Je n'arrive pas à savoir si je suis victime, de quoi et de qui (PN?)

Milla75
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Je n'arrive pas à savoir si je suis victime, de quoi et de qui (PN?)

Messagepar Milla75 » 05 Déc 2019, 22:20

Bonsoir à tous,

J'espère que vous allez bien ? Je me suis inscrite sur ce forum, car j'ai besoin qu'on m'aide à définir ce que j'ai vécu. J'ai des amis, qui m'entourent, et qui mettent des mots presque plus forts que les miens sur ce que j'ai vécu, mais je n'arrive plus à distinguer le vrai du faux quant à mon "expérience". J'ai peur de me leurrer.

Mon témoignage sera sans doute un peu long, merci d'avance à celles et ceux qui prendront le temps de me lire.

Au printemps dernier, j'ai quitté mon job et voulu faire un break loin de la ville où j'habite. J'ai pensé à sous-louer mon appart, et un ami très proche, m'a mis en contact avec un collègue à lui, qui cherchait justement un appart. Il s'avère que je connaissais déjà cet homme, de loin (nous évoluons dans le même microcosme) et que mes a priori sur lui étaient négatifs (arrogant, coureur, ...). Mon ami m'a rassuré sur son compte : "il est cool, il est juste victime de rumeurs". Alors j'ai dit oui. Et quand cet homme a visité mon appart, je dois avouer qu'il a été plutôt sympa, et surtout que ça a bien accroché. Je ne m'en suis pas rendue compte sur le moment, mais il y avait clairement un truc dans l'air. Finalement il a pris un autre appart et moi je suis partie faire mon break. Cet homme m'a envoyé quelques messages ici et la, au printemps et en été et il a dit à mon ami que je lui plaisais beaucoup. Mais, je n'ai jamais vraiment tilté.

Puis, en septembre, j'ai fait ma rentrée en fanfare : nouveau job, retour dans ma ville, bronzée, en forme. Bref. Et j'ai croisé cet homme dans un bar. Je me sentais bien, j'étais épanouie, sure de moi, entourée de mes amis, alors j'ai engagé la conversation et on a passé toute la nuit ensemble. Très vite il m'a fait comprendre qu'il voulait s'engager dans une relation avec moi. La première nuit, il ne s'est rien passé. J'étais un peu ivre (j'ai parlé de mon ex, du fait que je n'avais eu que des relations longues, jamais de truc d'un soir, que j'avais aussi souffert dans ma sexualité) ... mais il a répété a plusieurs reprises qu'il avait envie de moi, dans des termes plus cru.
Le lendemain, on s'est revu, on a croisé mon ex, et très vite on s'est disputé à ce sujet : il s'avère qu'ils se sont fréquentés à une époque, qu'ils ont un peu couru les mêmes nanas... Il a commencé à me parler de ça, j'étais mal à l'aise et je lui ai dit "vos histoires de coureurs ne m'intéressent pas". Il est parti dans une colère noire, et là il m'a dit "je ne te permets pas de me parler comme ça, tu es venue dormir chez moi dès la première nuit et je me suis quand même comporté comme un gentleman".
Le lendemain matin, nous avons eu notre premier rapport sexuel. A la minute où les choses ont commencé j'ai senti que j'étais entre les mains d'un homme centré sur son plaisir, adepte des films pornos, violent, et qu'il valait mieux obtempérer sous peine de subir une engueulade, ou pire. J'y suis allée quand même, il me plaisait, j'en avais envie aussi, et je dois admettre que j'ai du mal à ... enfin qu'au fond j'ai parfois une conception très patriarcale des choses. J'ai eu des moments de plaisir, mais je me suis aussi sentie comme un objet sexuel, qui devait obéir : il m'a craché dessus, puis après il m'a positionné selon son bon vouloir, immobilisé avec un bras puis son poids et il n'a pas écouté / entendu mon "non pas ça" et "arrête stp tu me fais mal". L'ai-je dit assez fort, mon ton était-il convaincant, je ne sais pas, je ne crois pas. Ce que je sais c'est qu'à un moment donné j'ai laissé faire et attendu que ça se termine.
Quand ça s'est terminé (je vous passe les détails), j'ai vu une énorme tâche de sang rouge vif sur le lit, des gouttes de sang par terre, des préservatifs ensanglanté... Et là j'ai pleuré, et je me suis sentie défaillir. Lui, il a fait mine de découvrir ça, il m'a pris dans ses bras, m'a découpé des fruits, m'a dit que j'avais sans doute mes règles ... Et il est venu avec moi déjeuner chez mon ami, son collègue.
On y a passé toute la journée et une partie de la soirée. Au cours du week-end, il n'a pas tarit d'éloges (j'étais brillante, adorable, trop chou, belle, magnifique, drôle, originale, enfin plein de trucs quoi). J'ai aussi compris qu'il m'avait repéré depuis un bon moment, bien avant la visite de mon appart, et qu'il me posait bcp de questions (qui étaient mes amis, mes traits de caractère principaux). Et puis il a tout fait pour me faire comprendre qu'on allait s'engager dans un truc, quoi on ne le savait pas, mais un truc.
Je suis partie hors de notre ville 15 jours, et là j'ai eu droit à une sérénade amoureuse : selon lui c'était un coup de foudre, j'avais chamboulé son quotidien, c'était même trop brusque et effrayant, il ne voulait pas non plus se précipiter ... il s'intéressait à ma vie, il m'a dit aussi que mon ex était jaloux et qu'il racontait des choses sur lui, et puis on a décidé qu'à mon retour on ferait notre premier "vrai date" au resto.
Le jour J est arrivé. Il a passé la journée à m'envoyer des messages tendres et torides. On avait RDV à 21h30, il est venu me chercher à 22h30, mais déjà il m'a engueulé parce que j'avais 3 minutes de retard.
Au resto, c'était un peu la cata. Bien sur il me plaisait encore, on se bouffait des yeux, mais il s'est comporté comme un enfant pourri gâté, il a juste parlé de lui, sa vie et son oeuvre toute la soirée. Il a tenu à me montrer qu'il avait parler de notre "date" à tous ses collègues et sa supérieure dans leur groupe de conversation. Il m'a parlé de mon ex pendant une heure (je vais lui niquer sa race, je sais qu'il dit des choses sur moi).
On est allé chez lui, on s'est embrassé, il y avait une forte alchimie et là il m'a soulevé, m'a mise sur son lit et m'a pénétré, sauf que j'ai immédiatement saigné. Beaucoup. J'étais déjà en train de pleurer quand le rapport a commencé et la j'ai pleuré de plus belle. Et lui, il m'a envoyé me doucher, essayait de blaguer, et a sorti son eau de javel pour tout nettoyer.
Il m'a proposé de m'emmener chez le gynéco le lendemain, m'a dit que j'étais superbe et "tu vas aller chez le gynéco, tu vas faire tout ce qu'il te dit, et après je vais te baiser toute la nuit, je ne te lâcherais pas".
J'ai commencé à me sentir très mal physiquement (tremblements, fièvre, frissons, début d'évanouissement, faiblesse, début de délire). Je lui ai demandé une première fois de m'emmener à l'hôpital, il m'a rigolé au nez. J'ai essayé d'appeler mon meilleur ami, et là il s'est décidé. Sauf que j'ai commencé à vomir, à vomir par terre tout en saignant de l'autre côté. J'étais tellement gênée que je voulais nettoyer pour ne pas qu'il se rende compte de mon état et du fait que je salissais sa salle de bain. C'était un moment horrible.
On a finit par trouver une clinique. Il est resté avec moi toute la nuit certes, mais il m'a dit un truc très déplacé : "de toute façon à qui tu vas te plaindre, tes amis qui vont dire que je t'ai violé".
Lorsque le gynéco est arrivé, il a constaté une déchirure vaginale, au fond du vagin. Je suis allée au bloc. Tout le monde s'est demandé pourquoi j'avais de la fièvre et tout le bordel : j'étais en état de choc.
Le lendemain il est venu me chercher, il a payé, et il a voulu blaguer du style "je sais pas si on se reverra". Et en effet, je ne l'ai pas revu, pendant 10 jours. Il m'a écrit tous les jours, mais RIEN. Le 10e jour il a voulu me voir, mais j'ai préféré partir chez ma mère, ça a été notre première dispute.
Il a continué à m'écrire, mais on ne se voyait toujours pas (il était sous l'eau, stressé, en déplacement,...). ça nous a conduit à 2 autres disputes. J'ai envoyé un message stupide de rupture. Et là, il s'est engagé dans un processus de culpabilisation, de retournement de situation : "j'étais coupable de tout, je ne méritais pas la façon dont il m'avait traité, j'aurais du être reconnaissante, j'avais foiré cette relation, j'avais trop d'attentes alors que nous n'étions pas ensemble, qu'il ne savait pas si il voulait ou non d'une relation et que oui il ressentait des choses mais que ce n'était pas une raison pour me comporter comme une gamine et un être individualiste, et qu'il faisait déjà beaucoup d'efforts pour maintenir le contact". Il n'a jamais changé de version.
Je ne veux pas en rajouter, mon message est déjà trop long, mais il s'est enfoncé dans la mauvaise foi, il m'a accusé de tout, il n'a eu aucune empathie, ne s'est jamais remis en cause ... RIEN. Ce qui m'est apparu comme anormale, pour moi deux adultes sains, qu'il s'aiment ou pas, qu'ils soient ensemble ou pas, après ce genre d'expérience, ils discutent. Et quand on s'est croisé par hasard, il a continué à me culpabiliser, a continué à souffler le chaud et le froid et moi je me suis presque excusée ...
Ce que je n'ai pas dit, c'est qu'à partir du moment où il m'a fait part de ses "sentiments" à mon égard, donc dès le début, j'ai été prise d'un sentiment d'angoisse généralisé, qui ne m'a plus quitté. Je pensais que c'était l'effet du flirt, de cette nouvelle histoire, je crois qu'en fait mon inconscient essayait déjà de me prévenir. J'en parlais sans arrêt, j'y pensais sans arrêt, je me suis mise à fumer énormément, à ne plus manger, à boire plus que d'habitude. Je me sentais triste, vidée... nulle, coupable de tout.
Et puis après notre dernière rencontre, j'ai vu les choses autrement. J'étais une nana en kiff sur un mec, qui avait été mon héros à l'hosto (je croyais ça). Et je suis passée à une nana qui a commencé à penser qu'elle avait été victime d'une forme de violence, d'abus, voire plus. Je me suis réveillée avec un sentiment de tristesse, de détresse, d'humiliation dans ma chaire. J'ai pensé que j'étais folle, que je réécrivais l'histoire, que je ne supportais pas le rejet amoureux, l'échec.
J'en ai parlé autour de moi, on m'a cru, on a même été plus loin que moi dans le jugement de cet homme. Quelqu'un m'a dit, sans vouloir être blessant, qu'il savait que c'était un homme violent, qu'il avait déjà frappé deux femmes, et qu'il était perçu comme un prédateur par de nombreuses personnes.
Ensuite cet homme m'a recontacté pour me dire que son père était mourant et qu'il souhaitait que je lui rembourse mon opération à l'hôpital.
A ce jour, j'hésite encore, rembourser par honneur et pour ne rien de voir; ou disparaitre dans la nature. Dans tous les cas, je l'ai bloqué, je ne réponds plus à ses messages, totalement hors de propos, et que je soupçonne d'être envoyé pour me destabiliser, me faire sortir de mes gonds. Bon voila.

Désolée c'est long. Mais, j'aimerais avoir votre avis, vos mots sur cette histoire. Vous pouvez aussi me poser des questions. En tout cas, c'est sur que je suis dans un moment traumatisant, et que le processus de guérison est loin d'être linéaire. Bisounours.

Morso47
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Je n'arrive pas à savoir si je suis victime, de quoi et de qui (PN?)

Messagepar Morso47 » 05 Déc 2019, 23:21

mon dieu ....


il y a vraiment de ces enculés sur terre ....
Jeanne Calment n'a plus mal aux dents, car elle n'en a plus depuis longtemps

Milla75
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Je n'arrive pas à savoir si je suis victime, de quoi et de qui (PN?)

Messagepar Milla75 » 05 Déc 2019, 23:23

:D c'est clair, mais est-ce que c'est juste un "enculé" ?

Morso47
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Je n'arrive pas à savoir si je suis victime, de quoi et de qui (PN?)

Messagepar Morso47 » 05 Déc 2019, 23:26

Ah non !


c'est aussi une sous merde, un minable, un pauv' type, et une raclure qui nappe le fond des chiottes !
Jeanne Calment n'a plus mal aux dents, car elle n'en a plus depuis longtemps

Milla75
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Je n'arrive pas à savoir si je suis victime, de quoi et de qui (PN?)

Messagepar Milla75 » 05 Déc 2019, 23:30

:D :D, oui on est d'accord, mais est-ce que j'ai raison de penser avoir été victime d'une forme de violence ou d'abus de sa part ?

Morso47
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Je n'arrive pas à savoir si je suis victime, de quoi et de qui (PN?)

Messagepar Morso47 » 05 Déc 2019, 23:39

je ne suis pas certain de comprendre le sens de ta question !!

il te faut quoi de plus pour valider ta pensée ?

pour ma part, je pense sincèrement que ce mec mérite d'être émasculé, et qu 'on lui serve ses couille a bouffer dans une soupe !

de nombreuses femmes sont présentes sur ce forum
je pense que je vais les laisser te dire des choses
tu sembles avoir un grand besoin d'aide et de conseils
Jeanne Calment n'a plus mal aux dents, car elle n'en a plus depuis longtemps

Louisville
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Je n'arrive pas à savoir si je suis victime, de quoi et de qui (PN?)

Messagepar Louisville » 05 Déc 2019, 23:46

"oui on est d'accord, mais est-ce que j'ai raison de penser avoir été victime d'une forme de violence ou d'abus de sa part ?"

Euh ... Oui !

Largue le. Oublie le. Passe à autre chose. Tu ne lui dois rien; et surtout pas l' hopital ( il t'a blessé ) Il a été violent et disrespecteux avec toi. Bloque le.

Il est dangereux et toxique. Il n' est pas pour toi. Protège toi...

Milla75
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Je n'arrive pas à savoir si je suis victime, de quoi et de qui (PN?)

Messagepar Milla75 » 05 Déc 2019, 23:49

oui je pense aussi, c'est pour ça que je suis la. C'est difficile d'être totalement sûre de moi, et pourtant je pense être une nana assez lucide (pour les autres), avec le sens des limites (peut être aussi uniquement pour les autres).

Simplement, j'ai été dans le déni pur et dur pendant des jours et des jours, même si au fond j'ai beaucoup enjolivé la situation auprès de mes amis, et qu'une immense détresse s'était déjà emparée de moi (avant que je prenne réellement conscience).

Il y a des jours où je suis sûre de moi, et d'autres où je doute et où je me dis que je monte les choses en épingle, que je suis presque "folle".

Et puis c'est toujours délicat cette histoire de consentement, dans le feu de l'action, c'est d'actualité en plus, on commence seulement à vraiment en parler.

J'ai toujours du mal à penser qu'il existe des êtres humains comme ça dans la nature, ça me dépasse, ça dépasse mon entendement.

Et parfois, je pense que je suis encore dans une dépendance émotionnelle vis à vis de lui. Et je me sens coupable.

Louisville
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Je n'arrive pas à savoir si je suis victime, de quoi et de qui (PN?)

Messagepar Louisville » 05 Déc 2019, 23:50

Mila,

Tu es dans le déni.

Tu as dis non, il a continué et t' a blessé. Ca porte un nom. Un viol...

Gypsy
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Je n'arrive pas à savoir si je suis victime, de quoi et de qui (PN?)

Messagepar Gypsy » 05 Déc 2019, 23:52

Milla ce type est violent et dangereux.
Ne le rembourse pas ou fais-le si c’est le seul moyen de t’en débarrasser et bloque le de partout.
Une déchirure vaginale ça n’arrive pas comme ça, il a du y aller comme un connard. Prends soin de toi et fais toi confiance ne culpabilise pas! :39:
- NC depuis le 22/10/2019.


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