comment repérer un manipulateur pathologique.

Venez parler de tout le reste...
Jessaie02
Messages : 9678
Enregistré le : 01 Jan 2019, 18:36

comment repérer un manipulateur pathologique.

Messagepar Jessaie02 » 07 Mai 2019, 14:25

Alberto Eiguer :

C’est difficile car l’une de ses techniques consiste à passer inaperçu. Il vient rarement consulter de lui-même. Comme le pervers, il avance masqué. Il cherche à ce que personne ne s’aperçoive de ses manœuvres. Il est parfois possible de le reconnaître en repérant ses attitudes contradictoires et son double langage, qui se manifestent à mesure que le temps passe. Le plus souvent, on l’identifie à rebours, grâce aux victimes. Ce n’est pas évident car ces patients ne soupçonnent généralement rien. Et quand le doute les assaille, ils sont fragilisés, marqués par ce qu’ils ont découvert.

Qu’est-ce qui les caractérise ?


Alberto Eiguer : Ce sont des marginaux, des handicapés de la vie, des adultes qui ont été des enfants tyrans. Au fond, ils sont dans une grande détresse personnelle. Leur désir de manipuler vient de là. Mais il y a des degrés et des niveaux : il ne faut pas confondre le manipulateur pathologique et le simple manipulateur. Le second cherche juste à défendre ses propres intérêts. Par exemple, les mythomanes, les personnes dotées d’une grande capacité d’adaptation, capables de se couler dans des moules, les caméléons sociaux, un peu comme dans le film Zelig de Woody Allen, appartiennent à la catégorie des simples manipulateurs. Les pathologiques, eux, cherchent à blesser, à détruire l’autre, à jouir en le dominant. Ils ont l’impression de faire la démonstration de leur supériorité par leur intelligence, par leur ruse, leur stratégie. Quand leur proie tombe dans leur escarcelle, ils éprouvent un grand plaisir. Seulement, ils ne parviennent jamais à se faire vraiment aimer car le sentiment n’y est pas. Les réponses qu’ils obtiennent passent par la soumission, l’écrasement, l’autodestruction de l’autre, mais ils ont tellement tiré sur la corde, usé leur victime qu’elle n’a plus la force d’aimer. Elle est épuisée, vidée de son énergie.

Nous manipulons tous plus ou moins. À quel moment cela devient-il pathologique ?

Alberto Eiguer : J’insiste beaucoup sur le but du manipulateur. S’il cherche à dominer pour dominer, à écraser les autres pour en retirer une jouissance, nous sommes dans le registre pathologique. Les manipulateurs passagers n’éprouvent pas de plaisir à faire le mal. L’un des signes de la pathologie, c’est la notion d’instrumentalisation : il s’agit de soumettre l’autre, mais aussi de le faire agir de sorte qu’il trompe et blesse des tiers.

Comment ces prédateurs parviennent-ils à tisser leur toile ?

Alberto Eiguer : Le manipulateur a du flair pour repérer sa victime et sa potentielle dépendance. Il sent son déracinement, sa faiblesse. Il se met dans la position du sauveur, du pygmalion ou de celui qui va apporter une autre façon de voir les choses. C’est parfois un prédateur sexuel dont les possibilités d’hameçonnage sont démultipliées par Internet. Sa stratégie demande du temps et du calcul. Il procède par étapes. Il est d’abord très avenant, très convivial puis, petit à petit, il prive l’autre d’un certain nombre de choses. Il l’isole de ses amis, de sa famille, de tout l’amour et des bienfaits que pourrait lui procurer son entourage. Il a tendance à rechercher les contextes et les milieux où la manipulation mentale est admise, voire plébiscitée : les guerres, l’industrie, le deal… Beaucoup de manipulateurs, par exemple, se révèlent à l’adolescence dans des phénomènes de groupe, autour de la drogue et de sa consommation. Un dealer sait comment parler, faire croire à des jeunes paumés, perdus, seuls, qu’il est leur ami, qu’il va les aider, les conseiller, les guider, qu’il est avec eux pour lutter contre la police, les parents. Il essaie de créer une ambiance, une idéologie communes. Il manie aussi le chaud et le froid : il donne beaucoup puis prive brutalement ; se montre affectueux, tendre puis devient glacial et distant. Il cultive une insécurité affective qui déconcerte l’autre. Il essaye de le rendre nostalgique des bons moments qu’il lui a donnés, de sorte qu’il revienne vers lui et montre sa dépendance. En revanche, il se glorifie en disant n’avoir pas besoin de sa victime. Alors qu’au fond c’est le contraire : le manipulateur dépend totalement de sa proie. Sans elle, il n’est rien.
Non merci

Quel est leur parcours ?

Alberto Eiguer : Le manipulateur a souvent vécu des situations de carence émotionnelle. Ses parents ne se sont pas occupés de lui, jeune enfant. Sa mère a elle-même pu souffrir de carences, être malade, se révéler incapable de donner, incapable d’empathie envers l’enfant. Il a demandé, demandé pendant des jours, voire des semaines, sans rien obtenir. Il a donc fini par essayer d’étouffer ses besoins et sa souffrance intérieure. Il s’est anesthésié et a développé une absence d’empathie majeure, qui sera à l’origine de ses agissements. Pour que ses parents s’intéressent à lui, il lui a fallu faire beaucoup de tapage. Petit à petit, il a appris à instrumentaliser autrui pour obtenir ce dont il avait besoin. Ensuite, il s’est pris au jeu. Il y a cru et a développé ses tendances sur un mode pathologique en essayant de rouler les autres, de se servir d’eux et de leur compliquer l’existence. Dans d’autres cas, le manipulateur peut avoir été, enfant, un objet de jouissance pour sa mère. Plus exactement, il est devenu, par ses capacités, l’arrogance, la force de la mère. S’il ne faisait pas l’orgueil de celle-ci, il n’avait d’ailleurs pas de place dans la famille. Dans ce type de fonctionnement, le père est resté une figure fantomatique, effacée. Même présent, il n’était pas à la bonne place, c’est-à-dire qu’il n’était pas impliqué dans l’apprentissage des règles, de la loi, du respect d’autrui. Au contraire, il rendait l’enfant témoin de ses propres misères, lui demandant de le protéger. Cette place d’enfant objet de jouissance et d’orgueil maternels est souvent à l’origine de la structure des pervers narcissiques.

Les pervers narcissiques sont des manipulateurs pathologiques ?

Alberto Eiguer : Ils en sont l’incarnation parfaite. Ils cumulent les excès du narcissisme : la mégalomanie, le complexe de supériorité, le sentiment que tout le monde est leur obligé et leur doit révérence… Ces convictions intimes leur permettent d’ailleurs d’être dotés de charisme. Ils donnent d’abord à leurs victimes l’illusion de retrouver une certaine force, en passant par des moments d’exaltation, avant de les faire couler. Mais attention, si tous les pervers narcissiques sont manipulateurs, tous les manipulateurs pathologiques ne sont pas des pervers narcissiques.
Venge avec ta réussite , tue avec ton silence , puni avec ton absence ... Mais surtout gagne avec ton sourire.

Jessaie02
Messages : 9678
Enregistré le : 01 Jan 2019, 18:36

comment repérer un manipulateur pathologique.

Messagepar Jessaie02 » 25 Mai 2019, 13:02

Je remonte le texte
Venge avec ta réussite , tue avec ton silence , puni avec ton absence ... Mais surtout gagne avec ton sourire.

Scorpio
Messages : 1206
Enregistré le : 01 Oct 2018, 17:52

comment repérer un manipulateur pathologique.

Messagepar Scorpio » 25 Mai 2019, 14:57

:31: :31: :31:


Retourner vers « Le Salon »

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur enregistré et 2 invités