Le grand vide de la sortie d’emprise : mon histoire

Zelinette
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Le grand vide de la sortie d’emprise : mon histoire

Messagepar Zelinette » 14 Fév 2020, 17:50

La plus petite, âgée de 10 ans à cette époque, regarde du porno en cachette. je trouve ça super grave. Sa grande sœur aussi. ma fille aussi. Mais ps lui

je voulais dire : Je trouve ça super grave. Sa grande sœur aussi trouve ça grave. Ma fille aussi. Mais pas lui
mais hélas qui ne sait que ces loups doucereux
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Zelinette
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Le grand vide de la sortie d’emprise : mon histoire

Messagepar Zelinette » 14 Fév 2020, 19:04

V. Les caprices
Oui, j’ai décidé d’appeler ça comme ça, parce que il me paraît de plus en plus évident que l’âge affectif de mon PN était extrêmement bas… et que par conséquent, il s’est souvent comporté comme un enfant capricieux.
Je l’ai souvent ressenti et dans les disputes, c’était le premier truc qui me venait, quand je lui disais « Mais enfin, t’as quel âge ? » il s’énervait encore plus… Mais bon, c’était dit ! Pour vous faire rire… je vous raconte un truc… Un jour où il me prenait la tête et me hurlait dessus je ne sais plus pourquoi, je lui ai dit « Tu as cinq ans d’âge mental » et j’ai quitté la pièce. Il est revenu me débusquer là où j’étais cachée et là il m’a lancé, triomphant : « J’ai peut-être 5 ans mais moi au moins je fais caca, je ne suis pas constipé comme toi ». Il espérait que ça me vexerait, j’ai éclaté de rire. Bon, après, la suite est moins drôle, parce que je me rappelle que c’est le jour où il m’a attrapé les bras que j’avais mis devant ma tête pour me protéger car il me hurlait dessus à 2cm du visage, et quant il m’a immobilisé les bras j’ai eu un coup de panique, pour moi c’était hyper violent, je n’avais plus le droit de me protéger… (C.Petitcolin parle très bien de ce geste dans son livre sur l’affirmation de soi, « Apprendre à dire non » : pour elle, priver quelqu’un de se protéger c’est le condamner à subir donc c’est la violence ultime.) On ne doit pas empêcher quelqu’un (même un enfant, surtout un enfant) d’avoir des gestes d’auto-protection. Sinon, on le tue psychologiquement…
Bon, nous disions donc : les caprices !

Si vous avez suivi les épisodes précédents, Livio habitait chez moi (et allait chez lui une fois/15 jrs pour ses filles, qui parfois venaient chez moi pendant les vacances, bref la vie complexe d’une famille recomposée). Ma fille à cete époque avait un petit aquarium avec un poisson combattant et un poisson rouge. Il trouvait ça sympa (« j’ai toujours voulu avoir un aquarium quand j’étais petit »), puis triste (« cet aquarium est trop petit »), puis a commencé à développer une obsession pour les aquariums (il était très obsessionnel, avec des idées fixes sur des biens métariels qu’il lui fallait absolument : un an plus tard, il a acheté un casque de réalité virtuelle qu’il n’a JAMAIS utilisé, mais vraiment jamais, et une trottinette électrique, servi une fois). C’était les soldes, il avait repéré un grand aqua en soldes dans une animalerie et m’a tannée pour aller le voir « en vrai ». Moi je n’étais pas convaincue, d’abord les oissons de ma fille ne survivraient pas dans ce grand aquarium d’eau chaude qu’il voulait (je m’étais renseignée) et puis c’est beaucoup de contraintes, je me voyais pas m’en occuper. Mais ce serait le sien, d’ailleurs il le payerait, il s’en occcuperait, etc. (J’avais l’impression d’avoir un môme qui veut un chien). Il m’a convaincue d’aller voir l’aqua, s’est renseigné auprès du vendeur, etc. Je trouvais l’aquarium énorme (100L), je lui ai dit que j’avais besoin de réfléchir encore. Du coup, on est ressortis, et là j’ai cru qu’il allait pleurer ! Mais vraiment !! Il boudait dans la voiture, je m’en suis voulu, je lui ai dit : « C’est si important que ça, cet aquarium ? » et il m’a regardé, plein d’espoir dans le regard, alors j’ai cédé et là, je ne m’attendais pas à ça, alors qu’un adulte aurait dit : « Non, j’ai compris que tu n’en voulais pas, on va encore y réfléchir, rien ne presse », il a dit « Oui ! fais demi-tour, s’il te l-plait laisse moi l’acheter, ce sera mes poissons, je vais bien men occuper ! »… Euh..
Je m’en foutais un peu, à vrai dire, donc je l’ai fait, mais j’étais mal à l’aise avec sa réaction, que je trouvais tellement immature !
Bien évidemment les deux poissons de ma fille sont morts dans ce nouvel aquarium. Et bien entendu, très vite j’ai dû m’en occuper, changer l’eau, acheter des tas de trucs (pompe, bulleur..). Les soirs, en revanche alors que j’étais épuisée vers minuit, une heure du matin (il se couchait très tard et n’aimait pas que je dorme avant lui) et devais l’attendre pour qu’il vienne se coucher, je devais patienter car d’abord, « il regardait les poissons ». Il y passait parfois un quart d’heure, 2à minutes, juste à les regarder. Je me suis souvent demandé s’il le faisait exprès, s’il était concient que pendant ce temps, je l’attendais. Je me disais que non, c’était impossible.
Maintenant je pense que oui. Il jouissait de mon attente, de mon immobilité. De l’emprise.

L’autre caprice… Si vous avez suivi les épisodes précédents, vous vous en doutez : c’est l’échangisme, ou le libertinage. Alors moi, l’échangisme, c’est niet. J’ai rien contre dans l’absolu, chacun fait ce qu’il veut, ce qu’il me raconte de ses expériences passées ne me choque pas, mais j’ai pas envie, voilà, c’est tout. En revanche, il me parle sans cesse des clubs libertins et, vu la descritption qu’il m’en fait, je me dis que ça ne doit pas être bien méchant, plein de gens y vont. On regarde des tas de documentaires sur le sujet, à la télé, sur le web… Il en parle beaucoup, mais sans me forcer, c’est juste une suggestion mentale, quasi permanente. Un soir, je m’en souviens, à force d’une parler il se rembrunit, devient triste, me dit qu’il sait qu’il va devoir se faire à cette idée que « sa nana » n’est pas libertine. C’est une déception, mais c’est pas grave, il m’aime plus que tout… Mais bon, voilà, il est triste, c’est normal… Je le console comme une conne, et j’ouvre la porte qu’il attendait : « J’ai pas dit non définitivement, on verra, peut-être qu’un jour, je serai curieuse »… Evidemment, il n’aura de cesse d’attendre ce fameux « jour » !! Et il arrive.
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Sunrise
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Le grand vide de la sortie d’emprise : mon histoire

Messagepar Sunrise » 14 Fév 2020, 23:14

Salut Zelinette,

C'est un vrai plaisir de te lire ! C'est si bien narré, si bien détaillé que ça m'en fait froid dans le dos tellement ça me fait écho avec ce que j'ai vécu...
Tu as commenté mon post il n'y a pas longtemps en me disant la même chose à ce propos :)
Les pn sortent quasiment du même moule, mais nos deux pn semblent sortir d'exactement du même (tes détails se recoupent tellement avec les miens que j'attendais d'en lire plus pour savoir si tu parlais pas mon pn :shock: ) ! À te lire, je ressens bien cette sensation de stress et de malaise qui m'a hanté durant toute ma relation avec pn :(

Dans l'attente de lire la suite de ton témoignage :)

Calaïca
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Le grand vide de la sortie d’emprise : mon histoire

Messagepar Calaïca » 15 Fév 2020, 09:41

Rien à dire, tu écris vraiment bien, avec une fine analyse. Tu en es où maintenant?

Et une question intéressée par rapport à ma situation: avec le recul, pendant la lune de miel et avant la première grosse crise, pas d'indices, de phrases qui auraient dû te faire te poser des questions?

alessa87
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Le grand vide de la sortie d’emprise : mon histoire

Messagepar alessa87 » 15 Fév 2020, 10:43

hello zelinette, le coup de la tablette de chocolat m'a fait bien rire :4: Ils ont le don pour nous faire basculer dans le tragi-comique ! Une amie me disait récemment "tu es passée de la tragédie grecque à la comédia dell'arte" et je pense qu'on est tous dans ce cas :( Ils en deviennent grotesques de mise en scene....
Parmi tous les épisodes que tu racontes il y en a un que j'ai vécu au détail près : le coup du "je fais mes valises adieu". Le mien a fait exactement la même chose sur notre lieu de vacances, devant nos enfants. J'avais découvert les textos d'une fille (textos sexuels, amoureux, bref un classique chez les PN). Disputes, etc. Un beau soir dans le bungalow il a décrété qu'il me quittait et que les vacances étaient terminées : il l'annonce aux enfants qui fondent en larmes, moi aussi, il commence à charger la bagnole et me force à le suivre. Je refuse en disant que mon fils et moi on continuerait nos vacances qui sont payées, et que lui peut rentrer avec ses filles. La scène a duré jusque 2h du mat, quand tous les sacs ont été chargés il a fini par fondre en larmes et changer d'avis, disant qu'il ne voulait pas ça, qu'il m'aimait et (tenez-vous bien) "j'espérais que tu me retiendrais"... Je n'oublierai jamais, au-delà de.ma propre peine, les larmes des enfants, sa petite de 4 ans qui s'est jetée dans mes bras et m'a réclamé un dessin "pour le regarder plus tard, comme ça je ne t'oublierai pas"... toute cette souffrance pour rien, simplement parce qu'il testait son emprise sur moi et a vu que je ne me jetais pas a ses pieds. Notre souffrance à nous, les mères, c'est déjà une horreur absolue, mais qu'ils prennent a parti nos enfants et leur fassent la même chose, comme le tien avec ta fille et cette histoire ridicule de chocolat, ça me donne des envies de meurtre... et le pire est de se dire qu'ils SAVENT qu'ils font le mal, ils SAVENT que nous souffrons et que les enfants souffrent. Aucun refuge à leur accorder, en pleine conscience ils détruisent l'autre.

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Janou
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Le grand vide de la sortie d’emprise : mon histoire

Messagepar Janou » 15 Fév 2020, 11:39

Bonjour Zelinette
te lire est un vrai plaisir... l'histoire de la tablette au chocolat serait risible si ta fille ne c'était pas trouvée prise dans cette histoire...
Lui (le mien)
a aussi accusé à tort nos propres enfants... et quand je pouvais lui prouver qu'il était en tort il minimisait toujours...
Comme toutes les critiques et méchancetés à mon égard c'était toujours de l'humour et je n'en n'avais pas...
je ne compte pas non plus tout le grand grand nombre de promesses jamais tenues...
à vous lire toutes et tous je me pose des questions sur moi car si LUI a essayé mille fois de me démolir il n'y est jamais arrivé et peur de LUI je n'ai jamais connu...
Ma période rose a été très belle et a duré un long moment même si parfois je me suis posé quelques questions...
Pour les dernières vacances prises ensemble il ne voulait pas venir j'ai fini par lui dire : reste si tu veux moi de toute façon je pars et si tu ne m'accompagnes pas je ne reviendrai pas...
d'une façon où d'une autre on se retrouve toujours ici avec des points communs avec les histoires des autres ce qui prouve bien que ce n'est pas nous qui étions fous, anormaux j'en passe et des meilleurs mais bien eux, elles...
n'hésite pas zelinette à nous confier la suite ... déverser notre trop plein ici est salvateur.
J'ai appris que je ne devais pas perdre mon temps et mon énergie à me battre avec les personnes toxiques. Elles n'ont rien à perdre
http://forum.perversnarcissique.com/45-ans-avec-un-pervers-narcissique-t6334.html

Zelinette
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Le grand vide de la sortie d’emprise : mon histoire

Messagepar Zelinette » 15 Fév 2020, 13:19

Hello, Sunrise, Calaïca, Alessa, Janou !
ça me fait plaisir de lire vos réactions à mon histoire, en plus du fait de me soulager moi-même, mon récit-fleuve me permet d'éclaircir avec vous certains points en comparant nos expériences, et ça fait tellement de bien ! :4:

Calaïca, je réponds à tes questions :
- où j'en suis dans mon histoire : rupture récente (bientôt 2 mois quand même, déjà, youpi !), je ne l'ai pas revu (la distance me sauve, mais ne me sauvera pas toujours, car j'avais fini par demander ma mutation auprès de lui.. donc dans 6 mois je risque de le croiser), "no contact" en ce moment mais rompu occasionnellement, soit par moi parce que je craque comme une débile (je veux juste savoir s'il va bien, je voudrais pouvoir rester "amis" mais à chaque fois je me rends compte que ça n'ira jamais, il me met mal à l'aise très vite rien que par messages..) La semaine dernière j'ai fait une "connerie", en soi ce n'en est pas une, mais ça me prouve à quel point le pb n'est pas encore résolu dans ma tête : Depuis la rupture, je n'ai eu aucun contact avec aucun membre de sa famille, j'en souffre, surtout pour ses filles et sa tante (dont j'ai parlé, l'infirmière) mais il m'a interdit formellement de leur envoyer un quelconque message.. J'ai respecté cette "loi" par peur des représailles s'il venait à l'apprendre (objectivement, je ne vois pas ce qu'il pourrait me faire, mais bon..je me méfie). Or, j'ai craqué et envoyé un long message à sa tante mercredi, car dans 15 jrs j'ai un RV dans le service de cancéro où elle bosse, et je stresse de la croiser. Je le lui ai dit franchement (le stress à l'idée de la rencontre), me suis excusée de mon long silence imposé (des fois qu'elle se vexe car je n'ai pas donné de nouvelles, ou souhaité bonne année ?) et j'ai renouvelé ma gratitude pour tout ce qu'elle a fait pour moi par le passé. Je ne suis pas revenue sur la rupture, sauf pour dire qu'elle était nécessaire pour moi, mais que j'aurais aimé pouvoir prendre congé des membres de sa famille "correctement". Bref (c'était long, enfin vous me connaissez !) :roll:
Eh bien.. elle n'a jamais répondu (ce qui n'est pas dans ses habitudes).. et j'ai peur d'avoir fait/dit une connerie... Je suis encore ridiculement affectée par ce que sa famille pourrait dire ou penser de moi, je suis quasi sûre qu'il m'a fait passer pour la "méchante", et le pire c'est quand je pense à ses filles, qui l'ont "ramassé à la petite cuillère" après mon départ. J'en ressens de la honte (en même temps, je ne pouvais pas ne pas partir, et ce n'est pas de ma faute si elles ont un père comme ça).
Tout ça pour dire, la culpabilité est toujours là.. et me gâche la vie !
Et parfois (rarement) le DOUTE... La possibilité (même infime) que je me sois trompée dans ses intentions, dans mes intuitions... ce doute que je ressens parfois en lisant ce forum, qui s'infiltre chez chacune (et que je vois à l'oeuvre chez toi aussi, Janou, quand tu réalises qu'il n'a pas réussi à te briser et que tu n'as jamais eu peur de lui... comme si comparer nos PN à des mecs "encore plus méchants/tordus" - ça existe toujours - pouvait les excuser... ! :46:
Exemple :
Hier soir j'étais avec deux collègues copines collègues, pas hyper proches, mais sympa et de la même génération (proche de la 50 aine) là on avait décidé de se faire une soirée filles apéro-pizza, parce que c'était la St-Valentin et qu'on avait toutes les 3 des bonnes raisons de détester cette fête ! Chacune a raconté son expérience de rupture avec un salaud ou de vie commune avec un tyran.. (l'une est seule, l'autre encore en couple mais souffre). Et souvent, je me disais : "Ah tiens, le mien était moins con !" ou bien "Le mien ne m'a fait pas fait ça, il était plus subtil" ou encore : "Bon sang, elles ont morflé, leurs mecs c'est des bûches, le mien était plus sensible..." Et là, j'ai commencé à me sentir super mal ! J'avais presque des remords.. ! Il a fallu que je me rappelle certaines scènes pour ressentir de nouveau ce malaise dont tu parles, Sunrise. Ce sentiment profond du "ÇA NE VA PAS", cette angoisse.
Et puis me persuader, comme dit Alessa, du MAL qui a été fait, et "bien fait", je veux dire consciemment. Car il y a toujours ce doute en moi, par rapport au fait qu'il en soit conscient. Je me suis toujours dit qu'il ne maitrisait pas ce mal qu'il faisait, que c'était involontaire. Comme s'il abritait un monstre en lui, et ne le savait pas.. Pourtant, parfois au pire des crises, je crois l'avoir vu esquisser un sourire machiavélique... :twisted:

- est-ce que j'ai vu des indices dans la lune de miel ? très franchement, non, sinon que tout allait trop vite. C'était un étourdissement. Comme une poule qu'on fait tourner sur elle-même et qui s'auto-hyponotise (oui, j'ai grandi à la campagne, mes cousins faisaient ça avec les poules, :lol: ), j'étais prise dans ce tourbillon qui cassait ma routine de maman-célib, je n'avais plus le temps de "penser"... En fait, ce sont les premiers truc un peu désagréables que j'ai ressentis : cette impression de ne plus être maitre de mon temps. Comme s'il fallait tout consacrer à l'Amour ! Etre amoureuse devenait une activité à plein temps. Pas très heureuse en amour auparavant, je me disais que c'était sûrement ça, le Vrai Amour ? (je suis sûre que NON maintenant !!) Il était hyper-présent, hyper-prévenant, de manière assez étouffante aussi (mais pareil, j'ai pas capté tout de suite). C'est vraiment comme s'il m'hypnotisait.
Sinon, comme indices, je dirais qu'il y avait des "décalages" entre la parole et les actes, les promesses trop nombreuses (est-ce normal qu'un homme ne fasse QUE des promesses ?) Des "Tu verras, je vais réussir".. "Pour l'instant les apparences sont contre moi, mais tu peux me faire confiance, tu vas l'avoir, ton bonhomme" ! (la notion de "Bonhomme"... ce qu'il a pu me dire ça !! C'était hyper important pour lui d'être "un bonhomme" ! A la longue, j'ai commencé à trouver ça très immature) Il s'accusait et s'excusait souvent en même temps, sur le mode : "Je sais que tu pourrais penser que, mais sache que...") Mais ça n'a pas fait "tilt" à l'époque...juste un petit truc noté dans un coin de ma tête...
Pour finir, je dirais que ses discours enflammés étaient, avec le recul, dignes d'un pré-ado ("Tu es mon soleil, avec toi la pluie disparait et nous ferons de nos vies un arc-en-ciel sans fin", enfin des trucs du genre) par centaines ! Je peux les retrouver car à l'époque je faisais des captures d'écran ! Je crois qu'il voulait faire "littéraire" vu mon activité, mais parfois (sans être méchante) j'avais l'impression de lire les poèmes de mes ados de 5eme :D , enfin j'étais très indulgente quand même et touchée, car ça avait l'air si sincère, et c'est rare qu'un homme ose écrire ce genre de choses !)
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Sunrise
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Le grand vide de la sortie d’emprise : mon histoire

Messagepar Sunrise » 15 Fév 2020, 14:27

Encore une fois tes paroles me font écho Zelinette :43:

- le fait de respecter cette "loi" de ne pas contacter sa tante. Mon pn m'avait également interdit d'alerter son père (avec qui je m'entendais bien et que j'ai vu quelques fois en 6 mois de relation) sur sa soi-disant descente aux enfers : tu m'étonnes ! Tout était surjoué, sa dépression, ses pleurs au téléphone, sa demande d'hospitalisation en psy et surtout, son pseudo suicide ! Quand j'ai été contactée par une de ses amies pour m'annoncer sa mort (encore une pauvre fille manipulée, il a dû lui dire que je lui avais fait du mal et qu'elle devait l'aider à se venger j'imagine), cette amie m'avait bien dit que sa famille ne souhaitait pas de contact, que le suicide était une mort violente et je me disais que sa famille me prenait pour la coupable ! J'ai vécu un enfer... Tu m'étonnes là encore que j'avais pas le droit de contacter sa famille ! Parce que tout ça c'était du ► ► ► !! Arnaque !! ◄ ◄ ◄, donc pas le droit d'aller leur parler afin qu'ils ne découvrent pas la supercherie et qu'ils n'entendent pas ma version...... Donc je comprends tout à fait Zelinette cette "interdiction" que tu vis. Je pense qu'effectivement que si sa tante ne te répond pas, c'est que ton pn lui a donné sa version des choses malheureusement. Je comprends par ailleurs tout à fait ton sentiment d'avoir voulu dire au revoir correctement à sa famille, j'ai ressenti extrêmement la même chose. Un sentiment d'inachevé, un sentiment d'injustice avec cette envie de leur dire "si vous saviez !".
Je sens au travers tes paroles que le regard des autres semble important pour toi ? Tout comme pour moi si ce c'est le cas, et ça, mon pn a beaucoup, beaucoup joué avec... J'ai eu beaucoup de menaces de sa part sur le fait de porter atteinte à mon image suite à notre rupture.

- je ressens aussi parfois le besoin de me remémorer ce sentiment de mal-être pour me persuader et que oui, pn est bien un taré ! Ton récit m'y aide beaucoup d'ailleurs tellement il me fait écho :) pour m'aider à me dire que je ne dois avoir aucune pitié ni aucune compassion pour pn, je dresse une liste par écrit de toutes les choses ignobles qu'il m'a fait vivre : la liste parle d'elle même, et elle est très longue... Je l'alimente au fur et à mesure et je la relis dans les moments où je ressens des choses positives et de l'attachement à pn, dans les moments où je m'en veux de ressentir tout ça alors qu'il a été ignoble avec moi.

- perso, c'est quelque chose que je n'arrive pas à m'expliquer, je n'ai pas vraiment vécu de lune de miel. Pn pourtant y a mis tout son cœur pour y œuvrer ! Au bout de deux semaines il me sortait "quand on habitera ensemble blablabla", ça me faisait bondir ! Je le lui disais, mais pour autant je n'ai pas fui... Au bout de trois semaines il me disait qu'il avait des sentiments pour moi... Euh ? :45: et après j'ai eu toutes les belles phrases aussi de "je sens qu'avec toi je vais tomber amoureux" etc. Mais bizarrement ça n'a jamais pris, je comprends pas trop. Ça m'a plus effrayée qu'autre chose, mais je suis restée... Et toujours ce sentiment de malaise, de ne pas pouvoir être moi-même avec lui.

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Le grand vide de la sortie d’emprise : mon histoire

Messagepar Calaïca » 15 Fév 2020, 14:44

Ok, merci de ta réponse détaillée, cela m'éclaire (je vis une nouvelle histoire et la peur de me tromper me saisit souvent, même si elle est très jolie pour l'instant. Mais il n'y a pas cette urgence, cette précipitation).

Le doute, la culpabilité, souvent liés a notre histoire, font de nous des victimes. Sans ça, nous serions parti(e)s depuis bien longtemps face aux comportements toxiques. Ce sont des poisons dont il faut se débarasser.
Et quand bien même il y a pire (il y a toujours pire), pourquoi se contenter de peu? Pourquoi se refuser l'ambition d'être aussi heureuse en amour?

Zelinette
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Messagepar Zelinette » 15 Fév 2020, 16:29

Et quand bien même il y a pire (il y a toujours pire), pourquoi se contenter de peu? Pourquoi se refuser l'ambition d'être aussi heureuse en amour?


Voilà deux phrases que je vais me répéter en boucle !!!!
Deux vraies bonnes questions !

En tout cas, bravo à toi, calaïca, et pourvu que cette jolie histoire soit une authentique belle histoire, c'est tout ce qu'on veut ! Ras le bol des contes de fées frelatés ! Bonne chance et profite bien car je me doute que, malgré l'apparente solidité de ta nature actuelle, tu as dû bien morfler aussi pour être devenue méfiante... :39:
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