut pire..
Cet homme ne t'aime pas. Son but estdete détruire..

Le debut c'est le love bombing . En fait en te confiant tu lui as tout der i sur un plateau il n avait plus qua t apporter la relation idéale mais pas celle qui va t'épanouir.. celle qui une fois que tu seras accros se retournera contre toi.

Tu n'es plus seule alors courage.
Tu dois reprendre confiance en toi

Jess
Jess2021
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Inscription : mar. 1 janv. 2019 17:36

Mon PN, ma drogue, mon histoire

Message par Jess2021 »

agapanthe35 a écrit :Bonjour à toutes et tous.

Je vais tenter de coucher par écrit mes 7 dernières années. Je vous préviens il y aura de la lecture...

Et suis preneuse de vos avis. La rupture étant toute fraiche et son empreinte en moi si vivace, comme vous, je suis dans cet état d’errements où l'on ne sait plus si l'on est dingue ou si la petite voix qui nous souffle qu'il était toxique est la bonne.

2012/2013, mariée, deux enfants, le couple et foyer idéal, en vrai je me fais ma crise de la quarantaine, mon mari est adorable, mais trop pantouflard, je me fais chier, routine, vivre comme des colocs, devoir prendre toutes les décisions, être plus pour lui une seconde maman qu'une épouse. Quasi plus de sexe, bref, je prends la décision de tout arrêter et de casser ce cocon familial en divorçant.
Nous restons soudés car n'ayant à nous reprocher dans le fond. Je porte néanmoins la culpabilité de cette séparation. La sur empathie et la culpabilité de tout forgeant mon caractère.

Inscription sur un site de rencontre. Comme je suis une bille en la matière, je "flashe" par erreur sur un profil juste visité. La photo est pas mal, mais il ne m'aurait pas attirée de prime abord, il fait "trop vieux" trouves-je.
Bing dis donc, ça va vite, il me répond. Dans un excellent français auquel je suis tout de suite très sensible, et avec beaucoup d'humour, en effet cet homme vit en Alsace et moi je suis en Bretagne, il y a mieux pour entamer une relation! Nous en rions. Et, le courant passant bien continuons d'échanger sur le ton de l'humour, d'abord un peu, puis plus, et de ces échanges au départ informels viennent d'autres échanges plus personnels, je suis en confiance, il est "loin" on se raconte nos vies. Très vite cela devient des mails. Puis des sms. Puis des appels qui durent 3h. On se raconte tout, ma vie de routine, le manque de sexe dans mon mariage, sa vie difficile, son ex épouse qui a tous les torts du monde, qui est égocentrique et ne s'est jamais occupée de ses enfants, qui l'a trompé tant de fois, qui l'a rendu alcoolique, ses problèmes de boulot ( mise au placard) sa plongée dans l'alcool et ses problèmes de santé, ses 6 mois d'hospitalisation récents pour de graves problèmes pulmonaires et digestifs, son licenciement, sa mise en invalidité, son épouse qui (selon lui) se voyait déjà veuve et flirtait alors qu'il se battait sur son lit d’hôpital pour survivre mon dieu qu'il m'émeut, que je le trouve extraordinaire et fort de s'être remis de tant d'épreuves.
Il m'explique aussi qu'il aurait dû partir plus tôt, qu'il avait quitté cette femme au bout d'un an car il ne se voyait pas vivre avec elle et sa gamine de 3 ans qu'elle avait d'un 1er lit, que la gamine était mal élevée, qu'il est donc parti, et qu'il a "replongé" lorsque cette femme l'a invité pour son anniversaire, ayant sorti le grand jeu (il était capable de me restituer sa tenue avec force détails. Il parlait toujours d’elle avec un mélange de passion et de haine) qu'ils avaient recouché ensemble et qu'elle était tombée enceinte. Grand prince, il l'avait donc épousée et reconnue sa fille, pour qu'elle porte son nom comme le fils à venir.

Bref tout toute la misère du monde lui était tombé dessus, il était fidèle, travailleur, et avait été trahit par son ex épouse, et par son entreprise.

Il m’apprit qu'il avec des racines en Bretagne, en effet ses parents y vivaient, rejoignant l'Alsace (père breton mère alsacienne) en Hiver. Là aussi il y avait beaucoup à dire sur son enfance, il m'expliqua qu'à 11 ans il avait surpris sa mère au lit avec un autre homme, s'en était suivi un divorce houleux et une nouvelle vie dans un foyer recomposé avec l'amant de sa mère et ses filles, il disait avoir beaucoup souffert de l'autorité de son beau-père, et du désintérêt de sa mère qui partait en vacances en corse ou au ski avec ses belles filles mais l'envoyait, lui, passer ses vacances en Bretagne chez son père.

Pour en finir de camper ce joyeux portrait de famille, sa mère s'était retrouvée à la rue des années plus tard, (alors qu'il fêtait ses 32 ans) trompée par son compagnon, et son père l'avait recueillie...et ré épousée (aurait-elle un côté pn également?).

Il se disait traumatisé par ce divorce et ce remariage bien des années plus tard.

Nous nous rencontrâmes au bout de 2 mois de longues discussions, à l'occasion d'une visite à ces parents en Bretagne. Ces 3 jours furent magiques. Il avait entendu toutes mes envies de sexualité épanouie et bien que très diminué par ses différentes pathologies, il se montrait si tendre, si doux, si impliqué à me donner du plaisir, ce fut. Ouah. L'alchimie. Une connexion intellectuelle forte et une entente sexuelle parfaite.

Outre me charmer, ‘m’ouvrir la porte de la voiture, me livrer ainsi sa vie et m'émouvoir, il me faisait miroiter des choses. En effet, il envisageait de quitter l'Alsace et de venir se reconstruire en Bretagne (ce que naïvement j'interprétais comme un rapprochement vers moi également). Ces propos faisaient toujours planer un doute, j’avais la sensation de devoir déchiffrer. En retour parfois, il me taquinait « arrête de penser pour les autres ».

Il quitta donc l'Alsace, une fois son divorce finalisé, laissant derrière lui son passé, deux fils de 16 et 19 ans, et sa fille par alliance de 24 ans. " Ils volent de leurs propres ailes " disait-il. Je dois dire que je m’étais interrogée sur cette facilité de tout laisser derrière lui, ses enfants en particulier, sans émotion apparente.

Il s'installa chez ses parents le temps de trouver un logement (4 mois!) à 200 kilomètres de chez moi. Nous pouvions nous voir plus régulièrement, mais jamais là-bas. Toujours chez moi. Et à peu près toutes les 3 semaines car sinon cela faisait "trop". Et selon « ses » dispos ( sachant qu’étant en invalidité totale il ne travaillait pas)
J'ai souvenir d'un weekend end romantique au cours duquel il avait loué un gite, et m'envoyait des énigmes à résoudre tout au long de la journée, pour que je devine la destination de ce gite. Il me faisait ainsi passer de villes en villages, et moi petite marionnette je trouvais cela tellement touchant et magique...
Il m'appelait sans arrêt, m’inondait de sms.
Et je tombais éperdument amoureuse. Peu m'importait ses problèmes de santé l'empêchant de travailler, de randonner, ses hurlements de douleurs nocturnes, il était mon prince charmant, son côté plus âgé (5 ans) me rassurait, il attisait mes sens.. M’offrait des petits cadeaux (toujours en en parlant beaucoup d'ailleurs " tu as vu j'ai fait ci, je t'ai offert ça" parfois souvent d’ailleurs des goodies yves rocher piqués je présume à sa mère) je me sentais redevenue femme.

Il finit par s'installer dans une maison en location à 900 mètres de chez ses parents. J'appris plus tard que c'est sa mère qui l'avait dénichée. Tout comme sa nouvelle voiture d'ailleurs.

J’étais ravie, on allait enfin se voir un peu plus. C'est là que tout a commencé à basculer. Tantôt amoureux fou, me couvrant de "je te veux" ou de sobriquets comme "petite chose fragile" il devenait distant dès que je me faisais plus insistante pour le voir. Nous en étions à un an de relation, j'avais l'envie de le voir au moins tous les weekends, il me culpabilisait en me disant que je lui mettais trop de pression, qu'il n'était pas prêt... Devenait distant, moins de sms, moins d'appels, puis de nouveau amoureux dès lors où je m'excusais de manquer de patience.

Bref il ne souhaitait pas que l'on se voit chez lui.
Je souhaitais parallèlement laisser mes enfants en dehors de notre relation tant que celle-ci n’était pas plus régulière et lui avais dit que je les lui présenterai plus tard, mais il vint me rejoindre par surprise dans un camping j’avais une location. Dès que j’étais arrivée là-bas il n’avait d’ailleurs pas arrêté de m’envoyer des messages, du genre « tu dragues les beaux mecs du camping ? Une belle blonde seule ça doit attirer... « Et pour le coup, était venu vérifier… et avait rencontré mes filles.

Cela dura encore 6 mois, de relation à distance avec un weekend par ci par là. Puis lors d'une de nos (longues) conversations téléphoniques un soir je craquais, lui disant que ça me pesait vraiment de ne pas se voir plus souvent que tous les 15 jours 3 semaines.

Il me dit," j'en peux plus, j’étouffe, mes parents m’étouffent, tu m'étouffe, j'ai besoin d'un break. " Et raccrocha me laissant en pleurs.

Il me laissa sans nouvelles pendant 3 semaines, j'étais anéantie, et ce vide. Un vide immense, comme une droguée sans sa dose, fini les sms qui faisaient bipper mon téléphone toutes les minutes, finis les longs appels à parler de tout.. Il ne décrochait pas, ne répondait pas. Je lui écrivis un long mail me mettant plus bas que terre et m'accusant de tous les maux, c'était ma faute, ma trèèèès grande faute. Il accepta qu'on se parle au téléphone et m'expliqua qu'il avait décidé de rompre, car il étouffait, mais que ce n'était pas moi, c'était lui, sa vie avait été trop dure etc.. Qu'il gardait une grande tendresse pour moi etc.. Qu'il souhaitait que nous restions amis car il adorait nos échanges. Que physiquement je n'étais pas vraiment son style aussi, que ce grain de beauté sur ma joue il n'aimait pas, que ma façon de m'habiller n'allait pas, que je serais si jolie les cheveux courts..

S'en suivit une période de "non sevrage" en effet je ne faisais que penser à lui, il était l'amour de ma vie, j’espérai un retour. Espoir qu'il entretenait avec cruauté, il m'appelait quasi tous les soirs, me racontait ses conversations sur meetic, ses rendez-vous, j'étais sa meilleure amie, il n'avait jamais discuté comme ça avec personne, ces filles de site de rencontre ne m'arrivaient pas à la cheville, etc etc..

3 mois de souffrance à préférer garder l'ami par peur de perdre l'amour. A me couper les cheveux. Faire enlever le grain de beauté. Dépenser des fortunes pour changer ma garde-robe.

Puis une amie me secoua un peu, elle me dit coupe les ponts, sors, vis!
Je reprenais ma vie en main, je ne donnais quasi plus de nouvelles, ne lui répondant que peu, je sortais, refaisais du sport (du fait de son invalidité je ne faisais quasi plus rien, et il m’avait tant parlé de son épouse frivole qui sortait en célibataire que je culpabilisais de sortir en semaine avec des amis. Amis, qui par ailleurs, n’avait pas bonne presse auprès de lui, il les critiquait sans les connaitre, allant voir leurs profils facebook) puis un soir à l'occasion d'un repas entre ami je rencontrais un homme, l'amie entremetteuse postant allègrement des photos de la soirée sur les réseaux sociaux.


Il m'appela le lendemain, sous un prétexte dont je ne me souviens plus, puis en vint très vite à ces photos vues sur Facebook " tu as l'air d'être bien, tu rayonnes, c'était bien cette soirée? Que tu es magnifique les cheveux courts. J'aurais laissé néanmoins un peu plus de longueur, là. Tu portes toujours cette robe bleue que je n'aimais pas? Tu as légèrement mincis dirait on"... Et moi je buvais ses paroles, notant mentalement de jeter cette robe, et de laisser un peu de longueur à mes cheveux la prochaine fois.
Il me dit enfin "c'est qui machin, là sur les photos, il like toutes tes publications.."
Dans un sursaut de fierté je lui expliquais alors que cet homme et moi commencions une relation, que j’allais le revoir, qu'il était top...Il changea de voix, prenant une voix sourde, disant qu'il était heureux pour moi, que ça lui faisait quelque chose, qu'il avait une boule au ventre. Il raccrocha et me rappela 1 h après, cette fois ci me suppliant de revenir, de lui donner une chance, il avait été con, il se rendait compte que je lui manquais, sa période d'installation en Bretagne avait été dure, parents omniprésents, c'est moi qui avait trinqué, il n'était pas prêt à ce moment, mais il voulait me prouver qu'il l'était maintenant...

Je tombais littéralement dans le panneau et le week end suivant partais en voiture le rejoindre chez lui où il me conviait.

S'en suivirent 5 années de « on se voit tous les 15 jours le weekend et les vacances».
Il s’était acheté une petit bateau, vivant en bord de mer, il me disait, « tu vois je pense aux autres c’est un achat pour qu’on puisse en profiter à deux ou avec ma famille ». Il aimait avoir sa cour sur la grève où le bateau était amarré, son éloquence fascinait aussi les quelques pêcheurs, aussi fut il très vite élu président de l’association des plaisanciers, titre dont il se rengorgeait, il adorait la flatterie, le compliment, se rengorgeait et était intarissable sur ses qualités de leader. Tous des emmerdeurs, mais lui il allait réorganiser tout cela. Il se frittait régulièrement avec d’autres qui osaient le contredire. Allait également toquer chez les voisins lorsqu’ils avaient le malheur de ne pas être garés correctement.
Mais à mes yeux il était le meilleur, charismatique, si « mâle »…
Mes enfants passaient désormais les vacances là-bas avec nous, il disait qu’il n’était pas nécessaire de partir ailleurs, il y avait la mer, le bateau.
Il plaisantait « femme ! Tu t’occupes de l’intendance » = je faisais toutes les courses, et le ménage ainsi que les repas. Je mettais un point d’honneur à être parfaite pour lui. Il relevait tellement facilement un trop plein de sel ou un sol mal nettoyé. Il était dur avec mes enfants. J’ai des principes d’éducation, mais là c’était des reproches incessants à mots couverts, il me prenait à part et me disait « elles ont fait ceci et pas cela ». Il ne nous accompagnait pas sur des sorties, ou rarement.
Il oubliait mes anniversaires. Plus de cadeaux, plus de portes de voiture ouverte, mais je me disais que je n’avais pas encore fait assez pour le satisfaire. Et je voulais tellement le garder...
Il me signalait souvent préférer que nous soyons seuls.

Sa maison était décorée de tableaux réalisés par lui.
Tous ses tableaux tournaient autour du sexe, certains très très crus représentant des scènes…Mais je les trouvais beaux car forcément il était le meilleur à mes yeux.
Dans sa chambre trônaient des nus qu’il avait fait de son ex-femme, cela nous valut d’ailleurs une dispute car je lui faisais remarquer qu’il est peu commun d’afficher les seins et fesses de son ex au-dessus du lit, remarque que j’avais du ravaler très vite car taxée de « crise de jalousie infantile ». De même un jour il me demande de lui dépanner son pc et je tombe devant lui sur un historique pornographique, « ne fais pas d’ingérence, ni de jalousie, si on a plus le droit de s’amuser » !

J’en devenais jalouse petit à petit moi qui ne le suis pas. De même je devais tolérer qu’il me tienne la main mais se retourne sur une paire de fesses en s’extasiant.

Tout reproche (enfin toute tentative de discussion) se terminait en grande discussion où je finissais par abandonner, vaincue, convaincue d’être la coupable, car il maitrisait l’art de tout retourner contre moi. Je m’en voulais, culpabilisais.

Dans son salon trônait une seule photo : lui petit. Mise en évidence. Aucune photo de ses enfants nulle part. Ni de moi. Le temps passa ainsi, au rythme de week-end et vacances, d’anniversaires oubliés « je n’ai pas la mémoire des dates tu le sais » de compliments reproches « tu es toute jolie mais ta robe est trop courte » ou de reproches non déguisés qui parfois me faisaient pleurer, mes larmes ne provoquant aucune réaction si ce n’est « pff, tu n’as plus d’humour toi ».

Puis j’ai eu une opportunité professionnelle. Je suis passée cadre. Il le vivait mal pour son égo. Je vantais souvent mon entreprise, stable, grosse boite. Il me demanda de l’aider à refaire son cv et une lettre pour y postuler, se sentant « réparé ».
Bien entendu je ne me contentais pas de satisfaire à sa demande, j’allais déposer le tout chez les rh, ne tarissant pas d’éloges à son sujet. Il fut vite recruté en contrat de professionnalisation. Il choisit de rester sur sa zone et de ne pas se rapprocher de moi (déception, au bout de temps d’années il me tardait de faire enfin vie commune, il me disait donne-moi du temps j’ai souffert..).

Au bout de 6 mois de contrat il était le meilleur, selon lui, critiquant ses collègues, et léchant habilement les bottes de la hiérarchie. Il apprit qu’aucun poste en cdi ne serait proposé sur zone, mais qu’il y en aurait dans mon département. (nous étions toujours séparés de 250 km) .
Il se cassa le plateau tibia. La terre s’effondrait, je le vis pleurer pour la première fois, il n’allait pas pouvoir finaliser son contrat et espérer une embauche. Je lui proposais de venir chez moi, le site étant adapté aux handicapés il pourrait faire une reprise anticipée et aller bosser en béquille. Je l’emmenais et allais le chercher en jonglant avec mon boulot, et j’étais aux petits soins pendant qu’il regardait netflix sur mon canapé. Durant cette période de 2 mois il n’a jamais participé aux frais…

Un CDI se profilant sur ma zone, il postula, brusquement pris d’une envie de vie en commun.
Il restait donc chez moi, et les choses se passaient globalement bien, enfin il s’investissait dans notre relation ! (sic) mais il était différent lorsque les enfants étaient là. Tatillon, toujours à surveiller faits et gestes, à l’affut de la moindre erreur, me faisant comprendre que j’étais trop laxiste, provoquant par là même des tensions.
Il décrocha le cdi. Nous décidâmes de déménager de mon appart pour une grande maison. Les meubles étant quasi tous les miens, il imposa ses tableaux et sa photo de lui enfant pour « mettre sa touche ».
Je m’en foutais, j’allais vivre avec lui, construire enfin, je m’appliquais à suivre tous ces conseils à la lettre sur la tenue de la maison ou ma tenue à moi.
Je rêvais de barbecue entre amis mais il ne les aimait pas trop…
Donc on ne recevait que ces parents.
Puis fin Novembre il se cassa de nouveau une jambe, cette fois ci grosse fracture nécessitant plusieurs opérations du fait de complications et staphylocoque doré. Je me transformais alors en aide-soignante aide-ménagère. Négociant un télé travail à 100% pour être présente.
Il bottait en touche dès lors il je lui demandais de faire jouer sa mutuelle pour une aide au ménage ou repassage. « Tu ne comprends pas que j’ai failli perdre ma jambe, j’ai autre chose en tête, tu ne penses qu’à toi ».
Je devais aller le voir tous les soirs après le boulot à l’hôpital quand il y était, il avait toujours besoin de sa bouteille d’eau pétillante au sirop agrumes (je devais veiller à ce qu’il y ai toujours des bouteilles et du sirop en réserve sinon c’était le drame) ou du coca.. Il me reprochait de ne pas prendre de temps pour moi mais m’envoyais un sms pour me dire « tu m’apporteras cela ? »

Idem lorsqu’il trônait dans son lit médicalisé dans le salon, épiant nos faits et gestes, je terminais ma journée de télétravail et suggérai d’aller un peu à la piscine me délasser, il écoutait d’une oreille distraite puis « tu peux aller me chercher ça à la pharmacie ? »
Mes filles étaient surnommées « esclaves » et il leur demandait « va vider mon urinal, apporte moi du coca, ah tiens redescends à la cave, j’ai oublié que j’ai besoin de ceci » .
Il les culpabilisait, j’étais fatiguée, je ne souriais plus, selon lui car elles ne m’aidaient pas assez. Pour autant l’ainée devait passer l’aspirateur tous les jours car le sol était trop sale. Je ne disais rien, dans un couple il faut aller dans dans le même sens avec les enfants disait-il, ne pas se contredire.

Le confinement arriva là-dessus et nous nous trouvâmes h24 tous les 4. Les repas devinrent infernaux. Il fixait chaque geste des filles et les reprenait pour une bouteille posée trop prêt de son assiette ou un bout de pain coupé de travers.
Quant à moi c’était un regard moqueur « tu ne mets plus que des tee shorts et des leggins ! » ou le lendemain alors que j’avais mis une robe pour lui « tu vas voir un amant ? » Je ne savais plus que faire pour avoir grâce à ses yeux.
Aux beaux jours toujours confinés je sortais la piscine dans le jardin et les filles riaient (enfin !) dans l’eau, pendant que je me posais 5 min sur un transat, il est arrivé furieux et hurlant sur son déambulateur, brandissant la bonde de douche et gesticulant vers mon ainée « votre attention ! Tu sors de la piscine immédiatement et viens me nettoyer ça c’est inadmissible tous ces cheveux ! » (regardant ma fille nettoyer je constatais que les cheveux en question étaient poivre et sel…donc les siens)
Je ne pouvais pas prendre une pause douche ou cigarette sans qu’il vienne critiquer mes enfants « tu te rends compte elle a pris deux mouchoirs au lieu d’un, aucun sens de l’économie ! « pour des broutilles.
Puis un jour en allant faire des courses avec mon ainée, elle me dit « maman tu n’es pas la même quand il est là ou quand il est à l’hosto, cette relation est toxique. Il te lobotomise, on peut rien lui dire, il a toujours raison, moi je fais tout pour que tu sois bien et j’obéis, mais c’est dur maman, il prend plaisir à nous traiter mal »
Ce fut un électro choc.
Ce soir-là j’ai pris 3 verres de vin, puis j’ai explosé à la première de ses remarques. Lui disant que finalement ces problèmes avec son ex ne m’étonnaient pas. Qu’il était égocentrique. Et manipulateur.
S’en suivi un orage sans fond ni sans fin, où tout était retourné contre moi par une véritable diarrhée verbale. Les filles, repliées dans leurs chambres, entendaient tout… Il me lâcha alors « de toute façon je me projette plus avec toi. Je ne peux pas partir car je ne peux pas marcher. Mais je partirai dès que je le pourrais »
Moi en larme le suppliant de réfléchir, lui disant que le confinement et sa jambe lui pesaient.
(Oubliant totalement mon bref éclair de lucidité)
Lui promettant de cohabiter et de l’aider jusqu’à son rétablissement. Une véritable serpillière.

S’en suivirent des jours tendus, plus de mots gentils, des regards haineux, puis une nouvelle dispute à table. Mon ainée sortant un plat du four pour m’aider et demandant où le poser car la table était encombrée, il explosa contre elle « tu es définitivement incapable de prise de décision » . Je tentais de la défendre, mais il ignorait littéralement ma voix et me coupait, j’ai donc saisit mon téléphone et lancé l’enregistrement de cette dispute, pour me souvenir…. Puis je lui ai dit devant mes filles « de toute façon tu veux partir. Alors arrête de nous pourrir la vie » il s’est mis à hurler que j’étais en dessous de tout de dire ça devant mes filles. Etouffant chacune de mes paroles.
Une véritable joute verbale s’est alors engagée entre lui et mon ainée, tellement mure et posée, calme. Dieu que je suis fière d’elle. Le coup final lui fut portée par la cadette qui lui dit « de toute façon tu ne nous a jamais aimé ni nous ni maman, tu ne fais rien ni pour elle ni pour nous tu ne vois que toi » là je l’ai vu bégayer pour la première fois. J’étais spectatrice, éteinte, en pleurs.

J’ai lâché « retourne chez ta mère ».
Le lendemain il m’accusa de tous les mots (conversation également enregistrée pour me souvenir et ne pas replonger) « j’ai attendu toute la nuit et espéré que tu viennes faire amende honorable et t’excuser » « tu étais hystérique » tes filles sont insolentes ». J’ai ré itéré calmement ma demande, à savoir qu’il contacte sa chère maman et qu’elle vienne le chercher. « Tu ne pourras pas garder la maison seule, tu me fous aussi dans la merde.. »
Ses parents sont venus. Il est reparti à 250 km de mois.
C’était début Juin. Un vide intersidéral. Un manque affreux. La sensation que je ne peux vivre sans lui, l’homme de ma vie. Qu’il a peut-être raison, je suis hystérique et mes filles insolentes. Je me répète que ce n’est pas du manque mais un vide généré par une sur pression mentale. Mais un côté de moi pense toujours l’aimer plus que tout. Dieu qu’il est fort.

Il me demande de lui router ses courriers chez ses parents, ne pouvant faire de changement d’adresse tant qu’il n’est pas « chez lui ». Bien sûr je fais aussi garde meubles et tableaux. Il m’a gentiment dit « tu pourras jouir de mes affaires tant que je ne suis pas sur pieds et revenu faire mes cartons »
Je suis allée voir une psy, une seule séance pour le moment. Elle me dit je n’ai jamais été si catégorique en une fois, il a un sérieux problème. Je ne pose pas de mot pour le moment, on y reviendra.

Nous sommes fin Aout. Il est revenu. Il a pris un studio meublé sous prétexte de devoir chercher une maison et faire des visites. Il est revenu faire des cartons. Mécaniquement, j’avais revêtu une robe qu’il aimait, dans une teinte qu’il aimait. Il avait son côté charmeur. S’excusant d’avoir été difficile à vivre. J’ai failli me jeter dans ses bras.

Merci à ceux ou celles qui auront pris la peine de lire. Est-ce un PN comment je le ressens ?
Comment survivre à ses visites à venir pour préparer ses cartons ?
J’ai cette dualité en moi qui me culpabilise : être encore sous son charme tout en souhaitant que tout lien soit coupé au plus vite. Idiote que je suis-je lui ai dit que cela m’émouvait de le revoir, que tout cela est un beau gâchis. Avez-vous eu ce genre de réaction/dualité ?

Merci pour votre patience à la lecture de ce roman improbable.
Bonjour agapanthe35

Tout d'abord je te dis bienvenue sur le forum.

Ce mec ressemble a un toxique pur et dur.!!!

Tu peux faire le test du forum tu verras combien il a de point sur 30.. pour voir s'il est PN mais il a de gros points communs avec les histoires lues ici.

Quelqu un qui t'humilie.. te lobotomise.. te possède ne t'aime pas. C'est pas ça aimer. !!!

Tes filles ont tout dit. Elles sont lucides.

Le meilleur moyen contre un toxique c'est 0 contact.

Le poison de la manipulation partira et tu verras plus clair au fur et a mesure.
C'est le seul moyen de s'en sortir.

Avec de la lecture et un travail sur soi.
Tu y es retourné deja plusieirs fois et a chaque fois ce fut pire..
Cet homme ne t'aime pas. Son but estdete détruire..

Le debut c'est le love bombing . En fait en te confiant tu lui as tout der i sur un plateau il n avait plus qua t apporter la relation idéale mais pas celle qui va t'épanouir.. celle qui une fois que tu seras accros se retournera contre toi.

Tu n'es plus seule alors courage.
Tu dois reprendre confiance en toi

Jess
agapanthe35
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Inscription : mar. 18 août 2020 12:45

Mon PN, ma drogue, mon histoire

Message par agapanthe35 »

Merci Jess

Je sais que j'en ai ecris une tartine.
Long à lire...
Oui je sais qu'il est toxique.
Mais le plus dur va être de survivre "sans y retourner" le temps qu il fasse ses cartons.
J'ai du mal..
Jess2021
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Mon PN, ma drogue, mon histoire

Message par Jess2021 »

Pour la lecture j'ai tout lu ;)

Effectivement le plus dur est de ne pas y retourner mais pour ne pas y retourner il faut avoir l'esprit occupé a autre chose..

As tu un travail ?
Es tu suivi régulièrement ?
As tu des amis pour sortir ?

Et ton ex mari? Il n'y a pas de possibilité entre vous?

Tu pourras trouver dans la bibliothèque des tas d'article sur la perversion et je pense que tant qu on ne comprend pas que ces tarés fonctionnent différemment de nous ça n'aide pas.
Juste mon point de vue.

N'hésite pas a venir ici. Ça aide

Tu peux ecrire ici ce que tu aimerais lui dire plutôt que d'envoyer un message a ce mec !
Courage
agapanthe35
Messages : 3
Inscription : mar. 18 août 2020 12:45

Re: Mon PN, ma drogue, mon histoire

Message par agapanthe35 »

Janvier 2021

Je n'ai pas posté depuis Aout.
Je suis en arrêt, telle une coquille vide, et pour la première fois de ma vie j'entame un traitement d'anti dépresseurs.

Mon Pn est donc revenu sur ses deux jambes fin Aout, charmeur, faire ses cartons. En location dans un meublé pour commencer.
J'ai replongé, une vraie lavette, il n'a pas eu besoin de dire un seul mot doux (si ce n'est ô combien j'étais exceptionnelle et que je l'avais soutenu dans la maladie), pour autant m'appelant par mon prénom froidement, restant à distance, mais avec des regards faussement tendres, ce qui fait que c'est moi même qui venait me blottir dans ses bras pfff. Quelle nouille.
On a bien entendu couché ensemble, et même passé des journées à se promener.
tout ça en "plusieurs fois" pn voulait se faire désirer et ne faisait que des apparitions fugaces sur des jours où je n'avais pas mes filles.

puis j'ai eu honte, je me suis dit ma fille, là il trouve le bon plan, il vient "se soulager" quand il a besoin, sans pression de couple, et sans gosses, et nous voici repartis plusieurs années en arrière..

J'ai donc fait silence radio, tout en lui disant que ce serait pas mal de trouver rapidement un logement pour me débarrasser de ces meubles tableaux et cartons. je ne communiquais que pour lui dire qu'il avait du courrier,et il venait le chercher rapidement sans rester.

Pn étant un enfant capricieux, il s'est mis en tête de trouver une maison à louer, moins de 600 euros, en périphérie de ma ville : autant chercher une aiguille dans une botte de foin.

Mi septembre : mon garage est toujours plein de ses affaires, il vient toujours chercher son courrier de temps en temps.Je lui dis pourquoi ne pas prendre un appart avec garage? réponse " ah non hein, tu vas pas t'y mettre comme ma mère, je ne VEUX pas d'appart"


Mi Octobre : toujours pareil. La psy me dit mais bloquez le bon sang et mettez ses affaires dehors. Je dit oui oui...

Mi Novembre : toujours pareil, je lui suggère de prendre un garde meuble.. J'ose plus aller voir ma psy.

Je n'ose plus descendre dans mon garage, j'y ai stocké désormais toutes ses dernières affaires qui étaient restées à l'étage, ses tableaux, mis des choses à moi, mais ce garage plein de lui me fait horreur, comme le courrier que je continue à recevoir " tu comprends je vais vite trouver ma maison, je vais pas faire 2 changements d'adresse en si peu temps, et ni 2 déménagements"

Mi décembre je reçois un message tout guilleret de sa part " youpii je suis en vacances, je pars en Alsace voir mes enfants pour les fêtes"

Mon sang ne fait qu'un tour, la moutarde me monte au nez, je lui dis que nous n'avons pas les mêmes priorités décidément, et que tant mieux si il part en vacances, moi je loue un box, fait vider ses affaires par des amis, colle tout dedans, et lui envoie la facture.

Après m'avoir accusée de "vraiment vouloir l'emmerder" il trouvera en 2 jours un box et 2 collègues pour l'aider ( comme quoi)

ses affaires sont donc parties depuis Mi décembre. Son courrier arrive encore mais..je le mets en "npai". Je l'ai viré de mes réseaux sociaux..

Et ce début Janvier grosse décompression, insomnie, ce con m'a envoyé un sms de bonne année dégoulinant de gentillesse feinte.

Je suis crevée, j'ai envie de rien, je grossis à vue d’œil, j'ai donc appelé ma toubib au secours, moi qui ne dit rien, veux gérer seule, passe pour la fille forte et rigolote..j'allais sombrer. Elle m'a prescris repos de 15 jrs et prozac.

Ma psy est en congé mater, je tenter de voir quelqu'un d'autre. Je suis sidérée par la puissance de la manipulation psy dont il a usé.
crevette1980
Messages : 489
Inscription : mer. 11 janv. 2017 11:23

Re: Mon PN, ma drogue, mon histoire

Message par crevette1980 »

Bonjour agapanthe,

J'ai lu ton histoire, est-ce que ton traitement te fait du bien?

J'espère que ton toxique n'est pas revenu à la charge, et que tu commences à te sentir mieux.

Tu as eu le courage de le virer, tu peux être fière de toi car ils savent à merveille nous rendre dépendantes et incapables de nous sauver.
Si tu as aimé autant la mauvaise personne, imagines comme tu aimeras la bonne 😊💪
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