Je savais et pourtant, j'ai plongé

Lili-Frica
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Je savais et pourtant, j'ai plongé

Message par Lili-Frica »

Bonjour à tous,

Je vais tenter d'être synthétique et exposer ce qui me fait du mal, sachant que cela fait plusieurs mois que je lis vos interventions.
J'espère avoir ma place ici, car les différentes histoires sont absolument tristes.

Tout commence avec cette personne que je rencontre dans le cadre du travail. Pour la faire vite, je suis dans le secteur médical.
Dès les premiers échanges, il est EVIDENT que quelque chose ne va pas, et très vite, des insultes, du chaud-froid commence.
Pourquoi ne pas fuir? Eh bien parce que je suis dans le secteur médical et que je me dis que je peux aider, car la personne
m'avoue à demi mots un trouble psychique...je me dis donc que je peux "tenir", que j'apporte ainsi une aide.

Le second hic, c'est que je me sens charmée, voir plus. Il y a aussi des échanges hyper sympas, et le garçon me séduit d'une façon très
directe, ça met des petits papillons. Puis j'éprouve une sorte d' affection à l'égard de cette personne, bien que je me sente mal
à son contact. Cela dit il est clair, et je lui dis depuis le départ, qu'une relation charnelle ne démarrera pas: Je tiens profondément
à mon mari et même si ce n'est plus tous les jours les papillons (nous avons trois très jeunes enfants...), eh bien c'est mon mec
quoi. Je lutte pour rester "à ma place", je lutte parce que l'autre m'attire vraiment malgré la toxicité du truc.

Autant dire que face à ce refus, les choses ont redoublé de toxicité et de brutalité. Je maintiens un semblant de lien parce que oui,
et j'en ai honte, j'ai toujours un attrait pour la personne. Un jour je coupe tout, mais tout ça m'a mis +++ à l'envers. Cela m'a happé,
toute mon économie psychique était tournée vers l'autre, j'étais moins présente en famille, dans ma vie pro. Aujourd'hui, cela va
clairement mieux mais comme vous connaissez le schéma, le retour tout ça.

Voilà, je n'ai rien géré du tout et je savais plus ou moins où j'allais, je m'en veux d'autant plus.

Merci à vous
marie_982
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Re: Je savais et pourtant, j'ai plongé

Message par marie_982 »

Ne t'en veux pas ... c'est la vie !
On est parfois (voir meme souvent) attiré par des choses même si on sait très bien qu'elles sont toxiques ...
prends soin de toi, recentres toi sur toi et tes proches qui te font réellement du bien.

Si tu as lu les différentes histoires, tu sais que le processus de désintox peut être long et laborieux.
Mais il est nécessaire et on voit aussi ici beaucoup de gens qui vont mieux. Marqué à jamais sans doute, mais qui vont mieux.

Alors ne t'en veux pas si tu as un coup de mou. et écris ici, c'est souvent salvateur !
juste pour le contexte
http://forum.perversnarcissique.com/une-histoire-parmi-tant-d-autres-t8752.html
Morso47
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Re: Je savais et pourtant, j'ai plongé

Message par Morso47 »

salut Lili !


tu côtoies encore cet énergumène au boulot ? ou tu as réussi a ne plus le voir ?
Jeanne Calment n'a plus mal aux dents, car elle n'en a plus depuis longtemps
pnyme
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Re: Je savais et pourtant, j'ai plongé

Message par pnyme »

Lili-Frica a écrit : ven. 8 oct. 2021 13:53 Bonjour à tous,

Je vais tenter d'être synthétique et exposer ce qui me fait du mal, sachant que cela fait plusieurs mois que je lis vos interventions.
J'espère avoir ma place ici, car les différentes histoires sont absolument tristes.

Tout commence avec cette personne que je rencontre dans le cadre du travail. Pour la faire vite, je suis dans le secteur médical.
Dès les premiers échanges, il est EVIDENT que quelque chose ne va pas, et très vite, des insultes, du chaud-froid commence.
Pourquoi ne pas fuir? Eh bien parce que je suis dans le secteur médical et que je me dis que je peux aider, car la personne
m'avoue à demi mots un trouble psychique...je me dis donc que je peux "tenir", que j'apporte ainsi une aide.

Le second hic, c'est que je me sens charmée, voir plus. Il y a aussi des échanges hyper sympas, et le garçon me séduit d'une façon très
directe, ça met des petits papillons. Puis j'éprouve une sorte d' affection à l'égard de cette personne, bien que je me sente mal
à son contact. Cela dit il est clair, et je lui dis depuis le départ, qu'une relation charnelle ne démarrera pas: Je tiens profondément
à mon mari et même si ce n'est plus tous les jours les papillons (nous avons trois très jeunes enfants...), eh bien c'est mon mec
quoi. Je lutte pour rester "à ma place", je lutte parce que l'autre m'attire vraiment malgré la toxicité du truc.

Autant dire que face à ce refus, les choses ont redoublé de toxicité et de brutalité. Je maintiens un semblant de lien parce que oui,
et j'en ai honte, j'ai toujours un attrait pour la personne. Un jour je coupe tout, mais tout ça m'a mis +++ à l'envers. Cela m'a happé,
toute mon économie psychique était tournée vers l'autre, j'étais moins présente en famille, dans ma vie pro. Aujourd'hui, cela va
clairement mieux mais comme vous connaissez le schéma, le retour tout ça.

Voilà, je n'ai rien géré du tout et je savais plus ou moins où j'allais, je m'en veux d'autant plus.

Merci à vous
Je vois de la culpabilité tout à fait naturelle vu ce qui s’est passé (et pas passé :-) )
Mais si tu as mis un arrêt, tiens bon. C’est la seule chose à faire.
Efface son numéro ou change dans ton répertoire son nom : du style NON. Danger. À toi de voir... mais c’est super que tu aies pu réagir vite !
Morso47
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Re: Je savais et pourtant, j'ai plongé

Message par Morso47 »

je vois pareil, énormément de culpabilité

tu sembles analyser de façon juste l'histoire et je trouve ça chouette

tu ne reportes pas la responsabilité sur ton mari
ni sur tes besoins et envies
donc tu portes tout en fait
pour ça que c'est lourd, et très lourd
tu gardes tout pour toi, et tu affrontes seule tout ça


sans doute qu'une aide extérieure, un bon psy pourra t'aider à faire du tri dans tes pensées

ça sert a ça un psy
on débarque avec tout ce poids, tout se mélange et c'est le cataclysme dans notre tête
avec le psy, on va trier
mettre çà a gauche, ça a droite, ça en haut
on range les idées
on y voit plus clair

et la sérénité peut venir
Jeanne Calment n'a plus mal aux dents, car elle n'en a plus depuis longtemps
Lili-Frica
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Re: Je savais et pourtant, j'ai plongé

Message par Lili-Frica »

Bonjour,
Et vraiment merci pour vos retours et vos conseils.

Alors pour vous répondre: j'ai la chance de pouvoir changer facilement de service, je ne croise donc plus du tout l'énergumène
au quotidien.

Concernant mon compagnon, au moment où cette rencontre malheureuse a eu lieu, il n'était certes pas le lover des premières
années...mais moi non plus, clairement. Le flux, les bons moments partagés ont en revanche jamais cessé. Il m'a toujours dit qu'il
ne pensait pas pouvoir se remettre d'une infidélité, que ça le ruinerai. Les choses ont toujours été explicites de ce point de vue.

Lorsque "l'autre" est arrivé et m'a clairement déstabilisé...les implications pour ma vie perso étaient donc claires.
Je me suis bien "aventurée" à lâcher deux/trois allusions plus "sexy" à cet autre dans les échanges. J'ai cru tomber raide d'angoisse
et de culpabilité :40: . Pas parce que je suis une sainte nitouche non...mais parce que j'ai un rapport très particulier à la culpabilité
(je suis suivie depuis plusieurs années pour ça).

Il n'empêche que le côté émotionnel était bien engagé. Et il y avait donc une espèce de situation hybride où je disais à l'autre que
je ne voulais pas aller plus loin, ce qui le mettait de plus en plus en colère, plusieurs fois par jour. Et que je restais là quand même
à essayer de comprendre.

Mon compagnon a été mis au courant au bout d'un certain temps. Je ne lui ai pas parlé du côté émotionnel, ou de manière très ténue.
Je crois qu'il a un peu saisi, mais il ne me l'a jamais reproché. Il est devenu fou pour tout le reste, m'a poussé à dénoncer. Ce que j'ai
refusé. Nous nous situons là dans ces histoires bien complexe de consentement.

Oui là où je m'en veux, c'est que j'ai du mal à ne pas compatir d'une certaine manière à la souffrance et à la maladie de
cette personne. C'est là où ça devient complètement débile. J'ai coupé, je n'alimente plus de rien du tout, mais il y a parallèlement
à ce sentiment d'avoir été piétiné, de la peine.

Bref, bref.

Bonne soirée à vous!
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MilaLune
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Re: Je savais et pourtant, j'ai plongé

Message par MilaLune »

Bonjour Lili,

Bienvenue, et merci de partager ton histoire avec nous.

Je m'interroge souvent sur la pitié ou la compassion à l'égard des personnes malveillantes dont on se protège.
Serait-ce la de culpabilité de ne pas rester en position d'absorber leur déséquilibre ?

En tout cas, la projection de notre propre souffrance sur eux nous conduit à leur offrir de la compassion qu'on se retire à soi, non ?
En s'offrant plus de compassion à soi-même, ne peut-on pas parvenir à rééquilibrer les choses ?

Chaque vie intérieure est différente, mais je suis certaine que chacun est capable de trouver par quoi remplacer sa culpabilité pour se rendre la vie plus douce, et retrouver une relation à soi plus juste.
Des personnes sont mises sur nos chemins pour nous y pousser d'une façon particulièrement inconfortable, sans laquelle on ne chercherait pas d'autre manière de fonctionner.
Ta thérapie va peut-être prendre une autre tournure, désormais.
Je te le souhaite.
Morso47
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Re: Je savais et pourtant, j'ai plongé

Message par Morso47 »

Lili-Frica a écrit : sam. 9 oct. 2021 15:53 Bonjour,
Et vraiment merci pour vos retours et vos conseils.

Alors pour vous répondre: j'ai la chance de pouvoir changer facilement de service, je ne croise donc plus du tout l'énergumène
au quotidien.

Concernant mon compagnon, au moment où cette rencontre malheureuse a eu lieu, il n'était certes pas le lover des premières
années...mais moi non plus, clairement. Le flux, les bons moments partagés ont en revanche jamais cessé. Il m'a toujours dit qu'il
ne pensait pas pouvoir se remettre d'une infidélité, que ça le ruinerai. Les choses ont toujours été explicites de ce point de vue.

Lorsque "l'autre" est arrivé et m'a clairement déstabilisé...les implications pour ma vie perso étaient donc claires.
Je me suis bien "aventurée" à lâcher deux/trois allusions plus "sexy" à cet autre dans les échanges. J'ai cru tomber raide d'angoisse
et de culpabilité :40: . Pas parce que je suis une sainte nitouche non...mais parce que j'ai un rapport très particulier à la culpabilité
(je suis suivie depuis plusieurs années pour ça).

Il n'empêche que le côté émotionnel était bien engagé. Et il y avait donc une espèce de situation hybride où je disais à l'autre que
je ne voulais pas aller plus loin, ce qui le mettait de plus en plus en colère, plusieurs fois par jour. Et que je restais là quand même
à essayer de comprendre.

Mon compagnon a été mis au courant au bout d'un certain temps. Je ne lui ai pas parlé du côté émotionnel, ou de manière très ténue.
Je crois qu'il a un peu saisi, mais il ne me l'a jamais reproché. Il est devenu fou pour tout le reste, m'a poussé à dénoncer. Ce que j'ai
refusé. Nous nous situons là dans ces histoires bien complexe de consentement.

Oui là où je m'en veux, c'est que j'ai du mal à ne pas compatir d'une certaine manière à la souffrance et à la maladie de
cette personne. C'est là où ça devient complètement débile. J'ai coupé, je n'alimente plus de rien du tout, mais il y a parallèlement
à ce sentiment d'avoir été piétiné, de la peine.

Bref, bref.

Bonne soirée à vous!
tu t'es retrouvée dans un mix assez dangereux

un milieu de vie classique , la disparition de la passion est normale, même chez les couples solides
la rencontre avec un toxique
un adultère émotionnel , dans le sens ou il n'y a pas de passage à l'acte, mais il y a l'envie, l'alchimie, et surtout le secret
un syndrome de l'infirmière avec l'envie de sauver l'autre

à coté de ça, je vois beaucoup de points que je je dirais très positifs, ou du moins qui t'ont "protégée" :
un couple solide avec une vie amoureuse existante
quand tu dis que tu n'es pas une sainte nitouche, j'en déduis que tu as "vécu" avant de t'engager avec ton mec, tu as eu une vie amoureuse riche avant de te mettre en ménage... ça, c 'est un truc qui protège vraiment ..
le fait d'en avoir parlé a ton compagnon, même si tu n'as pas tout dis, en parler est en quelque sorte un "engagement", et une prise de conscience réelle

tout ça me laisse penser que tu as réussi à te protéger de ce type, même si tu as pu concéder quelques erreurs
tu restes dans cet espèce d'état de béatitude dont je pense tu sortiras assez vite

fleurtouiller avec des mots, ça reste des mots ...pas grand chose ...
tu as compris le danger et tu t'es éloignée à temps, bravo à toi
quand tu parles de ses colères parceque tu te refusais à lui , imagines son comportement si tu avais cédé ... il n'aurait pas hésité a te menacer de tout dévoiler si tu lui refusais le moindre caprice ...
on a eu des histoires avec des mecs toxiques qui ont filmé leurs ébats sexuels avec leur amante mariée qui ont balancé les films aux parents et aux enfants de la nana , parcequ'elle avait osé les quitter....

ne te tortures pas
tu n'es pas responsable de la folie de ce type
s'il va mal, s'il est toxique, s'il détruit tout, c 'est son problème, pas le tien
tu n'as rien fait de condamnable
chacun sa vie, chacun sa merde
laisse le dans sa merde
et essayes de ne plus y penser
Jeanne Calment n'a plus mal aux dents, car elle n'en a plus depuis longtemps
Lili-Frica
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Re: Je savais et pourtant, j'ai plongé

Message par Lili-Frica »

Bonjour MilaLune, Bonjour Morso, et merci.

Il est clair que c'est une compassion que l'on s'enlève à soi, que l'on est pas capable de se donner, cette préoccupation
pour un toxique.

Le truc - et là fut ma principale erreur - c'est que j'ai donné un sens plus "lyrique" au trouble que j'avais identifié chez
ce dernier. Mon compagnon, qui fait en général moins dans la poésie que moi, m'a fait une synthèse quand je lui ai
raconté : Il veut "baiser" - tu refuses - il te met la misère et te traque - cela s'appelle comment d'après toi? Il n'y a pas
de trouble psy qui tienne...(+ ta naïveté me fait chier).

Nous nous sommes connus assez tôt avec mon compagnon, bien que la vraie vie de couple n'ait pas démarré tout de suite,
parce qu'on étudiait chacun de notre côté. Alors, c'est sûr que je me suis déjà posé des questions sur l'"ailleurs", même si
j'avais eu quelques expériences avant. Mais je fais confiance à des amies qui en ont vu pas mal ahah et qui m'ont toujours
dit que finalement, techniquement et au bout d'un petit moment, les choses avaient tendance à se valoir...ce qui ne se vaut
pas, se sont les sentiments et l'engagement qu'il y a dans l'échange et la relation.

Mon compagnon m'a fait promettre de lui dire si l'autre reprenait contact. Je lui dis quand il y a des assauts, des messages,
mais j'édulcore...il y en a régulièrement, sur un moyen de com difficile à bloquer, et ces demandes me foutent mal à l'aise,
toujours dans cette ambivalence dégout/peine.

Un très bon dimanche à tous
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MilaLune
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Re: Je savais et pourtant, j'ai plongé

Message par MilaLune »

Lili-Frica a écrit : dim. 10 oct. 2021 07:33 il y en a régulièrement, sur un moyen de com difficile à bloquer, et ces demandes me foutent mal à l'aise,
toujours dans cette ambivalence dégout/peine.
Bonjour,

Si cela peut te servir...
Je ne pouvais pas bloquer Caliméro sur ma boîte mail professionnelle, j'ai donc répondu à l'un de ses mails par un rappel de ma demande précédente faite par SMS (qu'il me foute la paix) et une demande expresse qu'il ne me contacte plus, par aucun moyen ni aucune personne interposée. C'était très, très formel. Ça ressemble à une introduction à une procédure (et ça peut toujours en devenir une).
Et je me suis transféré les mails sur une boîte mail personnelle.
Pour le moment, il se tient tranquille.
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